INTRODUCTION
Le terme de « Cyanose de la rétine », proposé pour la première fois par LIEBREICH, en 1863, désigne un aspect ophtalmoscopique très particulier.
À parcourir la littérature, il semble qu'il doive s’observer rarement, puisqu'on n’en trouve que peu d’observations : une trentaine environ dont trois ou quatre seulement illustrées d’une iconographie. En France, en dehors de l’article de BABINSKI, en 1904, cn ne trouve aucun travail sur cette question, et le dernier « Traité d'Ophtalmologie » en cours de publication à la Librairie Masson, n’y fait qu’une brève allusion (T. V, p. 369). En trois ans cependant, huit observations nouvelles ont pu être recueillies à la Clhnique Ophtalmolosique du Professeur BONNET. Cette richesse nous paraît due à la collaboration étroite qui existe entre la Clinique Ophtalmologique et les différents services de Médecine Générale. Il nous paraît en effet certain que si, comme le signalait déjà BABINSKI, on examinait systématiquement le fond d'œil des malades atteints d’affections cardiaques congénitales ou de Polyglobulie, on observerait plus fréquemment le tableau de « la cyanose de la rétine ».
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La cause pathologique qui détermine cet aspect rétinien n’est pas unique : nous trouvons en effet dans nos observations : des malformations congénitales du cœur avec communication interventriculaire, des polyglobulies essentielles ou Maladie de Vaquez, des cyanoses périphériques généralisées de nature différentes. La pathogénie des modifications rétiniennes observées nous paraît encore difficile à préciser. Aussi bien, chacun de ces points pourrait-il faire l’objet de travaux spéciaux en vue desquels les recherches continuent à la Clinique Ophtalmologique de Lyon.
Notre but n’est ici uniquement que l'étude morphologique du tableau ophtalmoscopique de la « Cyanose de la rétine ».
Avant de décrire cet aspect tel que le représente l'iconographie que nous apportons et tel que nous avons pu l’observer dans plusieurs cas, il nous a paru intéressant de rapporter les différentes descriptions qui en ont été faites avant nous.
Dans un bref chapitre de diagnostic ophtalmoscopique, nous verrons ensuite les erreurs auxquelles l’aspect du fond d’œil seul peut porter, et qui font que malgré son aspect tout à fait particulier, la « cyanose de la rétine » peut n'être pas reconnue.