‹ Cyrano de BergeracChapitre 5 sur 94 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

CHARLOT, PAQUIER.

CHAR LOT Je ne puis rien comprendre à ton galimatias.

Pour moi, je ne trouve rien de si clair.

Mais enfin me saurais-tu dire qui c'est qui me demande?

(1) Sa Grammaire latine était suivie dans tous les collèges. C'est de là que Granger tire la plupart de ses citations pédantes .

(2) Arbor, arbre, est un nom féminin.

l4 CYRANO DE BERGERAC

PAQUIER

Je vous dis que c'est moi.

CHARLOT Gomment, toi?

PAQUIER Je ne vous dis pas moi ; mais je vous dis que c'est moi, car il m'a dit en partant: « Dis-lui que c'est moi. »

CHARLOT Ne serait-ce point mon père, que tu veux dire?

PAQUIER Eh! vraiment, oui. A propos, je pense qu'il a envie de vous envoyer sur la mer.

CHARLOT Eh! quoi faire, Paquier?

PAQUIER Il ne me l'a point dit; mais je crois que c'est pour voir la campagne.

CHARLOT J'ai trop voyagé, j'en suis las.

PAQUIER Qui, vous? Je vais gager chapeau de cocu, qui est un des vieux de votre père, que vous n'avez jamais vu la mer que dans une huître à l'écaillé !

Et toi, Pasquier, en as-tu vu davantage?

PAQUIER Oui-da ; j'ai vu les Bonshommes (i) , Chaillot, Saint- Cloud, Vaugirard.

(i) Le couvent des Bonshommes ou Minimes, à Chaillot.

il M D \N- 1 K i ''

GHAF

Et <|u'v as-tu remarqué de 1" au, Paquii

PAQ1 A la vérité, je oe les vis pas trop bi< a, p »ur ce que tes murai! 1rs m'empêchaient.

GHARLOT Je pense, ma foi, que I ont pas été plus

longs que sera celui dont tu nie parles. Va, lu peux rassurer que je ne désire pas...

Page 1