‹ Cuvier. Histoire de ses travaux (volume 2)Chapitre 47 sur 265 · ObservaiionêSiur l' Histoire nautreUet elc., pag · texte numérisé non relu

ObservaiionêSiur l' Histoire nautreUet elc., pag

14 IDÉES DK BUFFOK

différence des méthodes de olassifioation. Cba* cun cherchait sans doute à rapprocher, autant qu'il le pouvait, les plantes, les animaux et les minéraux qui se ressemblaient par certains npports ; mais on ne s'attachait pas i rendre ces rapports simples et précis. Linné adopta le système artificiel, mais il déclara qu'il ne convenait que pour arriver i la détermination positive des espèces, et qu'il ne fallait pas négliger de travailler i U découverte d'uue méthode naturelle fondée sur les véritables rapports des objets ^ » M. Cuvier juge donc Linné comme Halesberbes ; mais H. Cuvier est M. Cuvier , et il écrivait de nos jours : Halesberbes écrivait il y a près d'un siècle.

Je reviens à Buffon. Ses préventions contre la méthode ne pouvaient durer bien longtemps. A mesure qu'il avançait dans son grand travail, il se faisait de plus en plus aux idées , et par les idées au langage des naturalistes; il sentait, de plus en plus, le besoin de ranger les objets d'après leurs rapports , et , comme le dit si bien H. Cuvier : a Parvenu à son Histoire des Oi^ seaux, il se soumit tacitement à la nécessité où nous sommes tous de classer nos idées, pour

1 . Cours du riiitioin du Sciences naturelles, IroUième paiiiei page 2À.

SUR LA MÉTHODE. ib

nous ea représenter clairement Tensemble ^ » J'ajoute qu*il n'avait pas attendu jusque-là. Lorsque après avoir décrit Tun après Tautre, et sans aucune vue méthodique, le cheval, r&ne, le bœuf, la brebis, la chèvre, le cochon, le chien, le chai, tous les animaux domestiques, il passe aux animaux sauvages, il rapproche plus d'une fois, et avec on dessein marqué, les espèces semblables : il met le daim près du chevreuil, la fouine près de la marte, etc. , etc. Arrivé aux singes, il les met tous ensemble, et même il les distribue déj& par groupes distincts, d'après de très bons caractères ^.

f . Biographie wnvenelle, art. Buffon,

2. « Dte qoe Bullbo irriTt aui qiiadroiDaiiet,«tx iliiget, U fnt obligé, par leurs nombrenz poioU da reuemblaoce, d.'éta« blir des divitionB entre cea aoimaaz» de former des genres et d'indiquer les caractères des espèces. La même nécessité se fit sentir dans l'histoire des oiseaux. Aussi cette histoire est^lla presque enUèrement distribuée d'une manière méthodique ; il j a des familles, des genres, qui sont aussi bien faits que ceux des autres méthodistes. On peut donc dire que Buffon, sans l*a- Toner, a réfuté lui-même les déclamations qu'il a répandues contre les méthodes dans ses divers écrits. ^ Cuvier , Coun de r Histoire des Sciences naturelles, troisième partie, tome IV, page 164. L*oplnion de M. Geoffroj-Saint-Hilaire est ici très importante : « Buffon, privé d'abord, dit-il, du principe de la ressemblance des êtres, crut trouver on ordre plus ratioanel en procédant du connu à l'inconnu ; mais il ne faut pas se le dissimuler, c'était uniquement un ordre relatif à ses propres besoins... Sa distribution des quadrupèdes, n'ayant pas pour base l'appréeUtion de leart rapporla da famllla et de leurs degrés

i6 IDÉFS DE BUFFON

Hais c'est surtout dans Y Histoire des Oisetzux que, comme le remarque H. Cuvier, sa marche devient réellement méthodique. « Au lieu» dit Buffon lui-même, de traiter les oiseaux un à un, c'est-à-dire par espèces distinctes et séparées, je les réunirai plusieurs ensemble sous un même genre ^.. » En effet, à chaque espèce principale, ou qu'il prend pour type, il joint toutes les espèces, soit de notre climat, soit étrangères, qui s'y rapportent^; il forme ainsi des groupes réguliers, des familles, des genres ; et, presque partout, il respecte les grands, les vrais caractères.

a Rien de plus fautif, dit-il, que la distinction des espèces, fondée sur des caractères aussi inconstants qu'accidentels '. »

diven d'affinité, n*étaitet ne pouvait être, pour Buflbn. qu'une combinaison propre à débiter «on peu d'habitude dans l'art d'apprécier ces rapports et ces affinités... C'est dans cette portion de son ouvrage {yBitloire du Singes) que Buffon renooee au classement tout personnel à lui, et vraiment étranger à la nature des choses, qu'il avait suivi Jusqu'alors. Ce qu'il avait condamné dans Linné, il l'adopte alors... » {ÊtadeMsur la Vie^ Ut Ouvragée et les Doctrines de Buffon, page 40, 1838].

Page 1