LE PHARMACIEN QUI A CONNU BAUDELAIRE
J'ai découpé dans le journal Comœdia cette anecdote que je cite sans avoir d'autres détails sur ce pharmacien ami de Baudelaire :
Après avoir habité longtemps Paris, il est venu se réfugier dans un très lointain village, en plein Morvan, où il tient une petite pharmacie attenante à sa villa.
Quand, par hasard, un étranger entre chez lui pour acheter quelque drogue, très vite le vieux petit pharmacien parle du temj>s où il était étudiant. Il est très fier d'avoir connu Baudelaire et en a gardé un souvenir bien inattendu.
D'aucuns ont représenté te poète comme un subtil dandy d'une extrême correction. Le pharmacien du Morvan, au contraire, se souvient o cTiifi maigre gaillard, à demi abruti devant un verre d'absinthe, toujours sans le sou, à qui les étudiants en pharmacie disaient : « Hé, Baudelaire, viens donc souper avec nous ? » et puis, après de copieuses libations, le poète, sur un coin de table, écrivait des vers. C'est ainsi que furent composées Les Fleurs du mal...
Les pharmaciens du Morvan ont des souvenirs inattendus.