Fufudamttua botatùea, etc
2. Observations de Lamoignon'Malesherbes sur F histoire imcbrelie générale et particulière de Buffon et de i)aubenuni, L'oo- Yragc, qui n'a paru qu'aprèi la mort de l'auteur, avait été oouh posé en 1749, à l'époque même où Uuffon publiait sea pramien volumes. Maleiherbes, né en 1721, avait done k peine vingthuit ans lorsqu'il écrivait, en 174!), l'ouvrage remarquable que Je rappelle. 11 fut nommé membre honoraire de rAcadénie des Scioncrs en 17&0, membre honoraire de l'Académie des Inscriptions en 1759, et membre de l'Académie franvaise en I77&.
3. Observations sur l'Histoire naturelle, etc., tome I, page 8.
SUR LA MËTHbDB. 9
nasos, dont je crois qu*il a trop peu lu les ouvrages, et dont il n'a pas saisi Fesprit ^ )>
Et, en effet, si Bufibn a mal juge les méthodes, c'est tout simplement parce qu'il ne connaissait pas les méthodes. « Lorsque Touvrage de M. de Buflbn fut annoncé au public, dît Malesherbes; il me parut que, sous ce titre û^ Histoire ncUurelle générale et particulière , l'auteur promettait un traité complet sur chaque partie de cette science, et ce projet me sembla d'autant plus hardi que H. de BuSbn n'avait pas encore paru dans le monde savant comme naturaliste ; il était déjà célèbre par plusieurs mémoires lus à l'Académie sur différents sujets d'agriculture, de physique et dé géométrie, et *par une traduction très estimable ^ ; mais ces différentes connaissances me paraissaient autant de diversions à l'étude de la nature* »
Dans tout ce qu'il dit ici, Malesherbes a complètement raison. Lorsque Buffon, nommé en 1 739 Intendant du Jardin du Roi, conçut le pro-
1. Otêervatknu ntr fHitioire naturelle^ ete., tome 1. pige 4.
2. La tredaetion de U Suuique des Yégéuutx, de Haies. La préfaee de celte tradoetion est remarquable k plus d'un Utre ; j'y reviendrai pluttard, etdans plat d'une oœasion. llalethurk>eii oublie la tradoetion du TraUé du Flusiofu, de Newton. Et eette tradoetion a auni une très belle préface.
a. ObëervatiOHê nw CBiMUtvre naturelle, etc., tome I, page 8.
iO IDÉES DE BCFFON
jet de son grand ouvrage, il n'était pas oatu* raliste. D'un autre côté, rien ne convenait moins à son génie que l'étude rigoureuse et abstraite de la nomenclaiure et des caractèret. U se mit donc i décrire les animaux un à un, comme il les étudiait, n'ayant pas eu le temps de Les élu* dier tous ensemble et de les comparer entre eux; et« ce parti pris, il ne chercha plus qu'à multiplier, autant qu'il put, les objections contre les méthodes.
« [1 est aisé de voir, dit-il, que le grand défaut de tout ceci est une erreur de métaphy* sique dans le principe même des méthodes,.... erreur qui consiste à vouloir juger d'un tout par une seule de ses parties ^ » Buffon se trompe; il n'y a point là d'erreur de métaphysique ; toutes les parties d'un animal étant faites les unes pour les autres, chacune donne les autres ; on peut juger du tout par une seule de ses parties ; il s'agit seulement de bien choisir cette partie \ <& Il suffit, disait déjà Malesherbes, de choisir des caractères fixes, constants, et invariables; et il y en a dans la nature '. »