‹ Cuvier. Histoire de ses travauxChapitre 13 sur 47 · PHYSIOLOGIE DES AMM. A SANG HL ANC · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE DES AMM. A SANG HL ANC

2° Qu’ils ne doivent point en avoir, puisque toute leur respiration est faite précisément pour se passer de circulation ;

5° Et que n’ayant point de circulation, ils n’ont point, non plus, d’organes sécrétoires compactes, de glandes conglomérées.

Tous les animaux qui ont une circulation ont, ou peuvent avoir des glandes conglomérées , de véritables glandes.

Les mammifères , les oiseaux , etc., tous les animaux vertébrés , tous les animaux mollusques, ont des glandes conglomérées , un foie compacte, etc.

Mais si l’on passe des mollusques aux insectes , tout à coup la structure change. Les organes sécrétoires ne sont plus que de simples tubes, démontré que cette circulation disparaît à mesure que l’animal passe de l’état de larve à celui d’insecte parfait. Voici ce qu’il dit: In perfectis inseclis, in quibus talis aeris respiratio in loto corpore instituta est, sanguinis circulationem pariter incompletam, quœ aorum larvis propria est, sensim prorsus cessantem, id est eo majori modo disparentem, videbimus, quo magis respiratio evolvitur. Voyez l’ouvrage de MM. Carus et Otto, Tabuler analomiam comparalivam illustrantes, etc., part. VI, p. 7.

172 ANATOMIE COMPÀ1ŒE.

liés, détachés, flottant dans l’intérieur du corps. Le foie , par exemple, ne se compose plus que des vaisseaux biliaires, dégagés de tout parenchyme ; ces vaisseaux ne sont plus fixés que par des trachées, etc.

Quelle est la raison de ce changement? Cette raison est évidente.

Quand le cœur, quand la circulation existent, le sang est porté jusque dans les points les plus profonds des glandes.

Mais, quand il n’y a plus de circulation, comme dans les insectes, le sang ne pourrait plus être porté jusqu’aux vaisseaux propres ou sécrétoires (1), s’ils étaient enveloppés d’un tissu épais.

En un mot, et de même que, pour la respiration, T air va chercher le sang quand le sang ne va pas chercher l'air , il fallait aussi que, lorsque le sang ne peut plus être poussé jusqu’aux vaisseaux sécrétoires, les vaisseaux sécrétoires se portassent en quelque sorte vers le sang et se plongeassent dans ce fluide.

Et tel est, en effet, le mécanisme général de

(I) Où il faut pourtant qu’il arrive, car c’est le sang qui fournit les matériaux de toute sécrétion.

PHYSIOLOGIE DES AN1M. A SANG BLANC. 175 toute l’organisation des insectes : le fluide nourricier n’étant plus porté par la circulation dans les parties, toutes les parties se plongent dans le fluide nourricier et s’en imbibent.

La nutrition des insectes ne se fait donc que par imbibition.

Vers à sang rouge .

Je ne puis que rappeler aussi, après tout ce que j’en ai déjà dit, les recherches de M. Cuvier sur la circulation des vers à sang rouge, t

En se livrant à ses études sur l’anatomie des animaux à sang blanc , il trouva bientôt une espèce qui le força de changer cette dénomination générale, c’était la sangsue.

La sangsue a du sang rouge, non celui qu’elle a sucé, et qui serait contenu dans le canal intestinal où il s’altère presque aussitôt, mais un véritable fluide nourricier, contenu dans des vaisseaux propres, et y circulant au moyen d’un mouvement de systole et de diastole.

Les recherches, commencées sur la sangsue ,

furent continuées sur les lombrics , les naides , les

ANATOMIE COMPARÉE

néréides , les aphrodites , les amphitrites, les ser~ pul( , s, etc. C est surtout dans 1 Arénicole ( lombric marin de Linnæus) que M. Cuvier étudia le système vasculaire propre à ces animaux.

L arénicole respire par des branchies extérieures. Ces branchies se développent et deviennent rouges, puis s’affaissent et pâlissent. C’est l’effet ordinaire du mécanisme respiratoire.

Mais ici, ce n’est point l’air, ce n’est point le sang qui vont l’un vers l’autre par un double mouvement et par des conduits différents, comme dans tous les animaux vertébrés (1), comme dans la plupart des mollusques , etc.

Ce n est pas non plus l’air qui va chercher le fluide nourricier en se distribuant dans tout le

corps au moyen de trachées , comme dans les insectes.

(lj Dans les poissons, l’eau (et par suite l’air contenu dans l’eau) est sans cesse attirée sur les branchies par le jeu des mâchoires, de Y appareil hyoïdien et des opercules . V oyez mes Expériences sur le mécanisme de la respiration des poissons, dans mes Mémoires d'anatomie et de physio loyie comparées, t. 1, p. 76. Paris, 1844.

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