‹ CuvierChapitre 28 sur 57 · ESPÈCES FOSSILES COMPARÉES AVEC LES ESPÈCES VIVANTES · texte numérisé non relu

ESPÈCES FOSSILES COMPARÉES AVEC LES ESPÈCES VIVANTES

Le premier objet de l'ouvrage est la comparaison des espèces fossiles avec les espèces vivantes ;

et cetie comparaison porte principalement sur

deux classes des animaux vertébrés, les mamsmi-

fères et les reptiles.

«L'auteur commence cette histoire comparative

des espèces des anciens mondes et des espèces du

monde actuel par les pachydermes; il continue par les ruminants, les carnassters, les rongeurs,

les édentés, les cétacés ; il finit par les reptiles.

Le résultat fondamental de tout l'ouvrage est qu'aucune (1) espèce fossile, du moins dans les deux classes des mammifères et des reptiles,

; (1 ) Ou presque aucune. Voyez ce que je dis Due loin de

| quelques espèces, par exemple des bœufs et des chevaux fossiles, qu’on n’a pu distinguer encore par des caractères

- bien sûrs des bœufs et dès chevaux d'aujourd'hui.

n'a Son analogue parmi les espèces vivantes, ou, en d'autres termes, que toute espèce fossile est une espèce perdue. J'ai déjà fait voir (14) comment, pour arriver à ce résultat, il a fallu que l'auteur revit toutes les espèces fossiles, qu’il les

comparât toutes, et une à une, à toutes les espè-

ces vivantes, comment il lui a fallu reconstruire, et faire renaître, en quelque sorte, toutes ces espèces perdues, de leurs débris épars, et enfin à quelles lois précises, rigoureuses, presque infaillhibles, il a soumis l’art admirable de cette reconstruction.

Pour ne pas revenir iei sur ce que j'ai déjà dit (2), et de l'esprit qui règne dans ce grand ouvrage, et de la méthode qu'y établit l’auteur, et des lois générales auxquelles cette méthode l’a conduit, je m'attacherai surtout ici à un autre point, celui de la comparaison particulière et détaillée des espèces fossiles avec les espèces vivantes (3).

(1) Voyez ci-devant l’Æloge historique, p. 45 et suiv. (2) Voyez ci-devant l’Æloge historique, p. 45.

(3) J’examinerai, plus loin, les rapports des cmiçes fos—

siles avec les couches du globe.

+ Fa

Je commence, avec M. Cuvier, par les pachydermes.

Cette famille, si naturelle, des pachydermes avait été presque entièrement méconnue par Linnæus. Storr, qui l'avait beaucoup mieux sen-

… te, la caractérise par cette définition : mammi- …. fères à sabots, à plus de deux doigts. Maïs sans

parler de l’anoplotherium, genre fossile qui n’a que deux doigts seulement, et qui n'en est pas moins un vrai pachyderme, il est évident, à consulter l'ensemble de la structure, que les soipèdes doivent être réunis aux pachydermes ordinaires. Le nombre des doigts ne peut donc pas plus être pris en considération dans cette famille que dans les autres. M. Cuvier la. définit : an-

maux à sabots, non ruminants.

Jusqu'à lui, l'ordre ou la famille des pachydermes ne comprenait que cinq genres : les él6phants, les rhinoceros , les hippopotames, les taprrs et les cochons. M. Cuvier y fait rentrer deux autres genres, les chevaux et les damans : il en détache un de celui des éléphants, les mastodontes; deux de celui des cochons, les pécaris et

les phacochæres; et il en ajoute six entièrement :

inconnus, les palæotheriums, les anoplothériums, les lophiodons, les anthracotheriums, les chæropotames et les adapis; ce qui porte, en tout, le nombre des genres de pachydermes, découverts ou décrits par lui, à seize.

Considérés dans leurs rapports avec les révolutions du globe, les pachydermes fossiles forment deux groupes, savoir : les pachydermes des ter-

rains meubles et d’alluvion, et les pachydermes

des carrières de pierre à plâtre, si abondamment rassemblés dans les environs de Paris.

Les premiers sont les éléphants, les mastodon- Les, les hippopotames, les rhinocéros, les chevaux, etc., fossiles. Les seconds sont les pa/æothériums, les anoplotheriums, les lophiodons, les anthracotheriums, les chæropotames , les adaps.

Toutes les espèces du premier de ces deux groupes Sont aujourd'hui perdues, mais la plupart de ses genres subsistent. Il n’en est pas de même du second, où tout, genres et espèces, est également perdu.

et Er TS

Ici, comme dans le reste de son ouvrage, l’auteur ne S’est nullement astreint ni à un ordre risoureusement géologique , ni à un ordre rigoureusement zoologique. En plaçant, par exemple, les pachydermes ües terrains meubles avant les pachydermes des carrières à plâtre, il renverse l'ordre géologique ; en les séparant les uns des autres, 1l rompt, jusqu’à un certain point, l'ordre zoologique ; mais, ce qui était bien autrement important , il conserve l’ordre de ses recherches

et de ses découvertes.

En effet, c’est par l'étude des éléphants, des rhinoceros, des hippopotames fossiles, que M. Cu-

vier à commencé la démonstration de ce grand

fait, que des générations entières d'animaux ont été successivement détruites par les catastrophes du globe ; et cette démonstration, il l'avait déjà fort avancée avant de connaître les pachydermes fossiles des environs de Paris, « avant de se dou- « ter, comme :il le dit lui-même, qu'il marchait « sur un sol rempli de dépouilles plus extraor- « dinaires que toutes celles qu'il avait vues jus- « que-là. » |

229 RECHERCHES Le A \ Je viens de dire que l’histoire des pachydermes « fossiles commence par les pachydermes des ter- | | rains meubles et d’alluvion. Le premier de ces animaux qui ait été étudié par M. Cuvier, sous ce nouveau point de vue de la comparaison des espèces fossiles avec les espèces vivantes, est l’e-

y As .

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