Partie inventée
C'est, à la fois, détruire le contraste des nuances forte > piano, et affaiblir la puissance énergique des contre-basses, à leur entrée de la seconde reprise du trio, que de les employer ainsi sans discernement (1). Gela encore ne peut être de Haydn.
Il en est de même du passage ajouté aux seconds violons, en remplacement de Yunisson avec les premiers, dans les 4e et 5e avant-dernières mesures de l'adagio. Avec l'anticipation, deux fois répétée par les seconds violons , de la troisième mesure des violoncelles (avant la fin), l'harmonie se complète, il est vrai ; mais cela empêche, par conséquent, l'effet des agrégations progressives des accords de se produire naturellement par l'instrumentation elle-même.
Quant à l'exposition du thème par les violons, dans le finale y la disposition des parties n'est point identique avec celle de la
(1) Ce passage est sans doute un de ceux pour lesquels, en Allemagne, « on reconnut la nécessité d'une partie de contre-basse, parce que sans cela certaines harmonies paraissaient suspendues en l'air. »
deuxième reprise, au retour du motif. C'est une instrumentation différente voulue par le compositeur.
Cette symphonie, partition et parties d'orchestre, a été soigneusement revue et rectifiée par nous dans notre collection.
CATALOGUE
D'après le « catalogue des ouvrages de Haydn, rédigé par lui-même, le 4 décembre 1805 » et qui est à peu près semblable au (( catalogue des œuvres que Joseph Haydn, âgé de soixante-treize ans, se rappela avoir composé depuis l'âge de dix-huit ans », cité par Stendhal (1), le nombre des symphonies de Tillustre maître est de 118.
Cependant, aucune collection, soit en gravure, soit en copie, partitions ou parties d'orchestre, n'a pu atteindre à ce chiffre éloquent. « Il est à observer, dit Fétis, que dans le nombre de 118 symphonies Haydn comptait des pièces à petit orchestre, telles que sérénades , parthien , caprices et fantaisies. »
Les différentes éditions, surtout les nouvelles, publiées en Allemagne, se composent, en effet, d'une manière arbitraire d'un certain nombre de symphonies dont la plupart ne sont que des reproductions (sans conformité de texte , comme on vient de voir) des éditions antérieures.
(1) Et qui n'est autre que « la liste des ouvrages de Haydn remise à Carpani pour ses mémoires, n
Ainsi, par exemple, voici la composition des éditions de :
— Sieber (Paris), 63 symphonies, en parties d'orchestre ;
— Le Duc (1), 26 symphonies, en partition;
— Pleyel, 5 symphonies, en partition, gravées par Richomme
(y compris celle éditée par Richault);
— Breitkopf et Hartel (Leipzig), 44 symphonies;
— Bote et Bock (Berlin), 12 symphonies;
— Rieter-Biedermann (Leipzig), 2 symphonies (6 annoncées);
— Collection des partitions, en copie (bibliothèque du Conserva-
toire de Paris), 67 symphonies; etc.
En puisant à toutes les sources, et par le mélange des diverses éditions combinées entre elles, nous avons pu réunir, jusqu'à présent, dans notre collection des symphonies de Haydn, tant en partitions qu'en parties d'orchestre, 89 symphonies. Nous ne pouvons malheureusement pas espérer de dépasser ce nombre; car, parmi les 30 symphonies qui manquent, il faut compter, soit des œuvres portant un autre titre, soit des symphonies qui peut-être n'ont point été publiées ou qui n'existent plus aujourd'hui.
(1) En 1810, Le Duc publia à Paris, et le premier en Europe, une collection de 26 symphouies d'Haydn, en partition d'orchestre, grand format. Aujourd'hui encore il n'y a pas 20 symphonies gravées en partition de ce père de la symphonie, dans toute l'Allemagne. (Oscar Comettant.)
CATALOGUE THÉMATIQUE