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ÉPOQUES m LA NATURE. 247
être ne dit-il pas assez. Suivant une opinion célèbre de M. de Laplace, l*état primitif de la terre a été rétat de vapeur, Tétat de fluide élastique ^
Mais, cette fluidité posée, quelle a pa en être la cause? Estrce Teau? Estrce le feu ? Selon Buffon, c'est le feu ; c'est aussi le feu, et à plus forte raison, selon M. de Laplace, qui veut un état primitif de vapeur, de vaporisation, de fluide élastique. Le plus sage des géomètres pense donc ici comme le plus hardi des naturalistes ; et ce n'est pas tout, Topinion de ces deux grands hommes semble confirmée, de nos jours, par des expériences directes.
« On ne concevait pas, dit M. Cnvier, quel pouvait avoir été le dissolvant de ces énormes masses de granits, de porphyres, qui constituent la base de nos grandes chatnes de montagnes et comme la grosse charpente du globe. H. Hitscherlich, en exposant à la chaleurdes hauts fourneaux les matières trouvées par l'analyse dans plusieurs espècesde cristaux qui entrent dans la composition de ces masses, a vu ces cristaux se reproduire avec
1. «... Quelle qae soit la nature de cette cause, puisqu'elle a produit ou dirigé les mouvements des planètes, 11 Tant qu'elle ait embrassé tous ces corps ; et, vu la dislance prodigieuse qui les sépare, elle ne peut avoir été qu'un fluide d'une immense étendue. » Expotilion du système du monde, lome H, page 43?, 6* édit. « l<es planètes ont été formées... par la condensation des Bones de vapeur.'... » îbid,, page 435.
leurs formes et leurs caractères; il a refait ainsi de Tamphibole, du mica, de Thyacinthe. On ne peut donc plus guère douter aujourd'hui que la masse primitive du globe n*ait ètè d'abord en fusion, et même en vapeur ; et les suppositions, asseï gratuites dans leur temps, de Desoartes, de Leibnitz et de Buffon, et les conjectures déji mieux appuyées de faits, présentées plus récemment par M. de Laplace, trouvent dans cesexp^ riences une confirmation inattendue *. »
Deux&me fiâL Que le globe terrestre a une ehaleur inlérieare qui lui est propre, et qui est indépendaote de «lie que )m rayoni du aoteil peuveot lui oommuoiquer.
Le fait de la chaleur intérieure du globe, ce grand fait qui n'a jamais eu contre lui que sa grandeur même, semble démontré aujourd'hui par des expériences nombreuses^. Le globe a une cha-
1. Rapport sur la chimie, la le ?3 af ril 1836. M. CaWer ^ie de rappeler id les beauk rétullala des eapérieneee de M. Berihier sur la fuHbUUà eu JiltcaM, rteltato eitée par M. Mfischerlich lui-même dans son Hémoire sur la production artificielle des minéraux cristallisés (i4niia(e< de cUxmt ef depAyùq}i€^ 1823, piige 376).
2. Je dis itmbU démontré: en effet, dans le plus grand noo»bre des cas, la chaleur croît à nusure que ton deecend, et la plupart des naturalistes admeltent, avec M. Kourier, Topinion iïv BufTun, lopinloii d'un feu cenlruL Mais d'un autre cdté, H se iruuvc des lieux où la température ne cn/lt |w» & ueturo
APOQOtS M LA NATDRK. tl9
leur propre : on recoanait cette chaleur propre dès qu'on pénètre au dedans de la terre ; on la reconnaît par la température des eaux thermales, par celle des puits artèsiena, par les obserrations faites dans les mines, etc. BuQbn disait déjà : « Elle paraît augmenter & mesure que Ton descend'.» On peut aiQrmer aujourd'hui qu'elle augmente en effet, comme le supposait Buffon \ Plus on pénètre, plus on s'enfonce dans l'intérieur de la terre, c'est-à-dire plus on s'éloigne du soleil, plus la chaleur crott ; la chaleur de la terre ne dépend donc pas de celle du soleil ' ; la terre a donc une chaleur propre.
^ae roD pénétra émm l'tirtMrar de bi terre ; et an géomètre célèbre, M. Poiisoo, a furopoié, dam cet deroien tempe, sur le grand phénomèae qui noua occupe, des idées 1res différentes de eellee que J'expoee iet. Vojei sa TMorte matkématiqtt* de la cha* leur,