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comparés entre eux, tirent leur titre de distinction et de différence.
Le sytème nerveux ne varie donc, du moins dans sa forme générale (car il ne saurait être question ici de ses variations secondaires), que d’un type à l’autre. Tous les autres systèmes, placés au-dessous de lui, varient dans chaque type; mais leur variation est toujours graduée d’après leur importance, et c’est encore ici l’une des plus belles lois de l’économie animale.
On peut déterminer d'avance quelle sera la variation d'un organe donné, d'après sa seule importance connue ; et l'échelle graduée de ces variations, pour les divers organes, est ce qu’on nomme la subordination des caractères, laquelle n’est donc que l'expression de la subordination même des oTyanes.
Or, nous venons de voir que les modifications du système nerveux donnent les premiers groupes, les premières divisions, ou les embranchements ; les modifications des organes de la circulation et de la respiration , lesquels viennent immédiatement après le système nerveux par
leur importance, donneront donc les premières subdivisions ou les classes.
Les animaux vertebres offrent ou une respiration complète, mais simple, et une circulation double, ce qui est le cas des mammufères ; ou une
respiration et une circulation doubles, ce quiest
le cas des oseaux ; où une respiration simple, mais complète, puisqu'elle est toujours aérienne, combinée avec une circulation simple, ce qui est le cas des reptiles; ou une circulation double, combinée avec une respiration incomplète, c'està-dire aquatique, ce qui est le cas des poissons. Les animaux vertébrés se partageront donc, d'après leurs organes de la circulation et de la respiration combinés, en quatre classes : les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons. De même pour les mollusques : les uns ont trois cœurs, les autres deux, les autres un ; de ces cœurs, il Y en à qui n'ont qu'un seul ventricule et une seule oreillette ; d’autres, un seul ventricule et deux oreillettes ; d’autres, un seul ventricule sans oreillette, etc.; enfin, certains mollusques respirent par une cavité pulmonaire ; d’autres,
CLASSIFICATION DU RÉGNE ANIMAL. 101 par des branchies, etc.; et l'on conçoit que la combinaison de toutes ces variations des organes circulatoires et respiratoires nous donnera les classes des mollusques, comme elle nous à donné les classes des vertebres. Ces classes des mollusques, ainsi déterminées, sont au nombres de six : les céphalopodes, les qgastéropodes, les acephales, les pteropodes, les brachiopodes, et lescirrhopodes.
La combinaison des organes qui nous dirigent nous donnera de même, et même d’une manière bien plus tranchée encore, la subdivision du troisième embranchement en quatre classes : les anncéhdes, dont le sang est rouge, comme celui des vertébrés; les crustacés, dont le sang est blanc, comme celui de tous les autres anèmaur sans vertèbres, qui, de plus, ont un cœur placé dans le dos, etc. ; les arachnides, qui n’ont plus, pour cœur, qu'un simple vaisseau dorsal qui envoie des branches artérielles, et en reçoit de veineuses ; et les 2nsectes, qui n'ont plus de vaisseaux du tout, ni artères, ni veines, quin ont qu'un vestige de cœur, et dont la respiration ne se fait plus par des organes circonscrits, mais par des #rachées ou vaisseaux élastiques répandus dans tout le corps.
102 “s :. MEDULOGTE: D | Dans cetembranchement des articules s’ observe | donc le passage des animaux qui ont une circula- 4 tion à ceux qui n’en ont point, et le passage Cor ï respondant de ceux qui respirentpar des branchies « circonscrites à ceux où les trachées distribuent. l'air à toutes les parties.
C'est dans le quatrième embranchement, ou celui des zoophytes, des rayonnés, que s’observe la À disparition, la fusion graduée et successive de tous les organes dans la masse générale. Ainsi, quelques-uns de ces animaux ont encore des vaisseaux clos, des organes de respiration distincts, etc. ; d’autres, qui n'ont plus ni de pareils vaisseaux pour la circulation, ni de pareils organes pour la respiration, ont encore des intestins visibles; ce n’est que dans les derniers que tout semble se réduire à une pulpe homogène ; et c’est sur ces divers degrés de complication de leur structure que se fonde leur subdivision en cinq classes : les échynodermes, les vers intestinaux, les acalèphes, les polypes et les infusotres. ;
Le système nerveux avait donné les embranchements ; les organes de la circulation et de la respi-
| CLASSIFICATION DU RÈGNE ANINAL. 105 “ ation combinés donnent les classes ; et ces clas- ses, comparées entre elles, ne sont pas moins circonscrites, pas moins closes, que les embran- 4 chements, comparés entre eux.
| F. Il n’y a pas plus, toute proportion gardée, de « passage d’une classe à l’autre que d'un embran- … chement à l’autre. Entre un mammifère et un oiseau, entre un oseau et un reptile où un potsson, il y à un intervalle, un Æzatus aussi marqué, quoique moins profond, qu'entre un vertebre et un mollusque, un mollusque et un articulée, un 3 … articulé et un zoophyte. Il y a des mammifères
—…. quivoent (la chauve-souris), il y en à qui nagent
(les cétacés); mais ces exemples-là même … montrent qu'entre un Mmammifère et Un o?seau, pi . entreun mammifère et un poisson, c'esttout autre chose que la petite circonstance de nager ou de
voler qui fait la différence : une modification des
pure. un modification de la queue, ont sufli pour F … faire voler la chauve-souris, pour faire nager le
Luce : mais, entre un mammafère et un oseau, … entre un mammufère et un poisson, Ce n’est plus de simples modifications pareilles qu'il s'agit, c’est tout l'essentiel de l'être qui à changé.
On aurait beau se rejeter sur la composition,
et vouloir y trouver cette unilé generale que n’a.
pas le plan : l'unité de composition change plutôt que l'unité de plan.
Ainsi, parmi les mammifères, plusieurs ont une clavicule, et d’autres n’en ont pas ; quelques-uns ont au-devant du bassin un os particulier, appelé os marsupial, et il n’y a rien de pareil dans la plupart; le plus grand nombre a quatre mem-
bres, et les cétaces n’en ont que deux, etc. : ainsi,
parmi les reptiles, quelques-uns, comme les couleuvres, ont plusieurs centaines de vertèbres, et d’autres n’ont que neuf vertèbres, comme la grenouille ; il y en à qui ont quatre membres, comme les lézards, et d’autres qui n’en ont point, comme les serpents, ete. Rien ne varie donc plus que l’unité de composition, c'est-à-dire que le nombre
des materiaux.
Au contraire, l'unité de plan subsiste beaucoup plus. Par exemple, il y a des mammifères qui ont une clavicule complète et d’autres qui n’en ont point, mais, entre les uns et les autres, on peut placer des mammaferes qui ont un ves-
ne. CLASSIFICATION DU RÈGNE ANIMAL, 103 tige de clavicule. Les cétaces manquent d’extré- | mités postérieures, mais ils conservent un vestige | À de ces extrémités dans deux petits os suspendus —. dans les chairs ; l'orvet, qui est un /ézard sans membres apparents, conserve un vestige de ces . membres caché sous la peau, etc.; et tous ces … vestiges sont autant de preuves qui témoignent du plan primitif, de l'unité de ce plan, de laten-: dangéprofonde qu'il a à se reproduire.
. Maus ce ne sont pas des passages : tout au contraire ; car, après les mammifères, qui n’ont pas de clavicules, viennent les ozseaux, qui en ont deux de chaque côté, ou quatre ; après les céfaces, qui n'ont pas de membres postérieurs, viennent les oseaux chez qui ces membres ne manquent Jamais, etc. Enfin, si jamais quelque chose a pu faire croire à un passage d’une classe à une au- tre, Gest assurément ce qui se voit dans certains reptiles, les batraciens, qui, pendant une parte de leur vie, respirent par des branchies, et qui, pendant l’autre partie, respirent par des poumons. On pouvait croire, en effet, que ces branchies par lesquelles l'animal respire dans le jeune âge, sont
le même organe que ces poumons par lesquels il respire dans l’âge adulte ; et qu’ainsi on avait là. un Organe qui, par une simple modification, se= rait passé de l’état d'organe de poisson à l'état d'organe de reptile ; mais il n’en est rien. Les batraciens ont, en même temps, pendant tout leur jeune âge, des branches et des poumons; et d'au-
tres reptiles, tels que les sirènes et les profees, conservent, pendant toute leur vie, ce doublg appareil intérieur et extérieur de respiration; et rien ne montre plus clairement que l’un de ces appareils n’est pas l’autre, que l’un ne se transforme pas en l'autre, qu'il n’y à pas passage de l'un à l’autre.
On a vu comment le système nerveux donne les embranchements, comment les organes de la circulation et de la respiration donnent les classes; on conçoit que des organes, de plus en plus su— bordonnés, donneront successivement les ordres, les familles, les tribus, les genres, les sous-genres, en un mot, tout l’échafaudage de la méthode.
Ainsi, pour les mammifères, par exemple (car
il serait trop long de suivre le déroulement de la
. … méthode dans toutes les classes), les organes com-
binés du /oucher et de la manducation partagent cette classe en neuf ordres : l’homme, qui a les
… trois sortes de dents (moluires, canines et rnci-
Do. ë ; sives), et qui a le pouce opposable aux deux extré-
— mités antérieures seulement; les quadrumanes,
qui ont les /rots sortes de dents aussi, et, de plus,
«— le pouce opposable aux quatre extrémités; les
carnassiers, qui ont encore les {rois sortes de
dents, mais qui n’ont plus de pouce opposable,
par conséquent plus de maëns, qui n’ont que des
. | pieds, mais des pieds dont les doigts sont encore
mobiles; les rongeurs, dont les doigts diffèrent peu de ceux des carnassiers, mais qui n’ont plus
- que deux sortes de dents, les molaires et les èn-
- cisives; les édentés, dont les doigts sont déjà moins . mobiles, plus enfoncés dans de grands ongles,
qui n’ont jamais que des molarres et des canines,
… quelquehois que des molaires, et quelquefois point de dents du tout; les marsupiaux, où animaux à
bourse, petite chaîne collatérale aux trois ordres précédents, ou dont les uns répondent aux carnassiers, les autres aux rongeurs, et les autres
AÛÜS Z00LO0GIE,
aux édentes; les ruminants, qui forment un ordre si distinct par leurs pieds fourchus, leur mâchoire supérieure sans vrales incisives, leurs quatre estomacs ; les pachydermes, qui comprennent tous les autres quadrupèdes à sahots; et les cétacés, qui n’ont point du tout d’extrémités postérieures.
Les modifications principales des organes combinés du toucher et de la manducation ayant donné les ordres, des modifications secondaires
de ces mêmes organes donneront les famalles ; et
des modifications, de plus en plus subordonnées, donneront tous les autres groupes, les érzbus, les genres, les sous-genres, jusqu'à Gé qu'on arrive enfin aux espèces pour lesquelles tout l’échafaudage est fait. |
Aïnsi, et pour nous borner encore à un seul ordre des mammifères, celui des carnassiers, par
exemple , on vient de voir que l’un des caractères.
de cet ordre est d’avoir des doigts mobiles. Or,
supposez ces doigts devenus très longs et réunis
par des membranes de manière à former un or-
gane de vol, comme dans la chauve-souris, et
de à