‹ Cyprien le vendu, comédievaudeville en un acteChapitre 10 sur 26 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

FLEUBY , seul.

Cet homme nie fait mal à voir , je ne sais pourquoi je le hais ainsi... toujours je le rencontre sur mon passage... moins je le trouve en faute, plus je me sens l'envie de le punir, et cependant je ne le connais pas, je ne l'ai jamais vu ailleurs qu'au régiment.... enfin, c'est uuc antipathie!., mais je suis bien bon de m’occuper d'un eue semblable un jour comme celui-ci.... ne songeons donc qu'au plaisir qui m'attend... le colonel Durville , mou protecteur, donne une fête , je suis invité à y prendre part... Je n’ai pas à me plaindre , parole d'honneur , moi , officier de fortune, je suis presque à ta veille d’épouser la nièce de mon colonel... vraiment, quand j’y pense, ça tient un peu du roman. 11 y a un mois environ, une jeune fille charmante arrive chez M. Durville, j’ai occasion de la voir, je me hasarde naturellement à lui faire un doigt de cour... habitué aux conquêtes faciles, j’espérais emporter d’assaut le cœur de la belle , pourtant j’avoue à ma boute qu'elle n'eût pas l'air d'accueillir nies avances, le colonel s'aperçoit bien-.

tût de mon amour et loin de combattre mes pré" tentions, le cher et digne homme les encourage de son mieux, et aujourd’hui je me trouve presque fiancé à son adorable parente... sans compter que j’avais un peu besoin de ce léger incident i>our me remettre à flot, car depuis cinq mois mon crédit a été rudement mis eu avaut, mes dettes se montent à un chiffre infiniment trop prolongé ; et si un bon mariage, escorté d’une dot assez confortable, lie vient pas au plus vile à mon secours, j'ignore de quelle façon je parviendrai à sortir d'embarras.

Au<U M-Ufiol.

Dieu de Cy chère.

Sois moins sévère,

A mes devoirs sache enQu de Ce prêter;

Alors d’Adèle,

Ma Coule belle.

Le tendre cœur ne pourra résister.

Comblant mes veux si son âme «si sensible.

Je pourrai voir mes dettes se paver,

Grâce à l’hymen, la chose est fort possible.

Je verrai fuir l’iufernal créancier.

Ici, Je jure Que ma future.

Sous ce lien que je veux embellir,

Sera maîtresse.

Je le confesse ,

Et libre enfin selon son bon plaisir.

Mais si , parfois, une mine égrillarde ,

Pleine d’appas, vient céder à mes vœux ,

Il faut alors que ma femjne se garde ,

De maints transitons jaloux et furieux.

Je veux, sans feinte,

Bannir la plainte.

Je veux aussi, dans mes soins amoureux,

Que, peu Jalouse,

Ma chère épouse ,

Me laisse libre et ferme les deux yeux.

Sachant alors profiter du système.

En bons époux, tous deux de leur côté , Quoiqu’encbalnés par leur ardeur extrême.

Chacun aura son droit, sa liberté.

Le mariage ,

Alors, je gage ,

Loin d’un enfer, sera le paradis,

El pour modèles ,

Toutes les belles,

Voudront alors nous donner aux maris.

Justement, la voici; son respectable oncle l’accompagne... A mon rôle, et surtout de l’aplomb!

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