‹ Curiosités sur BaudelaireChapitre 2 sur 7 · UNE LETTRE DE BAUDELAIRE A SA MÈRE · texte numérisé non relu

UNE LETTRE DE BAUDELAIRE A SA MÈRE

J'ai trouvé la lettre que je réimprime ici, dans le Carnet du 15 octobre 1899.

M. Féli Gautier ne la connaît point; il ne donne d'ailleurs, dans son édition de la Correspondance, que deux lettres de Baudelaire à sa mère, remariée avec le général Aupick.

Il est regrettable que nous connaissions si mal cette partie de la correspondance de Baudelaire; elle le montre sous un ,jr>ur naturel et simple, qui fait ressortir un côté de son cœur sur lequel on insiste peu, l'amour filial :

Jeudi, 15 nov. 58.

Ma chère mère, permets-moi de te dire

simplement : tu me tourmentes.

Non. non, non, non, ce que tu crains n'arrivera pas.

(Tu dis toujours : en février" ; tu veux dire : en avril .

Je suis enchanté que cette cheminée soit iinie, je voudrais partir tout de suite ; voici puisque tu désires tout savoir, ce que je veux faire encore :

4 jours à Paris 'affaires littéraires et visites).

1 jour pour aller à Alençon.

1 pour revenir.

1 jour à Paris pour faire trois r-aisses nouvelles.

Enfin partir.

1 jour au Havre.

9 jours.

Cela me fait vivement souffrir de te voir

pleine d'appréhensions. Quelle effroyable imagination et quelle faculté de souffrir !

J-e matin du jour où j'irai régler différentes choses à Alençon, je t'écrirai. Tu as bien fait d'effacer toutes les injures que tu m'écrivais, tu gâterais le plaisir que tu me proposes en m'écrivant trop de reproches.

Je suis bien ahuri. Tu devrais bien te douter que j'ai des relations multipliées et à penser à bien des choses.

Je t'embrasse de tout mon cœur et te supplie de ne pas t'inquiéter.

Cn. Baudelaire.

Je suis si troublé que je signe mon nom comme si j'écrivais à un étranger.

A Madame Au pic k lion fleur, Calvados.

Page 1