‹ Curiosités sur BaudelaireChapitre 1 sur 7 · LA CORRESPONDANCE DE BAUDELAIRE · texte numérisé non relu

LA CORRESPONDANCE DE BAUDELAIRE

M. Fcli Gautier, qui a réuni toutes les lettre? actuellement connues de Baudelaire (la, d'une manière fort élégante, volontairement omis son nom dans l'ouvrage qu'il nous donnait. C'est une leçon pour ces personnes qui signent un livre alors qu'elles ont seulement entrelardé de quelques phrases mal sonnantes un ramas de documents où elles ne comprirent goutte. Mais dans le cas présent une discrétion si touchante était peut-être exagérée. M. Féli

(i) In-octavo, Paris, 1906, Lirai rie du Mercure de France.

Gautier, qui sépare fort nettement le travail du biographe de celui qui consiste à publier des textes, pouvait se permettre d'indiquer au public jusqu'à quel point on lui était redevable. Un tel oubli doit être réparé ; remercions M. Féli Gautier et reconnaissons hautement l'exemple que nous donne une si haute pitié littéraire.

Cependant, je ferai à M. Féli Gautier deux critiques, touchant ses références, et quelques omissions trop facilement réparables.

1° A la page 5î II du volume, M. Féli Gautier donne les sources des lettres ; cela est bien. Mais pour chaque lettre M. Féli Gautier ne donne aucune référence ; cela est fâcheux : ce n'est pas notre rôle de refaire le travail de M. Féli Gautier, et quelques lecteurs peuvent sentir le besoin, sinon de contrôler M. Gautier qui est un travailleur tre> consciencieux, du moins de savoir dans quel article ou brochure il a recueilli telle lettre, puisque, nous le savons bien,

on n'est jamais assuré de la sincérité de personne. C'est pourquoi je regrette que M. Féli Gautier n'aie pas alourdi un peu son volume par le genre de notes que j'indique.

2° Je regrette encore plus que M. Féli Gautier n'aie pas eu recours aux catalogues d'autographes où il aurait trouvé mention d'un assez grand nombre de lettres encore inédites. Pour ma part, après un dépouillement rapide des fiches que M. Noël Charavay a eu l'amabilité de bien vouloir me communiquer, j'ai recueilli quelques fragments que je publie un peu plus loin. Je suis persuadé qu'en poussant ce travail l'on arriverait à un meilleur résultat.

M. Féli Gautier nous donnera sans doute ces compléments ; mais cet oubli d'une très abondante source de documents doit être signalé : il faut que l'on s'habitue à ne pas négliger les inventaires déjà faits par ces très précieux auxiliaires que sont les commerçants en autographes.

16 septembre i 852.

A Maxime Ducamp.

Il parle de ses rapports difTciles avec la Revue de Paris où il va publier une traduction d'Edward Poe, The pit and the Pendulum. « Tout ce que vous m'avez dit avant-hier, fort violemment du reste, m'a beaucoup trotté dans la tête et je inédite sinon une tricherie, au moins mon indépendance. R

Paris, 13 octobre 1852.

A Leçon.

Il lui fait ressortir qu'il est inutile d'avoir l'autorisation de l'héritier d'Edward Poe pour commencer l'impression de la traduc tion des œuvres du romancier américain.

15 mars 1 Sô3.

Il annonce l'envoi d'une clé dévoilant le nom des personnages cités dans YHistoire de Mademoiselle Mariette de Champfleury, et dans les Scènes de la vie de Bohème de Murger. Gérard, c'est Champfleury ; Streich, Murger ; De Yillers, Th. de Banville ; Giraud, Pierre Dupont ; Thomas, François Bonvin ; le poète des chats, Baudelaire. A chaque nom Baudelaire ajoute la liste des œuvres et des jugements sur le mérite littéraire. Quelquesuns sont piquants, celui-ci par exemple sur Banville : « Le seul écrivain réellement maltraité dans le présent volume et, quoiqu'en dise l'auteur, le poète le plus habile de la jeune école nouvelle, à ce point qu'il a réduit l'art de la poésie à de gros procédés mécaniques, et qu'il peut enseigner

à devenir poète en vingt-cinq leçons. — inventeur de marbre. »

20 avril 1853.

A M, Vincent.

28 juillet 1854.

A Fiorentino,

Il le prie de lui rendre un grand service, a J'ai le plus grand besoin, d'une loge pour Y Etoile et je n'ai pas le sol. »

// août 1854.

A Louis Ulbach.

Paris, 7 avril 1855.

A If. de Mars.

Il lui envoie le résumé d'un très bel Epilogue pour les Fleurs du mal. « Gela, comme vous voyez, fait un joli feu d'artifice de monstruosités, un Epilogue digne du prologue au lecteur, une réelle conclusion. »

Paris, 26 février 1858.

Relative à ses embarras d'argent. Il annonce son prochain départ. « Mon absence a pour but de me procurer des ressources plus grosses que celles dont je dispose ici, tourmenté et agité comme je le suis. »

La lettre à Poulet-Malassis que M- Féli Gautier publie sans la dater à la page 187 de son volume est en date du 28 février 1859.

1" avril 1859.

A M. Morel.

Relative à des Poèmes nocturnes, qu'il devait publier à la Revue française.

2 1 avril 1859.

A Théophile Gautier.

Lettre de recommandation en faveur d'un peintre de talent, R. Garipuy.

24 novembre 1859.

A M. de Calonne.

Il parle de sa brochure sur Gautier. « A la fin du mois, mon opium dans la poche, suis-je certain de vous trouver et de pouvoir causer avec vous ? »

Jeudi, 18 1860.

A un libraire.

Il lui recommande d'avoir égard à M. Camille Doucet.

15 avril 1860.

A Michel Lévv.

Il lui demande l'envoi d'une somme de

800 francs, qu'il ait le droit ou non de la lui demander. « Si je n'en ai pas le droit, je vous les demande tout de même, connaissant votre obligeance. »

Paris, 6 novembre 1 861 .

A Rouvière.

Il lui recommande son ami le peintre Legros, qui veut absolument faire le portrait en pied de Rouvière. « Il est Fauteur de V Angélus, dont j'ai écrit moins de bien encore que j'en pense, et de deux tableaux que vous pouvez voir à l'exposition du boulevard des Italiens. »

17 février 1862.

A Amédée Achard.

Lettre relative à Henry de la Madeleine.

A un directeur de revue.

Au sujet de l'étude que Baudelaire se préparait à écrire sur Victor Hugo. « Je n'ai pas l'intention de produire 16 pages. — J'ai oublié votre prix de rédaction. — Je ne m'occupe pas d'une considération aussi vile. — Je tâcherai de dire en 10 pages maximum ce que je pense de raisonnable sur Hugo... J'esquiverai la question politique ; d'ailleurs, je ne crois pas possible de parler des satires politiques, même pour les blâmer. Or, si j'en parlais, bien que je considère l'engueulement politique comme un signe de sottise, je serais plutôt avec Hugo qu'avec le Bonaparte du coup d'Etat »...

// mai 186$.

A Fiorentino.

Il le prie de s'intéresser aux débuts de Mm8 Deschamps, qui se font à l'Odéon.

1 1 juin 1864. A Poulet-Malassis.

Sur le feuillet de l'adresse se trouve le portrait-charge d'Alfred Stevens par Baudelaire.

18 juin 1864.

Lettre sur l'impression de Marie Roget.

A Jules Janin.

Projet de lettre en réponse à un article de /' Indépendance Belge — 1865 — où Janin reprochait à Henri Heine sa mélan-

colie). Baudelaire soutient que la mélancolie est la source de toute poésie sincère «... Henri Heine était un méchant. — Qui, comme les hommes sensibles, irrités de vivre avec la canaille ; par canaille, j'entends les gens qui ne se connaissent pas (le genus irritable vatum)... Vous êtes un homme heureux. Je vous plains, Monsieur, d'être si facilement heureux »... Il lui demande s'il est bien sûrque Béranger soit un poète, que ce langoureux de Musset soit un bon poète. Il le gourmande d'avoir mis le nom du grotesque Viennetàcôté de celui de Banville, d'Hégésippe Moreau, « un ignoble pion, enflammé de sale luxure et de prétophobie belge», à côté de celui d'Auguste Barbier. Il lui reproche de mal orthographier le nom de Leconte de Lisle et de l'avoir ainsi confondu avec le misérable auteur des Jardins, c II avait votre qualité et votre défaut, une grande abondance, un grand flot, une grande loquacité, mais aussi, ce qui fait les poètes, une diabolique personnalité. »

Page 1