SCÈNE Y
FLEURY et CYPRIEN , qui n’a rien entendu de la scène précédente cl qui est absorbé dans scs réflexions.
flkury, apercevant Cyprien.
Encore un ! parbleu, je suis curieux de le connaître... ah! c’est Cyprien, j'aurais dû m’en douter... (A Cyprien.) Que fais-tu là?
CYPRIEN, sortant de sa rêverie.
Tiens , je suis seul.
FLEURY
Monsieur s’en aperçoit maintenant, j’ai intimé l’ordre à tout le’ monde de se retirer... pourquoi te trouves-tu encore ici , réponds?
CYPRIEN
Mon lieutenant, je u'avais pas fait attention, je vous assure.
FLEURY
Tu as eu tort.
CYPRIEN
Je n’en disconviens pas.
FLEURY
Il est donc écrit que je te surprendrai toujours en défaut.
cyprien , à part.
Un mauvais soldat ! voilà ce qu'ils me répètent tous du matin au soir, un mauvais soldat ! moi ! quand donc cesseront-ils de me mépriser ?
FLEURY
Encore là? m’obéiras-tu à la lin, espèce de brute ?
CYPRIEN
Lieutenant , je n’ai pas besoin qu’on me rappelle mes devoirs aussi duretucni, pour les remplir.
FLEURY , d'un ton goguenard.
Oh! oh! prenez donc partie de blesser l’amour-propre de Monsieur... Sais-tu. drôle, que je ne suis pas fait pour entendre tes observations.
cyprien.
Pas plus que moi, leulenant, pour endurer vos insultes, surtout quand je ne les mérite pas.
FLEURY
Quelle arrogance ! lu oublies , misérable, que tu parles à ton chef.
CYPniEN.
Non, mon lieutenant. Mais croyez-vous franchement qu’il ne m’en coûte pas de me sentir offenser, bafouer sans cesse comme je le suis, croyez- vous que je ne souffre pns, moi, au fond dn cœur, de tous les affronts, de toutes les vexations que l’on se plaît chaque jour à me prodipuer ici... le croyez-vous, dites? oh non! et lorsque vous venez m’apostropher injustement, me traiter de brute , vous voulez (pic je reste calme, silencieux, est-ce que c’est possible?., mais pour se taire, en pareille cirronslance, il faudrait ne pas avoir de sang dans les veines!..
FLEURY
Ab! ma patience est à bout... cesseras-tu bientôt de répliquer?
CYPRIEN
Cessez de m’insulter.
FLEURY
On va avoir des égards tout particuliers pour Monsieur...
CYPRIEN
Des égards... oh ! je n’en demande pas, je ne réclame que de la justice.
Ait df l'Anp lu».
En vérité je suis surpris,
IPune aussi longue patience.
Car de vos insultons mépris J’ai peine 5 supporter l’offense.
Respectez, plutôt le malheur Qui m’engage ici pour un autre.
Car, Monsieur, je jwssèdc un cœur Tout aussi noble que le vôtre.
Pourquoi serais-je continuellement maltraité,