‹ Cuvier. Histoire de ses travaux (volume 2)Chapitre 126 sur 265 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

LOIS DE LA DISTBIBCTION DES AlfDf AUX SUR LE GLOBB.

Les idées de Buffon touchant la distribution des animaux sur le globe sont des idées de génie. Ce sont, comme Ta dit H. Cuvier, de véritables découvertes K Ajoutons que jamais découvertes d'un ordre plus élevé n'ont été préparées et amenées par des combinaisons plus savantes.

Buffon avait déjà décrit les animaux dames» tiques ; il avait décrit plusieurs animaux souvages; il en était à Thistoire du lion, et c'est 1& que je trouve pouria première fois sa grande vue sur les animaux propres à chacun des deux continents.

ce L'animal d'Amérique que les Européens ont appelé /ûm, etque les naturels du Pérou appellent

1. « Les idées de Baffon lur li dégénéraUon des aninMQS et lur les limites qoe les climati, les montagnes et les mers amignent à chaqae espèce, peuvent 6ire considérées comme de Té> rltables découvertes, qui se confirment chaque jour, et qui ont donné aux recherches des voyageurs une hase fixe, dont elles manquaient absolument auparavant. » (Cuvter, BioyrapkU veraeiUt article Buffon),

puma, n'a point, dit-il, de crinière ; il est aussi beaucoup plus petit, plus faible et plus poltron que le vrai lion..JD II ajoute : a Le puma n'est point un lion, tirant son origine des lions de Tancien continent...; c'est un animal particulier à rAmérique , comme le sont aussi la plupart des animaux de ce nouveau continent \ t>

Pour se faire une idée de robscuritë profonde dans laquelle était plongée cette partie de la science, au moment où Buffon entreprit d'y porter le jour, il faut se rappeler que, lorsque les Européens firent la découverte du Nouveau-Monde, ils trouvèrent en effet que tout y était nouveau ; les animaux quadrupèdes, les oiseaux, les poissons, les insectes, les plantes, tout parut inconnu, tout rétait : spectacle étonnant pour Thistoire naturelle, et que, deux siècles et demi plus tard, l'exploration des côtes de la Nouvelle-Hollande devait lui donner une fois encore.

Tout ce que présentait l'Amérique se trouvait donc différent de ce qu'on avait vu jusqu'alors. D'une part, tout était nouveau; de l'autre, il fallait tout nommer, il fallait du moins nommer les principaux objets, et l'on fit ce qu'on a toujours fait en pareil cas : on donna aux

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