‹ Cyprien le vendu, comédievaudeville en un acteChapitre 8 sur 26 · SCÈNE Y · texte numérisé non relu

SCÈNE Y

FLEURY et CYPRIEN , qui n’a rien entendu de la scène précédente cl qui est absorbé dans scs réflexions.

flkury, apercevant Cyprien.

Encore un ! parbleu, je suis curieux de le connaître... ah! c’est Cyprien, j'aurais dû m’en douter... (A Cyprien.) Que fais-tu là?

CYPRIEN, sortant de sa rêverie.

Tiens , je suis seul.

FLEURY

Monsieur s’en aperçoit maintenant, j’ai intimé l’ordre à tout le’ monde de se retirer... pourquoi te trouves-tu encore ici , réponds?

CYPRIEN

Mon lieutenant, je u'avais pas fait attention, je vous assure.

FLEURY

Tu as eu tort.

CYPRIEN

Je n’en disconviens pas.

FLEURY

Il est donc écrit que je te surprendrai toujours en défaut.

cyprien , à part.

Un mauvais soldat ! voilà ce qu'ils me répètent tous du matin au soir, un mauvais soldat ! moi ! quand donc cesseront-ils de me mépriser ?

FLEURY

Encore là? m’obéiras-tu à la lin, espèce de brute ?

CYPRIEN

Lieutenant , je n’ai pas besoin qu’on me rappelle mes devoirs aussi duretucni, pour les remplir.

FLEURY , d'un ton goguenard.

Oh! oh! prenez donc partie de blesser l’amour-propre de Monsieur... Sais-tu. drôle, que je ne suis pas fait pour entendre tes observations.

cyprien.

Pas plus que moi, leulenant, pour endurer vos insultes, surtout quand je ne les mérite pas.

FLEURY

Quelle arrogance ! lu oublies , misérable, que tu parles à ton chef.

CYPniEN.

Non, mon lieutenant. Mais croyez-vous franchement qu’il ne m’en coûte pas de me sentir offenser, bafouer sans cesse comme je le suis, croyez- vous que je ne souffre pns, moi, au fond dn cœur, de tous les affronts, de toutes les vexations que l’on se plaît chaque jour à me prodipuer ici... le croyez-vous, dites? oh non! et lorsque vous venez m’apostropher injustement, me traiter de brute , vous voulez (pic je reste calme, silencieux, est-ce que c’est possible?., mais pour se taire, en pareille cirronslance, il faudrait ne pas avoir de sang dans les veines!..

FLEURY

Ab! ma patience est à bout... cesseras-tu bientôt de répliquer?

CYPRIEN

Cessez de m’insulter.

FLEURY

On va avoir des égards tout particuliers pour Monsieur...

CYPRIEN

Des égards... oh ! je n’en demande pas, je ne réclame que de la justice.

Ait df l'Anp lu».

En vérité je suis surpris,

IPune aussi longue patience.

Car de vos insultons mépris J’ai peine 5 supporter l’offense.

Respectez, plutôt le malheur Qui m’engage ici pour un autre.

Car, Monsieur, je jwssèdc un cœur Tout aussi noble que le vôtre.

Pourquoi serais-je continuellement maltraité,

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