C. Coups d'archet d'expression et de style
Beethoven. Symphonie pastorale.
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ou bien
Ztes mouvements,
« Dans le dessein de rendre les productions des artistes familières à tous les peuples, Ton a adopté les mêmes signes pour représenter les notes et les mesures, et une même langue pour en indiquer le mouvement, les nuances et l'expression. »
« La langue que l'on a adoptée est la langue italienne (1).»
Avant que cet usage fût admis, le mouvement des morceaux n'était point indiqué. On le considérait alors comme résultant des valeurs exprimées, ainsi que des différentes mesures employées dans la notation : c'est ce que Ton entendait par tempo ginsto. Chaque temps des mesures usitées avait une durée égale et généralement modérée. Le changement fréquent de mesures dans un même morceau, surtout dans la musique de chant, était la conséquence naturelle de la coupe des vers. Et la mélopée ( qui a précédé, en France, la mélodie) exprimait simplement la déclamation des paroles (2).
De la mélopée de Lully est née la mélodie de Gluck.
La mélodie, une fois son règne arrivé, devait prendre son essor en développant successivement les nombreuses divisions de la mesure, et en faisant apparaître toutes les physionomies qu'elle était susceptible de revêtir. Il était désormais de toute nécessité que les mouvements fussent non-seulement indiqués, mais définis d'une manière précise, afin de caractériser chaque physionomie. C'est alors que la langue italienne vint se joindre à la langue (musicale) universelle.
Les termes italiens furent adoptés pour déterminer et qualifier les mouvements conçus par les auteurs. Ils remplacèrent dès lors les locutions françaises: lent, modéré, gai, vite, etc., dont l'usage n'avait eu au reste une longue durée.
La diversité des mesures ne fut que progressivement mise au jour. Il s'ensuivit qu'une fois les mouvements principaux déterminés , les mesures venant à se multiplier, les mêmes termes se trouvèrent alliés à des mesures différentes ; les di-
(1) L'Interprète de la musique, etc. (Etienne Merckel.)
(2) Voir les partitions de Lully, etc.
vers caractères s'imposant à cette division première, les mouvements principaux ne pouvaient avoir un sens particulier; aussi les qualifications allaient-elles surgir de toutes parts, et compléter les moyens de transmission de la pensée.
Cette application insuffisante a néanmoins subsisté un assez long temps, etles qualifications étant venues depuis sejoindre aux différents mouvements, ceux-ci pour être définis dans leur véritable acception , doivent aujourd'hui être soumis à un examen sérieux. Il importe de distinguer les conditions sous lesquelles se trouvent présentés les termes indicatifs du mouvement :
— S'ils sont employés dans une mesure large, simple ou composée; — ou dans une mesure double ou brève, simple ou composée (les exemples suivants feront voir quelle influence ont les diverses mesures sur le mouvement);
— Si les termes indiqués sont des déterminatifs ou des qualificatifs seuls énoncés, etc., etc.
Ces conditions, comme on voit, sont nombreuses : développées , elles pourraient former une étude spéciale. Nous n'oserions l'entreprendre à cause de la difficulté de fixer aucune règle précise.
Quelques exemples comparés, quelques remarques importantes suffiront à cet aperçu pour éveiller du moins l'attention des interprètes, et faire naître peut-être un jour l'idée de continuer une étude que nous n'avons fait qu'effleurer.
Pour apprécier, avec toute la justesse possible, les principales modifications du mouvement a tempo giusto qui, dans l'ordre du lent au vite, s'expriment par les mots : largo, adagio, andante, allegro, presto, il faut se rappeler que ces
mots se rendent en français par les suivants : lent, modéré, gracieux, gai, vite.