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LES VAISSEAUX

Sur ce fond de tableau, les vaisseaux de la rétine apparaissent dans leur ensemble gonflés ; ils sont dilatés, tortueux, et de coloration générale plus sombre que normalement. :

LES VEINES surtout ont un aspect caractéristique.

Les premières qui sont données à observer sont les gros tronc veineux autour de la papille. On est avant tout frappé de leur « dilatation », et tous les auteurs insistent sur ce caractère. Celle-ci est extrême, plus marquée que dans aucune autre affection de la rétine, si on excepte la leucémie myéloïde, et atteint parfois jusqu’à 3 et 4 fois le diamètre normal. Leur calibre est cependant régulier sur toute l’étendue du parcours, parfois cependant moniliforme. Le croisement des artères lui-même le modifie à peine, à peine l’efface-t-il un peu. Jamais nous n'avons vu sur le sujet des grosses veines, ces ectasies anévrysmatiques que décrit UTHOFF dans son cas (in Ginsburg, Klin. Monas,

CF Pen à

1928). Le trajet de ces grosses veines est de plus toujours tortueux, et cette tortuosité est parfois extrême, certaines veines dessinant des images en Oméga grec, décrivant une courbe à axe antéro-postérieur en avant de la papille, ou même bouclant une anse complète autour d’une branche artérielle.

La coloration des gros troncs veineux est elle aussi tout à fait particulière. Celle-ci est dans l’ensemble très sombre, d’un bleu violet noirâtre, lie-de-vin foncé. Du fait de leur proéminence sur la surface rétinienne et du reflet qui de ce fait les accompagne, la coloration varie d’ailleurs entre les bords et le centre des vaisseaux. Les bords sont d’un rouge sombre noirâtre, et le centre d'autant plus large que le vaisseau est plus gros, est marqué d’un reflet gris bleuté extrêmement brillant et vif. Ce reflet est parfois même miroitant et à facettes, comme les yeux de certains coléoptères.

Jamais, dans nos observations, nous n’avons vu autour des veines ce halo blanc qui signe une réaction inflammatoire.

Si les gros troncs veineux offrent les modifications les plus apparentes, les branches veineuses collatérales et terminales présentent aussi certaines particularités. Ce qui frappe surtout, c’est leur richesse et leur tortuosité. Cette apparence d'augmentation du nombre des branches veineuses est due à ce que ces dernières, comme gonflées au suif, sont toutes devenues très parfaitement visibles, même celles qui de par leur petitesse ne sont normalement pas perceptibles à l’ophtalmoscope. Ce fait est surtout apparent autour de la région maculaire qui est comme auréolée

Cyanose de la rétine. Aspect ophtalmoscopique

La papille, de teinte rouge cinabre, un peu cyanique, tranche sur la teinte générale du champ de la rétine. Celle-ci est d’un gris verdàtre, tout à fait particulier, à reflets rosés. Les artères, de calibre régulier, sont un peu dilatées, sinueuses. Elles apparaissent ternes, marquées par un double trait de teinte rouge sombre. Les veines, extrêmement dilatées, sont flexueuses bifurquées en OQ, leur coloration est d’un bleu violacé sombre, presque ardoiïisé, avec des ombres pourprées.

Les plus fines ramifications vasculaires sont mises en évidence. Les vaisseaux tributaires de la macula sont particulièrement sinueux.

— Doi

d'un lacis vasculaire sinueux et serpentin. Au contraire des gros trencs veineux, la coloration de ces collatérales est uniforme, d’un rouge violacé sombre, le reflet central s’amenuisant et disparaissant, plus le vaisseau devient petit. Parfois même, on peut observer, à la lumière anérythre surtout, une véritable couperose de la rétine : et cet aspect parait dû à ce que l’on aperçoit le réseau capillaire lui-même dilaté.

LES ARTÈRES présentent moins de particularités.

Cependant, leur coloration est assez spéciale. Les gros troncs artériels sont marqués d’un double trait qui les borde de chaque côté d’une façon nette. Ce double trait d’un rouge carmin, tranche sur le fond rétinien et délimite un reflet central beaucoup plus clair d'un jaune verdâtre, quelquefois violacé, non brillant, terne. À mesure que le vaisseau s’avance vers la périphérie, le reflet central s’amenuise et disparaît, de telle sorte que les branches artérielles collatérales sont uniformément rouge carminé. Nous n'avons jamais vu cette coloration des artères, quoique dans l’ensemble toujours plus sombre que normalement, atteindre la coloration des veines normales, comme l’ont écrit LEBER et LORING.

Ces artères, de calibre régulier et de trajet tortueux, sont pleines, mais non exagérément dilatées, comme le signalent KRAEMER, BEHR et KNAPP. C’est surtout leur aspect de plénitude qui, à notre avis, leur donne le plus souvent l'apparence de dilatation. Jamais, nous n'avons observé de rétrécissement artériel comme dans le cas signalé par BAQUIS.

Mie

Contrairement à ce qu'ont écrit certains auteurs (RocHoN-DUVIGNAUDJ, dans tous les cas que nous avons pu observer, jamais nous n’avons eu de difficulté à distinguer les artères des veines, sur les gros troncs du moins. Si en effet, dans l’ensemble, la coloration de tous les vaisseaux rétiniens est plus sombre, de même que leur calibre est dilaté, ces deux caractères nous ont paru surtout marqués au niveau des veines. Si, en effet, les veines sont toujours énormément dilatées et noirâtres, les artères ont un reflet clair, bien que cyanique, et leur calibre est dans la majorité des cas sans changement. Si bien que nous pouvons dire que dans la cyanose de la rétine, les modifications qui surviennent au niveau des vaisseaux exagèrent les différences qui existent entre les artères et les veines, bien loin de risquer de les faire confondre. Par contre, la tortuosité de leur trajet leur donnent entre elles des rapports plus fréquents. Artères et veines s’entrelacent, se tirebouchonnent les unes autour des autres, et nous avons même vu des veines décrirent des boucles complètes autour des rameaux artériels. Les croisements artério-veineux ne présentent pas de modification notable. Bien que dilatées à l’extrême, les veines ne sont pas écrasées par le passage des artères, qui la plupart du temps les efface à peine.

Bien que ceci sorte du cadre d’une étude purement morphologique, nous devons signaler ici que la TEN- SION DE L’ARTÈRE CENTRALE DE LA RÉTINE nous a paru, la plupart du temps au-dessus de la normale, même chez des malades à tension artérielle humérale normale. Nous avons trouvé dans quatre cas différents

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