‹ Cuvier. Histoire de ses travaux (volume 2)Chapitre 257 sur 265 · AU MÊME · texte numérisé non relu

AU MÊME

A toutes les bontés dont tous m'honorez, monsieur, à la part que tous daignez prendre à ce qui me regarde, je ne puis répondre que par des senliments de la plus vive et de la plus sincère reconnaissance. On m'a fait ici mille fois plus d'honneur que je ne mérite; on a hâté la vacance de la place que je remplis à l'Académie; on m'a préféré a des concurrents distingués. Tous ces avantages, dont je me sens si peu digne, n'auraient peut-être pas trouvé grâce k des yeux aussi éclairés que les vôtres ; ainsi je tâchais de les supprimer, au hasard d'être grondé, comme vous l'avez fait. Permettez-moi de vous remercier, monsieur, de ces bons sentiments, et de vous supplier de me les conserver.

Je vous rends grâces de la quittance que vous avez eu la bonté de m'envoyer. Vous trouverez, monsieur, cijointe la reconnaissance de M. Bailly, pour touclier ce

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qui redte de l'aniiée de gages. Je comptais tous eoToyer &ï même temps l'argent que je dois rece?oir ali premier jour des gages de secrétaire^ et que l'on m'a promis de me faire toucher iei i mais on me remet de jour en jour. Le prix du loyer de ma maison a été employé» ee pre* mier semestre, à payer quelques dettes que j'a?ais à Dijon ; mais, dans la suite, nous nous arrangeroni à cel égard. Ce qu'il y a, c'est que je reçois mon loyer à deux termes, et que par conséquent je ne pourrais m'erapécher de vous supplier d'attendre une partie de Totre rente pendant six mois, au cas que je chargeasse M. le procureur général de votre payement. L^ libraire s'était trompé d'abord en ne me demandant que vingt-cinq francs pour les trois derniers volumes de Y Histoire généalogi^que : ils en coûtent trente-trois. Je vous envoie ci-jointe la quittance du libraire; on les a remis depuis longtemps chez le sieur Martin. J'ai déjà fait partir la note des trois livres d'Angleterre que vous souhaitez, monsieur; car on attend toujours trop longtemps les livres de œ pays-lk. Si nous n'avons pas guerre avee ses compatriotes « milord due de Kingston restera à Paris au moins un an. Je vous enverrais dès demain les mémoires de Pétersbourg; mais comme j'étudie quelques questions qu'ils conliennenl, Auriez-vmis la bonté de les attendre jusqu'au printemps ? Comme nous ne oonvenons pas des faits, If. Bourguet et mol» je pense qu'il est ilintile de lui répliquer; knais Je suis éidntié qu'il aasuie les aolmalcules dabs la semence des femelles, et d'abtres choses de œtle espèee qui aont toutes reconnues différentes de ee qu'il avance, par dei expériences réitérées^ Il parait depuis quinze jmiiv uli petit écrit en forme de gazette^ ou plutôt de failles de Speotatmr^ intitulé t k Cabinet eu Philosophé. On n*a pas goûlé cet ouvrafre»

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M. Marivaux a dotiné aussi une brochul^ qui fait le second tome de la fh de Marianne, Les petits esprits et les précieux admireront les réflexions et leslyle. La pièce de Voltaire ne peut se soutenir et ne se soutient pas, avec tous les raccommodages qu'il y a faits. Enfin ^ pour finir, j'aurai Flioiineur de tous dire que je vais» au premier jour, fair^ imprimer une traduction^ ayee des noteS) d'un ouvrage anglais de physique qui a paru nouvellement , et dont les découvertes m'ont tellement frappé et sont si fort au-dessus de ce que l'on voit en ce genre, que je n'ai pu me refUser le plaisir de les don* ner en notre langue au pubiici c'est un in-4* d'enviton 900 pages.

Adieu, monsieur. Honorez-moi toiiû<^u^ ^^ ^ns bontés, eC croyez-moi avec Tattabbement le plus respectueux» monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

BtJvroRk

FariH, le 8 février 1789.

LETTRE IIP*.

A M. l'abbé le BLANC-

ie VOUS écris directement, moti cher ami, paroe qu'il y a huit jours que je suis h Montbar, et que je n'ai pas cru qu'il convînt d'envoyer ma lettre par la poste à M. Perrier. Je vous suis très srasiblemeat obligé des serticés que vous m'avei rendus au styet de mon livre. J'ai pris

1 Tirée de la prédeuse collection «fe H. Peafltet deCortchet. Se dois nette leurs k rob^igeaiite intervention dt M. GbMapoUhm-FlflMc.

la liberté d'eo écrire k M. le duc de Nivernais, qui m'a répondu de la manière du monde la plus polie et la plus obligeante. J'espère donc qu'il ne sera pas question de le mettre k l'index, et, en vérité, j'ai tout fait pour ne le pas mériter et pour éviter les tracasseries théologiques que je crains beaucoup plus que les critiques des pliysiciens ou des géomètres. La troisième édition de cet ouvrage vient de paraître et se débite avec autant de rapi* dite que la première et la seconde.

Je partage avec tous la satisfaction que vous avez eue de voir vos ouvrages goûtés par tout ce que nous avons de plus respectable dans l'Ëglise, et je suis charmé que tous les ayez présentés à Sa Sainteté, et que vous ayez eu son approbation. J'ai fait voir cet article de votre lettre k quelques personnes, et j'imagine qu'à votre retour vous obtiendrez le privilège que vous demandez, et qu'il est en effet très injuste de vous refuser. Le père Jacquier est un homme d'un grand mérite, et je suis charmé que vous soyez de ses amis. Je vous serai bien obligé si vous voulez bien l'assurer de ma part que personne ne peut l'estimer et l'honorer plus que je le fais. Dans la dispute que j'eus il y a plus de doux ans avec Clairaut, au sujet du mouvement de l'apogée de la lune, je défendis Newton et ses commentateurs^ mais Clairaut s'étant depuis rétracté et ayant supprimé les parties de son mémoire qui attaquaient directement les commentateurs, j'ai été obligé de supprimer aussi ce que j'avais écrit pour maintenir cette théorie, et il n'y a d'imprimé dans le volume de 4745 que ce qui regarde en général la loi de l'attraction. Je vous écris ceci pour que le révérend père-Jacquier voie que je désire beaucoup une part dans son amitié.

J'écrirai au premier jour à Maupertuis, et je lâcherai de lui proposer d'une manière efOcace les choses que

TOUS souhaitez. Au reste, je ne tous réponds de rien. Mauperluis est en effet un honnête homme; mais il se grippe quelquefois, et je ue saia s'il n'esl pas toujours piquéiQuoi qu'il en soit, je lui écrirai, et lui écrirai prèssamment, surtout pour que tous soyez de TAcadémie. Je retourne à Paris dans trois semaines. Je suis Tenu passer ici le temps du Toyage de Gompiègne. On vous aura peut-être écrit que Voltaire fait jouer chez lui toutes les pièces que les comédiens ont refusées. J'entends faire à quelques-uns des éloges de sa Rome sauvée; l'abbé Sallier, qui Fa tu représenter, m'en a dit du bien. Vous aTez bien fait de lui écrire; il m'a demandé souTent de tos nouTclles. Madame Dupré m'a aussi chargé de tous dire bien des choses de sa part. J'ai souTent parlé de tous chez elle et chez M. Trudaine, et il ne m'a pas paru qu'ils aient , comme tous tous le persuadiez, changé de manière de penser sur Totre sujet. Oubliez, mon cher ami, les chagrins que tous aTez eus ; les autres ont déjà oublié les calomnies qui les ont occasionnés. Soyez donc tranquille , portez-vous bien , et continuez à me donner souvent de tos nouTelles. Personne ne TOUS est plus essentiellement attaché que je le suis.

BUFFOM.

▲ HonUiar, le as JuiD 4780.

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