APPLICATION DE L ANATOMIE COMPARÉE A LA PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE
Riche de tant de faits que lui a fournis Tanatomie comparée, la physiologie a pris de nos jours un nouvel essor . elle ne se borne plus à l'étude de quelques espèces ; elle essaie d'embrasser la théorie du règne animal entier; elle s'attache surtout à chercher, dans les espèces dont la structure est la plus simple, la solution de ses principaux problèmes, réduits en effet dans ces espèces à leurs conditions les plus essentielles.
11 suffit de quelques exemples pour rendre ce que je dis ici plus sensible.
Voreille est un organe trèï compliqué dans rUorame et rfans les mammifères.
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Déjà dans les oiseaux, cette grande complication diminue ; elle diminue plus encore dans les reptiles; plus encore dans les poissons; et plus encore xians les animaux sans vertèbres qui ont une oreille.
Dans rhomme et dans les mammifères, Y oreille externe se prolonge en une sorte depavillon^ de conque; V oreille moyenne a quatre osselets distincts, un tympan^ une trotnpe (TEusiacke^ etc. ; Yoreille interne a un limaçon^ un labyrint/ie^ etc.
Les oiseaux n'ont plus de pavillon^ de conique (1), les quatre osselets des niammijeres j sont réduits à un, etc. ; les rejytiles n'ont plus de mèai auditif externe , à peine s'il en est quelques-uns où s'aperçoive un vestige de limaçon^ etc. ; les poissons n'ont plus ni oreille exteime^ ni oreille vioyenne , ils n'ont ni tymjmn^ ni osselets^ ni trompe d*Eu8tache, ils n'ont plus de limaçon : toute leur œ^eille se réduit au labyrinthe ; les mollusques céphalopodes, enfin, n'ont plus même de labyrinthe, c'est-à-dire de canaux semi-cij'culad-
(1) LeB oiseaux de nuU ont seuls une conque extérieure, et qui cependant ne fait point saillie comme ccUc des mammifcrcs.
res : toute leur oreille n'est plus qu'un sac membraneux.
Mais ce me renferme vmq pulpe gélcUineuse , et dans cette pulpe^ se rendent les rameaux du nerf aconsiique^ pulpe et rameaux qui existent partout. C'est donc cette pulpe^ ou plutôt ce sont les ner/s qui se rendent dans cette pulpe , qui sont les parties essentielles de Yoreille : toutes les autres parties ne sont que des parties accessoires»
La digestion proprement dite, c'est-à-dire l'action particulière de l'estomac et des intestins sur les aliments, se complique dans l'homme et dans les animaux supérieurs, de plusieurs fonctions auxiliaires et secondaires, de la mastication^ de l'action de» glandes salivaires^ de celle du/xmcmw, de celle du/ot?, etc. Elle se réduit dans le polype^ dans le rhizostome^ etc., à l'action de la cavité alimentaire ou de Vestomac,
Le mécanisme de la respiration^ dans les animaux supérieurs, est très compliqué ; il s'y compose du jeu des narines, de celui du larynx, de
celui du thorax, etc. Dans les animaux infé* rieurs , qui respirent par des branchies libres et placées à Textérieur, il suffit que Tanimal soit placé dans Teau pour que la respiration se fasse. Les squilles^ par exemple , crustacés qui portent leurs branchies à leurs pattes , n'ont besoin que de remuer ces pattes pour renouveler Tean , et par conséquent l'air contenu dans Teau. La respiration est plus simple encore quand Tanimal n'a plus d'organe respiratoire distinct, quand il respire par sa peau , comme les lombrics , comme les naides, parmi les annélides^ comme les polypes^ parmi les zoophytes.
A mesure qu'on passe donc des classes supérieures aux classes inférieures, les fonctions les plus compliqués se simplifient, et leurs conditions fon-^ dmneniales se montrent : la condition fondamen^ taie de l'audition se montre dans l'action du nerfi\fi\ se rend k là, pulpe du labyrinthe ; celle (le la digestion dans l'action de la cavité alimentaire^ ou de Y estomac (i) ; celle de la respiration ,
(I) Ou, pins exactement, da fluide sécrété par Testomac,
du fluide fjiitlHtpte,
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dans raclion de Tair sur le sang, car lont mha' nisme. respiratoire^ quelque compliqué, quelque varié qu'il ^it, n'a jamais qu'un seul objet : de conduire l'un à rautre« de mettre en rapport l'un avec l'autre, le sang et l'air.
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