‹ CuvierChapitre 29 sur 57 · PA LA | # RS · texte numérisé non relu

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ER rase

léphant.

Jusque-là, presque tout était ‘également inconnu sur ce singulier quadrupède. On ne savait, du moins avec quelque précision, m sil n’y avait qu'une seule espèce d’éléphants, ni s’il y en avait plusieurs, ni, à plus forte raison, si les ossements fossiles se rapportaient ou non aux espèces vivantes.

La première distinction vraiment spécifique de ces animaux, celle qui se fonde sur la structure de leurs dents molaires, remonte seule— ment à Camper. Blumenbach avait aussi vu cette différence de la forme et du nombre des plaques des dents molaires, qui distingue l’elephant d'Afrique de l'é/éphant des Indes ; mais tout se réduisait encore là ; et c’est à M. Cuvier

que l’on doit la détermination de toutes les au-

tres différences, tirées des os du crâne, de ceux

de la face, de ceux du squelette entier.

On sent, en effet, que ce n’était qu'après avoir fait connaître l’ostéologie des espèces vivantes, que ce n'était qu'après avoir rigoureusement démêlé ces espèces elles-mêmes, qu'il pouvait se

livrer avec sûreté à l'étude des os et des espèces

fossiles.

Il montre que les deux espèces vivantes, celle des Indes et celle d'Afrique, se distinguent par tout leur squelette, et surtout par leur crâne, leurs dents, leurs oreilles, etc. Ainsi l'espèce des

Indes a la tête longue et le front plat ou même

concave, tandis que celle d'Afrique a la tête ronde et le front convexe ; la première a les plaques de ses dents molaires en forme de rubans ondoyants ou festonnés, la seconde a ces mêmes plaques en losanges ; celle-ci à ses défenses plus grandes , ses oreilles plus larges que la première, etc. |

Quant à l'espèce fossile, ou mammouth des Russes, elle se distingue essentiellement des deux espèces vivantes, et en particulier de l'espèce des

Indes, dont elle est pourtant la plus voisine, par | ses molaires dont les rubans sont plus étroits et plus droits, par les alvéoles de ses défenses qui M sont plus longs, par sa mâchoire inférieure qui : est plus obtuse, etc.; enfin, l'individu entier, découvert en 1806, sur les côtes de Sibérie, nous à appris qu'elle avait deux sortes de poils, une laine rousse, grossière, touffue, et des crins roides et noirs (1).

Ajoutez qu'on ne trouve les os de cette dernière espèce qu'à l’état fossile, et que l’on ne trouve jamais, au contraire, à cet état fossile les os d'aucune des deux autres espèces. L'espèce fossile est donc une espèce perdue. Ajoutez encore que ses os, répandus dans presque tous les pays du monde, se trouvent toujours dans les mêmes couches que ceux des mastodontes, des rhinocéros, des hippopotames. Toutes ces espèces

(1) Les os qui furent montrés à Paris, vers le com-. mencement du dix-septième siècle, par un chirurgien de Beaurepaire, nommé Mazurier, comme étant les os du roi T'eutobochus; ces os, sujet fameux des longues disputes d'Habicot et de Riolan, sont aujourd’hui au Muséum. Ils n’appartiennent pas à l’éléphant, ainsi que l'avait eru Riolan, mais au mastodonte.

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PAGE se à

SUR LES OSSEMENTS FOSSILES. 295 sont donc du même âge, de la même époque; et toutes, comme nous le verrons bientôt, sont également perdues.

Parmi ces espèces, celle qui se rapproche le plus de l'éléphant est le mastodonte. Il en avait la taille, la forme ; 11 avait des pieds de même structure; il avait comme lui une trompe, de lonoues défenses; mais il en différait essentiellement, et par la direction même de ces défenses, courbées en sens inverse de celles de l'éléphant, et surtout par ses dents molaires, qui, au lieu d’être formées de lames transversales, offraient

une couronne simple et toute hérissée de tubercules ou mamelons.

Le mastodonte est le plus grand des animaux fossiles. C’est à propos de cet animal que Buffon a écrit ces mots remarquables : « Tout porte à croire que cette ancienne espèce, qu'on doit regarder comme la première et la plus grande de tous les animaux terrestres, n’a subsisté que

dans les premiers temps, et n’est point parvenue jusqu’à nous. » |

Cependant Daubenton avait cru pouvoir rap-

porter une partie de ses os à l'éléphant, et une autre partie à l’Aëppopotame. W. Hunter fit voir que le mastodonte diffère sensiblement de l’un et de l’autre de ces deux animaux ; Camper montra qu'il se rapproche plus du premier que du second; mais W. Hunter tomba dans une double erreur, d'abord en confondant le mastodonte avec le mammouth, et ensuite en le prenant, à cause des tubercules de ses dents, pour un animal carnivore; et c'est encore Camper qui, le

premier, à eu le mérite de combattre et d’ébran- :

ler cette double erreur.

Enfin, M. Cuvier a complétement démontré

que le mastodonte n’est ni l'éléphant, ni l'hip-

popotame, et que, quoique plus rapproché du premier, 1l s'en distingue néanmoins essentiellement par ses mâchelières, et non seulement à titre d'espèce, mais à titre de genre.

Ce genre comprend même déjà jusqu’à six es-

pèces. La plus célèbre est le grand mastodonte, « ou l'animal de l'Ohio, qui n’a laissé de ses os que

dans l'Amérique septentrionale.

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dé

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