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chacal, le loup et le renard d*une seule de ces quatre espèces. Mais, pournousenteairau chien» qui est celle de ces quatre espèces que nous connaissons le mieux, il ne Tient sûrement pas du loup, car le loup est solitaire et le chien est essentiellement sociable ; il ne vient pas du chacal, car le chacal a une odeur si particulière, qu*il.ne semble guère possible que le chien, venu du, chacal, n*en conserv&t pas au moins quelques traces ; d'un autre cdté, le mélange du chien avec le renard n*est point prolifique ; et voici quelque chose de plus décisif encore : le chien a été rendu à rétat sauvage et il n'est point passé & Tune des trois autres espèces, il est resté chien.
Les espèces ne viennent donc pas les unes des autres '. Toutes sont primitives ; et, ce qui trompe BufTon, c'est qu'il ne voit pas la limite fixe qui
1. Baffon le voit ailleurs, et le dit très bien : « Qaoiqa'on ne puiise pas démontrer que la producUon d'une eipèee par la dégénération aoit une chose impoMible à la nature, le nombre det probabilités contraires est si énorme, que, philosophiquemenl roAme, on n'en peut guère douter ; car si quelque espèce a été produite par la dégénératien d*une autre, si Tespèce de l'Aoe Tient de eelle du oheval, cela n'a pu se faire que suooeaiTement et par nuances ; 11 j aurait eu entre le cheval et làne un grand nombre d*an{maux Intermédiaires, dont les premien se seraient petf à peu éloignée de la nature du cheval, et les derniers se seraient rapprochés peu à peu de celle de l'âne; et pourquoi ne verrions-nous pas aujourd'hui les représentante, les descendants de ces espèces Intermédiaires ? Pourquoi n'en est-il demeuré que les deux extrêmes? » (Tome IV, page 390).
sépare partout les variétés des espèces. L^homme, qui ne peut rien sur Vespèce, peut tout, ou à peu près tout, sur les variétés, sur les races.
Tout, ou presque tout, est artiflciel dans la production de quelques-unes de nos races domestiques. On produit à volonté des chiens gros ou petits, et de plus en plus petits, ou de plus en plus gros, en unissant ensemble les plus grands ou les plus petits individus.
a On est toujours sûr, dit F. Cuvier, qui avait beaucoup médité sur cette matière, on est toujours sûr de former des races lorsqu*on prend soin d*accoupler constamment des individus pourvus des particularités d'organisation dont on veut faire les caractères de ces races. Après quelques géné-
« Si Ton admet une foU que l'àne boU de lafamitte du cheval, et qu'il n'en diffère que parce qu'il a dé^néré. on pourra dire également que le singe est de la famille de l'homme, que c'est un homme dégénéré, que l'homme el le singe ont eu une origine commune romme le cheval et l'àne, que chaque /omi/Ze n'a eu qu'une seule souche, et même que tous les animaux sont Tenus d'un seul animal, qui, dans la succession des temps, a produit, en se perfecUonnant et en dégénérant, toutes les races des autres animaux. » (Tome IV, page 382). « ... S'il était acquis que, dans les animaux, Il y eût, je ne dis pas plusieurs espèces, mais une seule qui eût été produite par la dégénérallon d'une autre espèce ; s'il était vrai que l'àne ne fût qu'un cheval dégénéré, il n'y aurait plus de bornes à la puissance de la nature, et Von n'aurait pas tort de supposer que d'un seul être elle a su tirer, avec le temps, tous les autres êtres orgauisés. • ( Ibid,, page 382 ).
rations, ces caractères, produits d^abord accidentellement, se seront si fortement enracinés, qu'ils ne pourront plus être détruits que par le concours de circonstances puissantes, et les qualités intellectuelles s'affermissent comme les qualités phy-* siqueSf etc. ^ d
Daubenton a produit, avec des races de France, les plus belles laines, et par conséquent les plus belles races des moutons d'Espagne.
Unissant, par exemple, des béliersdontla laine avait six pouces ^ de longueur à des brebis dont la laine n'avait que trois pouces *, il a vu, dès la première génération, les petits avoir une laine de cinq pouces et demi de longueur * : poursuivant ainsi, et unissant toujours, à chaque génération* les individus, béliers et brebis, dont la laine était la plus longue, il est parvenu à produire des laines longues de vingt-deux pouces^.
1 . Voyei mon Béiumé analytique des obtervaiûnu et F. iur Cinstinet et VinteUigeneedeê animaux, Paris, 1845, page IIS. m De deux fndivfdus singuliers, dit Baflfon, que ta nature aura produits comme par liasard, l'homme en fera une tvee eonslante et perpétuelle, et de laquelle 11 tirera plusleun antrei races qui, sans ses soins, n'auraient Jamais tu te Jour.» (TbOM 11, page 497, Oiseaux).
}. Seiie centimètres cinq millimètres.