‹ Cuvier. Histoire de ses travaux (volume 2)Chapitre 254 sur 265 · LETTRE XXIV · texte numérisé non relu

LETTRE XXIV

Je vous serai obligé, mon cher ami, de recommander ces feuilles de manière que les notes correspondent au lexle, et de lire ces mêmes notes avec soin. Gomme je n'ai pas encore les forces nécessaires pour faire de bonne besogne, je ne me suis occupé qu'à faire la table des matières; et comme je n'ai pas les bonnes feuilles que je demande par la note ci-jointe, je vous serai obligé de les demander et de me les envoyer promptement.

Je crois que la grande chaleur que nous éprouvons depuis plusieurs jours retarde mon rétablissement; il ne m'est pas possible de dormir tranquillement, quoique très légèrement couvert d'un seul drap. Je crois que vous aurez été obligé d'abandonner votre petite tour.

A L^ABBÉ Bl^XON. 341

et j'aurai quelque inquiétude sur voire santé jusqu'à ce que TOUS m'en ayez donné des nouvelles plus fraîches; car j'ai vu par votre lettre du 30 juin que vous étiez dans un état de souffrance. Je suis aussi inquiet pour madame votre mère, car cette grande chaleur est très contraire aux personnes qui ont les nerfs délicats.

Nous avons eu du brouillard, mais beaucoup moins épais que vous ne le dépeignez ; nous avons eu aussi un petit tremblement de terre le 6 juillet à neuf heures trois quarts du matin ; il n'y a eu qu'une seule petite secousse; j'étais daos mon fauteuil, et le mouvement s*est fait comme si on l'eût soulevé d'un demi-pouce avec le plancher; celte légère commotion s'est aussi fait sentir k Dijon, k Beaune , h Chàlons^ur-Saéne, et peut-être plus loin du côté du Midi ; mais je ne crois pas qu'elle se soit étendue du côté du Nord, c'est-à-dire de Montbar à Paris , du moins nous n'en avons point de nouvelles. A cette occasion, M. de Monlbeillard, qui est galant même avec ses amis, m'a envoyé le petit papier que vous trouverez ici en original , parce que je serais bien aise que vous le donniez à madame Necker, lorsque vous aurez occasion de la voir. M. Werkaven avait raison de vous assurer qu'il m'avait expédié la suite des bonnes épreuves. Trécourt vient de les retrouver, et nous avons jusque et compris la feuille A a a; vous enverrez la suite quand il y en aura un certain nombre de plus.

Je ne compte pas vous renvoyer les cahiers sur l'aimant, car j'espère travailler sur celte matière dès que j'aurai repris mes forces; ainsi vous me ferez plaisir, mon cher ami, de m'envoyer vous-même ce que vous aurez fait sur le magnétisme animal , ainsi que votre travail pour le mercure au sujet du premier volume de mes minéraux; je serais bien aise de le lire avant que

349 LETTBBS DE BUrFdN

vaus le lîTriei k M. Panckoucke. 4dieu, moi| cher ami, mille teodrtsses k vos daraes; je vous embrasse tous bien sinoèremeat el de tout moa cœur.

P. S- — Je ne sais comment je ferai peur témoigaev ma reconnaissance k MM. Gentit pour les richesses doBi ils m'accablent ; aidez-moi, mon cher ami» k les remercier : si je savais qu*ua exemplaire de la nouvelle édition in-4° fût un présent agréable pour eux, je me ferais un plaisir de le leur offrir; mais, en attendant, 4|ssurei-les de toute ma reconnaissance,

Montbar, ce 44 jaiUet 478S.

Page 1