‹ Cuvier. Histoire de ses travaux (volume 2)Chapitre 12 sur 265 · PHYSIOLOGIE DES ANIM. A SAN(; BLANC. 4G · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE DES ANIM. A SAN(; BLANC. 4G

Les céphalopodes (les poulpes , les seiches , les calfMtrs, etc.) ont leurs branchies renfermées dans un sac.

Plusieurs gastéropodes ont des potimons ( le colimaçon, là limace, la parmacelle, etc.); d'autres ont des branchies (les iritonies, les doris, les pkjfllidies, les patelles, etc.). Et ces branchies prennent, tour à tour^ les positions les plus variées : les tritonies, les thétys, etc., les ont rangées sur deux lignes tout le long du dos; les doris les ont rangées en cercle autour de Tanus, etc.

Tous les acéj)hales respirent par des branchies. Dans Vhtitire, dans la maule d'étang, etc., les branchies forment quatre/(nic72p^ distincts, etc., etc.

La circulation offre des modifications plus re-« marquables encore.

Les céphalopodes ont trois cœurs , un aortiqtie, et deux pulmonaires ; et ces trois cœurs sont séparés Tun de l'autre : Vaortique est placé sur la ligne médiane du corps, et chacun des cœurs pulmonaires à la base de chaque branchie.

Mais aucun de ces cœurs n'a à'oreiUeiie ou de cavité veineuse; ce sont trois cavités artérielles, ou ventricules.

he^ gastéropodes n'ont qu'un seul cœur, mais complet, c'est-à-dire composé d'une oreillette et d'un ventricule. Et cette circulation des gastéropodes à cœur unique est, de tout point, l'inverse de celle des poissons^ Le cœur unique dés poissons reçoit le sang du corps pour le porter aux /?oî/mo7w(l), c'est un C(Bur puhumaire; celui des gastéropodes, au contraire, reçoit le sang des poumons pour le porter au corps, c'est un cœur

aor tique.

Le cœur de tous les mollusques , quand il n*y en a qu'un, est toujours aortique.

Celui de plusieurs acéphales a deux oreillettes; celui des ptéropodes n'en a qu'une comme celui desgastéf*opodes; les brachiopodes oui deux cœurs aortiques et séparés, etc., etc.

Venibranc/iement des mollusques offre donc autant de modifications dans les organes de la

(1] Poumon» j ou plus exactemenl, branchies: poumon est ici terme générique et synonyme d*organe respiratoire.

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circulation que rembranchement des teriebres; de plus, cette circulation est toujours double, ce qui n'a pas lieu dans les vertéMs, où une classe entière, celle des /-qo/ife^, n'a, pour circulation pulinonaire, qu'une fraction de la circulation générale; de plus encore, quand il n'y a qu'un cœur, il est toujours aorticpie, ce qui est l'inverse des poissons, dont le cœur unique est toujours pulmonaire; enfin, ce qui* ne se voit dans aucun animal vertébré, quand il y a plusieurs cœurs, ils sont toujours détachés et séparés l'un de l'autre.

L'estomac des mollusques est tantôt simple , tantôt multiple, souvent muni d'armures particulières, etc.

L'estomac Am poulpe, par exemple, a un véritable yoAo/, comme celui des oiseaux; un yériiaLhle gésier ; et ce gésier est garni de muscles presque aussi forts que celui des gallinax:és, etc.

Le colimaçon, la limace, la parmacelle, les do-ris, les tritonies, les phyllidies, etc., ont un estomac simple et membraneux.

Le bulime des étangs , Ymirhidie , etc. , ont ,

comme le poulpe , un estomac double , composé d'un gésier et d'un jabot. L'estomac est quadruple dans Yaplysie, etc.

Les organes de la génération ne varient pas moins que ceux de la respiration et de la digestion.

Plusieurs mollusques se fécondent eux-^mémes (les acéphales); d'autres, quoique berou^farodites, ont besoin d'un accouplement réciproque (le limaçon et la plupart des ^astéropocfes»); beau* coup ont les sexes séparés (les céphalopodes, etc.); enfin, les uns sont vivipares (1), les autres ovipares, etc., etc.

Insectes.

J'ai déjà parlé, à plusieurs reprises , du mémoire de M. Cuvier sur la nutrition des insectes. Il me suffit de rappeler ici ce mémoire.

M. Cuvier y prouve :

i"* Que les insectes n'ont point de vaisseaux sanguins (2) ;

(1) V hélix viviparOf LInn., de.

(2) Les belles recherches de M. Carus, en lui découvrant une sorle de circalaUon dans certaines larvesi lui ont tussi

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2** Qu'ils ne doivent point en avoir , puisque toute leur respiration est faite précisément pour 66 passer de circulation ;

5"* Et que n'ayant point de circulation, ils n'ont point, non plus, d'organes sécrétoires compactes, de glandes conglomérées.

Tous les animaux qui ont une circulation ont, oa peuvent avoir des glandes conglomérées^ de véritables glandes.

Les mammifères^ les oiseaux^ etc. , tous les animaux vertébrés^ tous les animaux mollusqves, ont des glandes conglomérées^ un fot'e compacte, etc.

Mais si Ton passe des mollusques aux insectes^ tout à coup la structure change. Les organes sécrétoires ne sont plus que de simples tubes, démontré qne cette circolaUon disparaît à mesure qne ranimai jMBse de l'état de larve à celui d'insecte pnrfait. Voici ce qu'il àki:Jnpêrfêeti$ iiufclti . in quibu» faits aeris respiratio in Mo eorpore instituia est, sanguinit eirculationem pariter ineompleiam, quœ twrum larvit propria est, sensimprorfut e€êêanUm, idssl w majori modo disparentem, videbimiu, quo magis respiratio evolvitur. Voyez l'ouvrage de MM. CaruB et Otto, Tabulœ anaiom{am comparativam </lustrantss, elh,, part. VI, p. 7.

17â ANATOMIE COMPARÉE.

liés, détachés, flottant dans rintèrieur du corps. Le foie, par exemple, ne se compose plus que des vaisseaux biliaires, dégagés de tout parenchyme ; ces vaisseaux ne sont plus fixés que par des fraallées^ etc.

Quelle est la raison de ce changement? Cette raison est évidente.

Quand le cœur, quand la circulation existent, le sang est porté jusque dans les points les plus profonds des glandes.

Mais, quand il n'y a plus de circulation, comme dans les insectes, le sang ne pourrait plus être porté jusqu'aux vaisseaux propres ou sécrétoires(l), s'ils étaient enveloppés d'un tissu épais.

En un mot, et de même que, pour la respiration, Vair va chercher le sang qvand le sang ne va pas chercher lair^ il fallait aussi que, lorsque le sang ne peut plus être poussé jusqu'aux vaisseaux sécrétoires, les vaisseaux sécrétoires se portassent en quelque sorte vers le sang et se plongeassent dans ce fluide.

Et tel est, en effet, le mécanisme général de

(t) Où il faut pourtant quMI arrive, car c'est le sang qui fournit les malcriaui de toute sécrétion. «

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toute l'organisation des insectes : le fluide nourricier n'étant plus porté par la circulation dans les parties, toutes les parties se plongent dans le fluide nourricier et s'en imbibent.

La nutrition des insectes ne se fait donc que par imbibitian.

Vers à sang rouge.

Je ne puis que rappeler aussi, après tout ce que j'en ai déjà dit, les recherches de H. Cuvier sur la circulation des vers à sang rouge.

En se livrant à ses études sur l'anatomie des animaux à sang blanc^ il trouva bientôt une espèce qui le força de changer cette dénomination générale, c'était la sangsue.

La sangsue a du sang rouge, non celui qu'elle a sucé, et qui serait contenu dans le canal intestinal où il s'altère presque aussitôt, mais un véritable fluide nourricier, contenu dans des vaisseaux propres, et y circulant au moyen d'un mouvement de systole et de diastole.

!>es reclierclies, commencées sur lu sangsue^ Turent continuées sur les lombrics, les naidfs, les

néréides^ les aphrodites^ les amphitrites^ les «er* pulcH, etc. C'est surtout dans V Arénicole {lombric marin de Linnous) que M. Cuvier étudia le système vasculaire propre i ces animaux.

V arénicole respire par des branchies extérieures. Ces branchies se développent et deviennent rouges, puis s'affaissent et pâlissent. C'est Teflet ordinaire du mécanisme respiratoire.

Mais ici, ce n'est point l'air, ce n'est point le sang qui vont l'un vers l'autre par un double mouvement et par des conduits différents, comme dans tous les animaux vertébrés (1), comme dans la plupart des mollusques^ etc.

Ce n'est pas non plus l'air qui va chercher le fluide nourricier en se distribuant dans tout le corps au moyen de trachées^ comme dans les m-

sectes.

(1) Dans les poUiom, l'eau (et par suite Tair contenu 4am l'eau ) est sans cesse attirée sur les h-anekieê par le jeu des mâchoires y de V appareil hy&idi«n et des operetUêê* Voyez mes expériences sur le mécanisme de la respirmion des poissons, dans mes Mémoires d*anatomie et de physio» loyie comparées, 1. 1, p. 7d. Paris, 1844.

PHYSIOLOGIE IIES ASIM. A SANG BLANC. 17a

Ici> comme dans tous les animaux qui ont les branchies libres et flottantes à Textérieur, le fluide nourricier, le sang, est seul en mouvement : il va chercher Tair ou Teau qui entoure l'animal, et il revient aux parties après avoir respiré.

Ajoutezque dans tous les animauxdontje parle, dans tous les vers à sang rouge ^ aucune goutte de sang ne revient aux parties sans avoir été mise en contact avec Tair ou Teau qui entoure l'animal, sans avoir respiré. La circulation est double ou complète.

Zoophytes.

J'ai déjà indiqué (1) l'un des faits les plus curieux des études physiologiques de M. Cuvier sur les zoophytes.

Le rhizosfome a la forme d'un champignon. La partie qui correspond au pied du champigon se termine par huit feuilles triangulaires et dentelées. A chacune de leurs dentelures est un petit trou; et il y a près de huit cents de ces petits trous. L'animal n'a point d'autre bouche.

(1} Voyez ce que j'ai dit de la médute-rhizostome dans Y Éloge hUlorique, p. 13.

170 ANÂTOMIE COMPAKÉL.

C'est par tous ces trous qu'il suce le liquide qui le nourrit. De chacun naît, en effet, un petit vaisseau qui, réuni aux autres, en forme un grand pour chaque feuille.

Les huit vaisseaux se réunissent deux à deux, et les quatre vont directement à Testomac que Ton pourrait aussi nommer le cœur, puisque, après avoir reçu, par ces quatre vaisseaux, le suc nourricier, il le distribue dans toutes parties du corps par seize autres vaisseaux, lesquels se rendent directement à toute la circonférence du chapeau. Ces seize vaisseaux communiquent ensemble par un vaisseau circulaire , concentrique au bord du chapeau; et tout Tintervalle entre ce vaisseau et le bord du chapeau est rempli d'un réseau vasculaire très compliqué.

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