‹ Cuvier. Histoire de ses travauxChapitre 29 sur 47 · ET DU GENRE · texte numérisé non relu

ET DU GENRE

Buffon définit l 'espèce «une succession conte stante d’individus semblables et qui se repro- « duisent (I) : » par où il mêle deux choses distinctes, le fait de la reproduction et celui de la ressemblance. Or, il avait déjà remarqué, et fort judicieusement, que la comparaison de la ressemblance n est qu’une idée accessoire (2). Reste donc

(1) OEuvres de Bnffbn , t. IV, p. 38G de l’édition in-4 de l’Imprimerie royale.

(2) « La comparaison du nombre ou de la ressemblance « des individus n’est, dit Buffon, qu’une idée accessoire et « souvent indépendante de la première (la succession con- « stante des individus par la génération); car l’âne ressem- « ble au cheval plus que le barbet au lévrier, et cependant « le barbet et le lévrier ne font qu’une même espèce, puis- « qu’ils produisent ensemble des individus qui peuvent eux- « mômes en reproduire d’autres; au lieu que le cheval et « l’âne sont certainement de différentes espèces, puisqu’ils « ne produisent ensemble que des individus viciés et infé— » couds. » Ibid. y p, 885.

histoire naturelle .

le fait de la reproduction , et* par conséquent Yes- 'pète il est, pour lui, que la succession des individus qui se reproduisent .

M. Cuvier définit aussi l'espèce : « La réunion des individus descendus l’un de l’autre ou de parents communs (1). » L’espèce n’est donc pour M. Cuvier, comme pour Buffon, que la succèsswn des individus qui se reproduisent et seperpè tuent .

Loilà donc Y espèce définie par le fait : Y espèce est la succession des individus qui se reproduisent .

Mais n’y a-t-il pas aussi quelque fait par lequel on puisse définir le genre? C’est cette définition que je cherche.

Que deux individus mâle et femelle, semblables entre eux, se mêlent, produisent, et que leurpro-

(1) Il ajoute : « Et de ceux qui leur ressemblent autant « qu’ils se ressemblent entre eux. » Mais ce n’est là encore, même pour lui, qu’une idée accessoire, car il dit ailleurs :

« Les différences apparentes d’un mâtin et d’un barbet, d’un « lévrier et d’un doguin sont plus fortes que celles d’aucunes « espèces sauvages du même genre. » L’idée fondamentale de l’espèce est donc la succession par la génération. « Ce « caractère seul, dit encore Buffon, constitue la réalité et « l’unité de ce que l’on doit appeler espèce. » T. V, p. 64.

IMllLOSOl’HIQUE.

duit soit- susceptible à son tour de se reproduire, et voilà l’espèce : la succession des individus qui se reproduisent et se perpétuent. A côté de ce premier fait, que deux individus, mâle et femelle, moins semblables entré eux que n’étaient les deux précédents, se mêlent, produisent , et que leur produit soitinfécond, ou immédiatement, ouaprès quelques générations, et voilà le genre . Le caractère de l’espèce est 1a, fécondité qui se perpétue , le caractère du genre est la fécondité bornée. La génération donne donc ainsi les espèces par la fécondité qui se perpétue, et les genres par la fécondité bornée.

Je sais bien que le groupe que je propose, et qui résulterait du croisement fécond des espèces, ne répondrait plus exactement aux genres ordinaires des naturalistes, formés panda seule comparaison des ressemblances; maison pourrait donner à ce groupe tel nom qu’on voudrait, le point essentiel ici est de le constater. Je sais bien encore que les expériences nécessaires pour en généraliser l’établissement sont loin d’être faites, et ne le seront peut-être jamais : « Le plus grand

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