III. — Caractère de BuffoD
Ce qui domine dans le caractère de Buffon, c'est rélévation, c'est la force, c'est Tamour de la grandeur et de la gloire : il aimait ta magnificence en tout '. Sa belle figure» son air majestueux, semblaient avoir quelque rapport avec la grandeur de son génie ; et la nature ne lui avait rien refusé de tout ce qui pouvait fixer sur lui l'attention des hommes.
Rien n'est plus connu que la naïveté de son amour-propre ; il s'admirait de bonne foi , avec franchise, mais avec bonhomie. On lui demandait un jour combien il comptait de grands hommes ; il répondit a Cinq : Newton , Bacon , Leibnitz , Montesquieu et moi. » On voudrait qu'il ne se fût pas mis sur la liste; pour moi, je le lui pardonne, car il y mettait Montesquieu.
Il a été le plus réfléchi des écrivains, et le plus
f • Il di»aU « qu'il ne pouvait trarailler que lorsqu'il se reniait bien propre et bien arrangé. » llémult dv Sécliellet, Voigayc à MofUbar, page 43.
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réservé des philosophes du dix-huitiéme siècle ; et cependant il loue Pline de « cette hardiesse de penser, qui est le germe de la philosophie '. » Mais la philosophie dont il parle quand il parle ainsi, est la philosophie abstraite. Dans lapAtZosophie appliquée^ Buffon est surtout remarquable par le bon sens.
J.-J. Rousseau déclame contre Xe^ société^ contre la propriété, contre les sciences^ contre tout ce qui lie Thomme à Thomme et les peuples entre eux : Buffon laisse déclamer J.*J. Rousseau ; il nous prouve que «c Thomme ne peut que par le nombre, et qu*il n*est fort que par sa réunion ' ;» il nous montre a la propriété naissant partout du travail Sd et a rattachement à la patrie, des premiers actes de la propriété ^ ; )» il laisse Jean-Jacques écrire contre les lettres et les cultiver avec passion ; et il nous fait voir que Tintelligence de rhomme est sa force , et a sa vraie gloire , la science ^. »
Ce qui est la marque la plus sûre d'un esprit sain et fort, Buffon a mis de la modération en tout. La Sorbonne imagina de lui faire une petite