‹ Cyrano de BergeracChapitre 36 sur 94 · I.i: l'KIi VNI .11)1 i · texte numérisé non relu

I.i: l'KIi VNI .11)1 i

Encore, si c'était avec moi; ma barbe jure de ma sag<

mais avec UH | >f I î L cajoleur!...

CORBINELI

Que diable! laissez-les parler, si vous voulez, ou bien nous donnerons votre rôle à <|uelqu'un qui s'en acquittera mieux que vous !

GENEVOTE, à Granger le jeune.

« Je m'étonne donc que vous ne travailliez plus courati geusemenl aux moyens de posséder une chose pour qui

« VOUS ave/ tant :1e passion.

GRANGEU le jeune.

« Mademoiselle, tout ce qui dépend d'un bras plus fort « que le mien, je le souhaite et ne le promets pas. Mais, u au moins, suis-je assuré de vous faire paraître mon « amour par mon combat, si je ne puis vous témoigner ma «( bonne fortune par ma victoire. Je me suis jeté aujour- « d'hui plusieurs fois aux genoux de mon père, le conju- « rant d'avoir pitié des maux que je souffre ; et je m'en « vais savoir de mon valet s'il lui a dit la résolution que « j'avais prise de lui désobéir, car je l'en avais chargé. « Viens çà, Paquier ! As-tu dit à mon père que j'étais mal « résolu, malgré son commandement, de passer outre? »

PAQUIER Gorbineli, souffle-moi !

CORBINELI, tout bas.

« Non, Monsieur, je ne m'en suis pas souvenu.

PAQUIER « Non, Monsieur, je ne m'en suis pas souvenu.

GRANGER le jeune.

<( Ah ! maraud, ton sang me vengera de ta perfidie ! »

Il tire l'épée sur lui.

GORBINELI Fuis-t'en donc, de peur qu'il ne te frappe !

PAQUIER

Gela est-il de mon rôle?

CORBINELI Oui.

PAQUIER (( Fuis-t'en donc, de peur qu'il ne te frappe!

GRANGER le jeune, ce Je sais qu'à moins d'une couronne sur la tête, je ne « saurais seconder votre mérite.

GENE VOTE « Les rois, pour être rois, ne cessent pas d'être hom- « mes; pensez vous que... »

GRANGER le père, interrompant.

En effet, les mêmes appétits qui agitent un ciron agitent un éléphant; ce qui nous pousse à battre un support de marmite fait à un roi détruire une province ; l'ambition allume une querelle entre deux comédiens, la même ambition allume une guerre entre deux potentats. Ils veulent de même que nous, mais ils peuvent plus que nous...

CORBINELI Ma foi, je vous enchaînerai !

GRANGER le jeune.

« On croira...

GENEVOTE « Suffise qu'on croie toutes choses à votre avantage. A « quoi bon me faire tant de protestations d'une amitié dontje « ne doute pas ? Il vaudrait bien mieux être pendu au cou « de votre père, et, à force de larmes et de prières, arra- « cher son consentement pour notre mariage.

GRANGER le jeune.

« Allons-y donc! Monsieur, je viens vous conjurer d'a- « voir pitié de moi, et...

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GBNKVOTE .. El moi, vous témoigner L'envie que j'ai de voua faire « bientôt grand-père... »

GRANGKB Gomment? grand-pèrel Je veux bien tirer je voua une propagation de petits individus; mais j'en veux être cause prochaine et uon [»as cause éloignée.

GORBINEL1 No vous tairez-vous pas ?

GRANGE a Cœur bas ot ravalé, n'as-tu point de honte de consumer l'avril de tes jours à cajoler une fille? GORBINELI Ne voyez-vous pas que l'ordre de la pièce demande qu'ils disent tout cela?

GRANGER « Ils n'ont pas assez de bien l'un pour l'autre; je ne « souffrirai jamais...

GENEVOTE a Non, non. Monsieur, je suis d'une condition qui vous « défend d'appréhender la pauvreté. Je souhaiterais seulece ment que vous eussiez vu une terre que nous avons à « huit lieues d'ici. La solitude agréable des bois, le vert " émaillé des prairies, le murmure des fontaines, l'harmo- « nie des oiseaux, tout cela repeinturerait de noir votre « poil déjà blanc.

PAQUIER « Mademoiselle, ne passez pas outre, voilà tout ce qu'il a faut à Chariot. Il ne saurait mourir de faim, s'il a des « bois, des prés, des oiseaux et des fontaines, car les arbres « lui serviront à se guérir du mal des mouches, les prés lui « fourniront de quoi paître, et les oiseaux prendront le soin « de chiffler (1). quand il ira boire à la fontaine.

(1) Siffler.

GRANGER « Ah ! sirériique larronnesse des cœurs ! Je vois bien que « vous guettez ma raison au coin d'un bois, que vous la « voulez égorger sur le pré, ou bien, l'ayant submergée à « la fontaine, la donner à manger aux oiseaux.

GRANGER le jeune.

« Je suis venu...

PAQUIER « J'ai vu, j'ai vaincu ! dit César, au retour des Gaules.

GRANGER le jeune.

« Vous conjurer...

PAQUIER «Dieu vous fasse bien, monsieur l'exorciste ! Mon maî- « tre n'est pas démoniaque.

GRANGER le jeune.

« Par les services que je vous ai faits...

« Et par celui des morts, qu'il voudrait bien vous avoir « fait faire.

GRANGER le jeune, a De reprendre la vie que vous m'avez prêtée.

PAQUIER « Il était bien fou de vous prêter une chose dont on n'a « jamais assez !

GRANGER le jeune.

« Prenez ce poignard ! (// tire un poignard.) Père déna- « turé, faites deux homicides par un meurtre; écrivez le a destin de ma maîtresse avec mon sang, et ne permettez « pas que la moitié d'un si beau couple expire de... Mais « à quoi bon tant de discours? Frappez! Qu'attendez-

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