Darier. Praiique dennalologique, t. I, p
2. Il neutre pas dans le cadre de notre travail de décrire les annexes de l’épiderine. Nous rappellerons simplement que l'appareil pilosé bace comprend un follicule pileux, occupé par un poil, et muni d'une glande sébacée et d’un muscle érectcur.
CYTOLOülE DES INFLAMMATIONS CUTANÉES
« poil môme et des sécrétions de sa glande, suivant l’ége du « sujet, inlliient sans aucun doute sur sa vulnérabilité.
« Mais re.vpérience prouve aussi que, même à l’état normal, « c’est un point vulnérable, de par sa seule structure anatomi- « que. (Ml comprend qu’un infundibubun évasé, ouvert, souci vent occupé par des déchets épidermiques morts, un infundi- « bulum présentant vers la profondeur une fente circulaire, « péripilaire, plus profonde que le derme même, puisse s’infecte ter plus facilement que l’épiderme plat et fermé du voisinage, « et aussi qu’il puisse infecter le derme môme dans sa profon- « deur, par la cheminée folliculaire.
« Ainsi nous comprenons, par les seuls éléments anatomiques « du problème, pourquoi ce point de l’épiderme, plus que tout « autre, est par avance un point faible » (Sabouraud) (l).
Le follicule pilosébacé s’infecte donc aisément par son oriGce ouvert en entonnoir ; les germes microbiens cheminent le long du poil et pénètrent dans la glande sébacée. Il en résulte un foyer inflammatoire centré par le poil et occupant une partie ou la totalité de l’appareil pilosébacé. Dans ce dernier cas non seulement tout cet appareil est intéressé mais encore 1 atmosphère conjonctivovasculaire qui l’entoure. Or nous savons tjue le poil, qui fait saillie au-dessus de l’épiderme, est inséré par son buble, très profondément dans la peau, en plein hypoderme.
Le territoire pilosébacé comprend donc non seulement les formations épithéliales, qui constituent le follicule, le poil et la glande, mais encore les portions adjacentes du corps réticulaire, du derme et de l’hjqioderme qui assurent leur nutrition. G est un teriâtoire plus étendu en profondeur qu’en surface, qui empiète à la fois sur toutes les couches constituantes de la peau.
Le territoire [lilosébacé possède sa vascularisation propre. A ce titre, il peut être considéré comme un territoire vasculaire autonome. Il se com porte coin me tel au cours de certaines in fia m-
1. Sabouraud. Pratique c/erma/o/oc/û/ae. .Article : Folliculites, t. II, p. Ijoa.
mations cutanées (sypliilides péripilaii’es, tuberculkles acnéiformes, etc..,).
Le territoire sucloripare est très analog'ue. C est aussi une formation épithéliale, ouverte ü la surface de 1 épiderme et qui traverse toute l'épaisseur des couches conjonctivovasculaires , hypodenne où il prend naissance, derme et corps réticulaire qu’il ne fait que traverser. Comme l’appareil piloséhacé il possède aussi sa vascularisation propre^ du moins en ce qui concerne la partie sécrétante de la glande.
.Mais les infections par voie sanguine se localisent rarement sur l’appareil sudoral, l’infection canaliculaire est peut-être plus e-vceptionnelle encore, aussi la pathologie de ce territoire est des plus restreintes.
L’appareil unguéal constitue encore un territoire cutané, mais nous n’avons pas à nous en occuper dans cette étude de pathologie générale des inflammations cutanées.
O — Rénovation du revêtement cutané
.\ous avons étudié anatomiquement le revêtement cutané tel que nous l’ohservons sur nos préparations, c’est-ù-dire sur des pièces immohilisées dans leur activité vitale par les réactifs fixateurs.
Mais la peau comme tout organe vivant est continuellement soumise à des destructions et à des reconstructions.
En ce qui concerne l’épiderme l’étude de la rénovation de cette couche est facile. Les cellules épidermiques mortes rejetées ù la surface de l'organe, desquament et tomhent dans le monde extérieur. Les générations qui viennent de périr sont remplacées par de nouvelles générations cellulaires dues ù l’activité proliférative de la couche germinative.
Les couches conjonctivovasculaires renouvellent aussi leurs éléments, mais les phénomènes sont moins nets et moins aisés à mettre en évidence. Les cellules conjonctives sont susceptibles de résorber elles-mêmes toutes les élaborations protoplasmi-
ques qu’elles avaient édifiées. D’autre part si elles viennent à mourir, les cellules douées d’activité macrophagique entrant dans la constitution même du tégument ou apportées par les vaisseau.Y sanguins peuvent les englober et les digérer sur place, ou, pénétrant ensuite dans les voies lymphatiques, emporter leurs débris jusque dans les ganglions lymphatiques. Par ces phénomènes de régression cellulaire et de macrophagie la destruction des éléments usés s’explique aisément.
L’édification de formations conjonctivovasculaires nouvelles est le fait des plasmodes indittérenciés, dont Dominici a démontré la persistance à l’état normal dans la peau, et du retour à l’état plasmodial indifférencié des cellules qui ont résorlié leurs élaborations protoplasmiques. Elle est le fait aussi des mononucléaires de la lymphe et du sang, importés par voie circulatoire et qui sont des cellules conjonctives libres indifférenciées (Dominici).
Les cellules et les plasmodes conjonctifs indifférenciés augmentent de volume, se multiplient par division directe ou par karyokinèse. Les nouvelles cellules libres, conjointes en syncytiums ou fusionnées en plasmodes sont susceptibles de s’adapter aux modalités fonctionnelles les plus variées; elles se modèlent en lames séreuses, se disposent en traînées qui se conforment en pointes vasculaires et sont l’origine de néocapillaires; elles élaborent enfin des fibres élastiques, du collagène ou de la graisse suivant les incitations qu elles subissent.
Ainsi se trouvent reconstitués tous les éléments des couches conjonctivovasculaires.