LETTRE XXI
Mon ûls vient d'arriver, et j'ai cru vous faire plaisir, mon très cher abbé , de vous en faire part. L'im|>éfatrice et le grand-duc l'ont très bien traité, et nous aurons de beaux minéraux , dont on achève actuellement la collection.
J'ai reçu votre lettre du 46 , et je vous en remercie « mon très cher monsieur, ainsi que le chevalier de Buffon, qui m'a paru très sensible aux marques de votre amitié.
Ce ne sont pas de grandes lettres que je vous demande par mes billets instants ; je ne voudrais que de petits mots, mais plus fréquents et uniquement sur les objets courants. Par exemple , j'ignore si vous et votre ami avez trouvé bonne la petite addition que j'ai mise a la première page de l'article du soufre. J'ignore où en est l'impression du neuvième volume des oiseaux in-4\ et du septième volume in-folio. J'ignore si l'on doit met* tre bientôt en vente le premier volume des minéraux.
A l'abbé bexon. 357
Je ne sais pourquoi on ne m'envoie ni bonnes feuilles, ni bonnes épreuves du second volume, que l'on imprime actuellement; Toilà ce que j'appelle les affaires courantes. Je ne suis pas inquiet du travail à venir , et je suis persuadé que vos recherches sur les belles pierres les rendront encore plus brillantes ; mais vous saurez que je ne m'en suis point du tout occupé ; j'ai fait tout autre chose ; c'est un article sur l'aimant , qui est encore imparfait, quoiqu'il m'ait pris beaucoup de temps ; et d'ailleurs j'avoue que l'inquiétude sur le retour de mon fils m'avait 6té le sommeil et la force de penser. Il me charge de ses compliments pour vous et pour vos dames, et je ne crois pas que nous tardions beaucoup h nous rendre à Paris. Je serai enchanté de vous revoir et de vous embrasser, mon très cher monsieur.
JfoDtbar, oe 24 février IT88.
LETTRE XXIP.
J'ai l'honneur de renvoyer à mon très cher coopérateur les deux épreuves ci-jointes, en le priaut de lire les notes que je n'ai pas relues.
J'ai reçu aujourd'hui sa lettre , qui m'a fait un extrême plaisir ; j'en ai fait part à mon ûls, qui m'a chargé de ses compliments pour vous, et de ses hommages pour vos dames ; il compte partir lundi pour Paris, et je le suivrai quelques jours après ; il a couru d'assez grands hasards dans son dernier voyage, el mes inquiétudes étaient assez fondées.
J'ai reçu les bonnes épreuves des minéraux jusque et compris la page cent quatre -vingt-quatre. ^
Depuis l'arrivée de mon (ils , ma maison ne désem-
SS8 LETTRES Ûl «IirtN
plit pas de inonde^ et je n'ai qae ce moment ponr tous assuper dq toute mon amitié et de la sienne.
Monthw, ce B on» 1711»
LETTRE liXÏÏP.
C'est atee toute sensibilité, mon eher ami, que j'ai reçu les tendres sentiments que yous aipez partagés avec mon iils dans le moment de votre plus grande inquiétude sur Tétat de ma santé; il est maintenant pleinement informé du cours et des circonstances de mon in* disposition, qui, quoique aecidenlelle, m'a lait souflt'ir de grandes douleurs; elles sont heureusement passées depuis plus de dix jours, et je vais sensiblement de mieux en mieux. Je rends encore quelques graviers , mais sans douleur , et cumule j'ai foi en ce que voqs me dites des eaux de votre Lorraine, j'ai écrit à M. Lucas d'en prendre deux bouteilles au magasin des eaux minérales à Paris, et de me les envoyer par la diligence, pour que je puisse les goûter et savoir si je pourrai en supporter le goût ; après quoi je pourrai bien faire usage de la lettre que vous avez eu la bonté de m'envoyer pour en faire venir directement. Je vous remercie, mon cher abbé, de cette attention obligeante, et je vous prie de remercier madame votre mère et mademoiselle votre sœur de tout l'intérêt qu'elles ont bien voulu prendre à ma situation.
Vous voudrez bien aussi faire mention de moi au bon marquis et à cette belle dame dont les yeux sulBraient pour charmer les plus grandes douleurs.
Gomme cet accident m'a déjà fait perdre trois semai-
nés, et qu'il s'en passera bien encore autant a?ant que je n'aie repris toutes mes forces et que je ne puisse m'occuper de choses profondes, je prends le parti de remettre Timpression de l'article de l'aimant à la fin du troisième volume des minéraux , et je tous envoie cijoint l'artide de l'or, en deux cimiers de cent sept pages, par lequel je terminerai le second volume; plusieurs raisons me déterminent à ce changement.
I*" Je veux donner à Tartiole de l'aimant toute la perfpction dont je le crois susceptible, et cela demande du temps.
2» Cet article de Taimant avec les tables contiendra plu^ de deux cents pages. Les seules observations ti~ rées-du dernier voyage de Gook, et que M. Banks m'a envoyées, sont en si grand nombre et d'une si grande importance, qu'où ne peut en. négliger aucune; et je vois d'ailleurs qu'il sera nécessaire d'en reprendre encore beaucoup de celles que j'avais négligées dans les autres voyageurs récents ; ainsi toutes ces tables, avec cent vingt pages de texte, pourront .peut-être faire deux cent soixante pages au lieu de deux cents, et il me faut un temps coDsidérable pour arranger ces tables que j'ai même dessein de faire représenter sur un globe ou sur deux hémisphères , etc. Je vous prie donc de porter vous-même à l'imprimerie royale ces deux cahiers de l'or, et de faire reprendre le travail pour achever le second volume des minéraux. Je vais travailler à faire la table des matières de ce second volume, dont je n'ai les bonnes feuilles que jusque et compris la feuille LI, page deux cent soixante-douze; encore me manque-til les trois honnes feuilles L, M, N, c'est-k-dire depuis la page quatre-vingt jusque et compris la page cent quatre , qui ne m'ont pus été fournies , et qu'il faut demander h M. Werkaven pour me les envoyer le plus
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lAlque vous pourrez, ainsi que la suite des bonnes feuilles k commencer par la feuille M m, et je ferai la table des matières à mesure que je les recevrai.
Je n'ai aussi sur les oiseaux que les bonnes feuilles jusque et compris C ce, page trois cent quatre-vingtdouze, et des concordances jusque et compris la feuille P, page cent vingt ; il faut encore que vous ayez la bonté de me faire compléter les bonnes feuilles de ce neuvième volume des oiseaux ; mais cela n'est pas aussi pressé que celles du second volume des minéraux, parce que vous avez bien voulu vous charger de faire la table des matières de ce dernier volume des oiseaux.
Adieu, mon cher and ; écrivez-moi aussi souvent que vous le pourrez , et soyez bien assuré du plaisir que j'aurai toujours à recevoir les témoignages de votre tendre amitié.
Montbar, oe aSJulD.