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APPLICATION DE L'ANATOMIE COMPARÉE A LA PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE

Riche de tant de faits que lui a fournis l’anato-

— mie comparée, la physiologie a pris de nos jours — un nouvel essor : elle ne se borne plus à l'étude

de quelques espèces; elle essaie d'embrasser la théorie du règne animal entier; elle s'attache surtout à chercher, dans les espèces dont la structure est la plus simple, la solution de ses principaux problèmes, réduits en effet dans ces espèces à leurs conditions les plus essentielles.

Il suffit de quelques exemples pour rendre ce que Je dis ici plus sensible.

L'orerlle est uñ organe très compliqué dans l'homme et dans les mammifères.

178 ANATOMIE GOMPARÉE, | Déjà dans les oiseaux, cette grande complication diminue; elle diminue plus encore dans les reptiles; plus encore dans les poissons ; et plus encore dans les animaux sans vertèbres qui ont une oretlle. | Dans l’homme et dans les mammifères, l'oreille externe se prolonge en une sorte de pavillon, de conque; l'oreille moyenne à quatre osselets distincts, un éympan, une trompe d'Eustache, etc. ; l'oreille interne à un lémaçon, un labyrinthe, etc. Les oiseaux n'ont plus de pavillon, de conque (4), les quatre osselets des mammufères y sont réduits à un, ete. ; les repéiles n’ont plus de méat auditif externe, à peine s’il en est quelques-uns où s'aperçoive un vestige de Zmaçon, etc. ; les poissons n’ont plus ni oreille externe, ni oreille moyenne, ils n'ont ni {ympan, ni osselets, ni trompe d'Eustache, Us n'ont plus de maçon :

toute leur oreille se réduit au labyrinthe ; les mollusques céphalopodes, enfin, n’ont plus même de

labyrinthe, c'est-à-dire de canaux semi-circulai-

(1) Les oiseaux de nuit ont seuls une conque extérieure, et qui cependant ne fait point saillie comme celle des mammifères.

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PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE + 479 res : toute leur oreille n’est plus qu'un sac membraneux.

Mais ce sac renferme une pulpe gélatineuse , et dans cette pulpe, se rendent les rameaux du nerf acoustique, pulpe et rameaux qui existent partout. C’est donc cette pulpe, ou plutôt ce sont les nerfs qui se rendent dans cette pulpe, qui sont les parties essentrelles (le l'oreille : toutes les autres parties ne sont que des parties ac-

cessoires.

La digestion proprement dite, c'est-à-dire l’action particulière de l'estomac et des intestins sur les aliments, se complique dans l’homme et

dans les animaux supérieurs, de plusieurs fonc-

tons auxiliaires et secondaires, de la mastication, de l’action des glandes salivaires, de celle du pancréas, de celle du foce, etc. Elle se réduit dans le polype, dans le rizostome, etc., à l’action de la cavité alimentaire ou de l'estomac.

Le mécanisme de la resptration, dans les animaux supérieurs, est très compliqué ; ils y compose du jeu des narines, de celui du larynx, de

celui du thorax, etc. Dans les animaux infé-. rieurs, qui respirent par des branchies libres et

placées à l'extérieur, 1l suffit que l’animal soit placé dans l’eau pour que la resprration se fasse. Les squilles, par exemple, crustacés qui portent

leurs branchies à leurs pattes, n’ont besoin que « de remuer ces pattes pour renouveler l’eau, et

par conséquent l'air contenu dans l’eau. La respiration est plus simple encore quand l’animal n'a plus d'organe respiratoire distinct, quand ü

respire par sa peau, comme les /ombrics, comme

les naïdes, parmi les annélides, comme les polypes, parmi les zoophytes.

A mesure qu'on passe donc des classes supérieures aux classes inférieures, les fonctions les plus

compliqués se simplifient, et leurs conditions fon-

damentales se montrent : la condition fondamenlale de l'audition se montre dans l'action du nerf qui se rend à la pulpe du labyrinthe; celle de la digestion dans l’action de la cavité alimentaire, où de l'estomac (1) ; celle de la respiration,

(1) Ou, plus exactement, du fluide sécrété par l'estomac, du fluide gastrique.

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| PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE. 181 l'action de l'air sur le sang, Car tout mécan > respiratoire, quelque compliqué, quelque qu'il soit, n’a jamais qu'un seul objet : de uire l’un à l’autre, de mettre en rapport l’un e l’autre, le sang et l'air.

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