‹ Cuvier. Histoire de ses travaux (volume 2)Chapitre 262 sur 265 · EXTRAIT D*UNE LETTRE A M. LE COMTE D^ANGIVILLBR · texte numérisé non relu

EXTRAIT D*UNE LETTRE A M. LE COMTE D^ANGIVILLBR

A MoDlbar, ce 17 ooTembre 477S.

Ah ! que vous avez un digne et respectable ami dans M. Necker ! J'ai lu deux fois son ouvrage. Je me trouve d'accord avec lui sur tous les points que je puis entendre. Ses idées sont aussi simples que grandes, ses vues saines el très étendues ; et tous les économistes ensemble, fufi> sent-ils protégés par tous les ministres de France, ne dé* rangeront pas une pierre k cet édiûce, que je regarde comme un monument de génie. Je n'ai regret qu'à la forme; je n'eusse pas fait un éloge académique, qui ne demande que des fleurs, avec des matériaux d'or et d'airain. Colbert mérite une partie des éloges que loi donne M. Necker; mais certainement il n'a pas vu si loin que lui; d'ailleurs l'auteur a ici le double désa* vantage d'avoir ses envieux particuliers, et en même temps tous ceux qui cherchent à borner l'Académie. En un mot, je suis fâché qu'un aussi bel ensemble d'idées n'ait pas toute la majesté de la forme qu'il peut comporter. Les notes sont admirables comme le reste; la plupart sont autant de traits de génie, ou de finesse, ou de discernement. Le style est très mâle et m'a beaucoup plu malgré les négligences et les incorrections, et les pi* toyables plaisanteries que les femmes ne manqueront pas de faire sur les jouissances trop souvent répétées.

> Grimm, Correspondance inédite, page 3G3.

LETTRE Xr*.

EXTRAIT d'une LETTRE A M. NEGKER.

Même date.

Je n'avais jamais rien compris h ce jargon d'hôpital de ces demandeurs d'aum()nes que nous appelons éco*nomistes, non plus qu'à celte invincible opiniâtreté de nos ministres ou sous-ministres pour la liberté absolue du commerce de la denrée de première nécessité. J'étais bien loin d'être de leur avis, mais j'étais encore plus loin des raisons sans réplique et des démonstrations que TOUS donnez de n'en pas être. J'ai lu votre ouvragedeux fois, je compte le relire encore ; c'est un grand spectacle d'idées et tout nouveau pour moi, etc.

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