‹ Cuvier. Histoire de ses travaux (volume 2)Chapitre 86 sur 265 · I. «- Idée» de Buffbn lur la dégénénUon des animaux · texte numérisé non relu

I. «- Idée» de Buffbn lur la dégénénUon des animaux

Un des beaux chapitres du grand ouvrage que j'étudie est celui qui traite de la dégénèration des animaux.

Et je remarque qu'il y a encore ici deux parties : une partie expérimentale et une partie toute de système.

Voyons d'abord la partie expérimentale.

Trois causes principales, le climat^ la nourriture et la domesticité, produisent le changement, Taltération, la dégénération dans les animaux.

Bufibn démêle et suit les effets de ces trois causes sur la plupart des espèces, et particulièrement sur les espèces que nous connaissons le mieux, sur les espèces domestiques.

La brebis, comparée au mouflon dont elle est issue, nous offre des changements très marqués. Le mouHun, grand, léger, armé de cornes défen-

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sives, couvert d'un poil rude, ne craint ni Hnclëmence de Pair, ni la voracité du loup ; nos brebis ne peuvent se défendre même par le nombre, elles ne soutiendraient pas sans abri le froid de nos hivers, toutes périraient si Thomme cessait de les soigner et de les protéger, leur poil rude s'est changé en une laine fine ', leur queue s'est chargée d'une masse de graisse, plusieurs ont perdu leurs cornes ; enfin, dit Buffon, a de toutes les qualités du mouflon, il ne reste rien à nos brebis, rien & notre bélier, qu'un peu de vivacité, mais si douce qu'elle cède encore à la houlette d'une bergère ^. »

L'espèce de la chèvre, quoique fort dégénérée aussi, l'est pourtant moins que celle de la brebis. Les variétés de nos chèvres domestiques se distinguent entre elles par la taille, par la longueur, la couleur, la finesse du poil, par la direction, la grandeur, et même le nombre des cornes : il y a des boucs, comme des béliers, à quatre cornes.

Le bcBuf varie d'abord sous Tinfluence de la nourriture : un bœuf, nourri dans une contrée où le pâturage est riche, acquiert le double du vo-

1 . Voyez, sur les deux espèces de poils qu'ont tons les aoimux saarages, le poil Unneux^ et le poil soyeux^ mon Résvmé ana» tytique des objtervations de F, Cuvier sur rûintinet et VinuUh' genee des animaux. Seconde édiUou. Paris, 1846, page 105.

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