‹ Cyrano de BergeracChapitre 7 sur 94 · CHARLOT · texte numérisé non relu

CHARLOT

Je vois bien, Monsieur, que vous voulez éprouver si je serais assez lâche pour vous abandonner, et par mon absence vous arracher d'entre les bras un fils unique. Mais non, mon père; si vos tendresses sont assez grandes pour sacrifier votre joie à mon avancement, mon affection est si forte qu'elle m'empêchera de vous obéir. Aussi, quoi que vous puissiez alléguer, je demeurerai sans cesse auprès de vous, et serai votre bâton de vieillesse.

GRANGER Ce n'est pas pour prendre votre avis, mais pour vous apprendre ma volonté, que je vous ai fait venir. Donc, demain je vous emmaillotte dans un vaisseau, pendant que l'air est serein ; car, s'il venait à nébulifier, nous sommes menacés, par les Centuries de Nostradamus, d'un temps fort incommode à la navigation.

C'est donc sérieusement que vous ordonnez de ce voyage? Mais apprenez que c'est ce que je ne puis faire, et que je ne ferai jamais.

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