‹ Cytologie des inflammations cutanéesChapitre 2 sur 46 · MEIS ET AMICIS · texte numérisé non relu

MEIS ET AMICIS

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INTRODUCTION

Les recherches de laboratoire, notamment les études anatomopathologiques ont été trop longtemps du domaine exclusif de la science pure. Bien que, depuis plusieurs années, on commence à utiliser les renseignements qu’elles sont susceptibles de fournir pour l'établissement d’un diagnostic précis et l’institution du traitement approprié, elles ne sont pas encore d’un usage assez fréquent dans la pratique journalière.

En ce qui concerne les afïéctions cutanées, des diagnostics très difficiles è poser, si Ton s’en tient aux seuls renseignements fournis par l’examen clinique, sont parfois des plus aisés à établir, si l’on a recours à l’examen histologique (1). C'est grâce à cet examen que, dans un cas, nous avons pu démontrer la nature sarcomateuse de nodules que présentait au pied un malade considéré comme atteint de tuberculose cutanée. Dans un autre cas, une jeune femme suspectée de syphilis, était menacée de perdre sa situation ; elle demanda à un dermatologiste un certificat attestant qu’elle n’était pas syphilitique, mais les lésions étaient tellement syphiloïdes que celui-ci, malgré sa grande expérience, ne voulait pas délivrer ce certificat. Il nous pria de pratiquer une biopsie ; à l’examen microscopique le diagnostic de tuberculide s’imposait. Une autre malade, tour à tour considérée comme

1. Nous ne voulons point dire que les recherches de laboratoire priment les examens cliniques ; car nous estimons quele médecin doit être, avant tout, un clinicien. Nous affirmons simplement que souvent, que très souvent, le laboratoire fournit aisément la solution de problèmes cliniquement très ardus.

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^ INTRODUCTION

syphililiquc et comme tulierculeuse, était en réalité atteinte de blaslomycüse ; ce ne fut que l’examen histologique d’une biopsie qui révéla la nature de la maladie et permit d’instituer le traitement ioduré intensif, grâce auquel la malade guérit.

Nous pourrions multiplier de semblables exemples et nous ne comptons plus les cas où l’cxamcn microscoj)ique a révéle la nature épithéliomateuse de lésions considérées comme syphilitiques et a réciproquement mis en évidence la syphilis là où le cancer était cru probable ou môme certain.

Par tous les nombreux faits de cet ordre que nous avons eu l’occasion d’observer, nous avons acquis la conviction que, dans beaucoup de cas, les examens anatomo-pathologiques sont indispensables.

Préciser le diagnostic histologique différentiel des divers processus morbides est le but que, à la suite de beaucoup d’autres histologistes, nous cherchons à atteindre.

La tâche est immense et il faut se limiter. Nous nous bornerons donc, dans le présent travail, à étudier la cytologie élémentaire des processus inflammatoires de la peau humaine. En effet avant d’aborder, ce que nous espérons faire plus tard, le diagnostic ditfércntiel des inflammations cutanées, il est nécessaire d’établir, d’abord, quels sont les éléments de ce diagnostic.

Tout diagnostic, qu’il soit d’ordre histologique ou d’ordre clinique, repose :

1® Sur l’analyse d’un certain nombre de signes isolés (symptômes) ou associés (syndromes). Cette étude constitue la séméiologie (pathologie générale).

2° Sur la synthèse des signes observés, envisagés non plus en eux-mêmes comme précédemment, mais coordonnés en un ensemble où chacun d eux possède une valeur diflérente.

Ile tels groupements sont les tableaux cliniques ou histologiques des diverses affections (pathologie spéciale).

Faire un diagnostic c’est dégager les éléments constitutifs d’un complexus morbide inconnu, puis les réunir et comparer 1 ensemble qu’ils forment aux tableaux cliniques ou histologiques an té rie u r e m eut co n nus.

INTRODUCTION

Ce travail est donc un traité d’histologie des maladies de la peau ce qu’est un guide élémentaire de percussion et tl auscultation à un traité des maladies du cœur ou des poumons ; ou plutôt ce qu’est une étude des lésions élémentaires de la peau à un traité de dermatologie.

« Les allections de la peau (I) sont essentiellement constituées » par un certain nombre de lésions des téguments, lésions qui « revêtent des aspects variables et qui se combinent de diverses . « manières pour donner à la maladie cutanée sa physionomie « propre de môme qu’on combine des lettres de diverses maniè- « res pour former des mots.

« La connaissance de ces éléments éruptifs est par conséquent « d’une importance capitale, puisqu’il est nécessaire de savoir « les distinguer, pour arriver à comprendre comment est cons- « tituée une dermatose. Leur étude peut en somme être consi- « dérée comme l’aljécédaire de la dermatologie ».

Si l’étude macroscopique des éléments éruptifs qui constituent les diverses lésions cutanées est l’alphabet de la dermatologie, l’étude microscopique des éléments pathologiquement modifiés, qui constituent ces lésions, est celui de l’histologie des maladies de la peau.

C’est à préciser cet alphabet que nous avons consacré notre travail. Mais si, de par les limites mêmes que nous nous imposons (2), nous ne pouvons faire œuvi’e que d’analyse, nous ne voulons pas toutefois nous borner à une étude aride de morphologie pure.

L( s formes cellulaires correspondent soit à des actions exercées sur elles, soit à des réactions qu’elles opposent aux causes perturbatrices. L’analyse d’un processus hislo pathologique doit être l’analyse de phénomènes vitaux. Eu étudiant l’état morphologique d’uuc cellule arrêtée dans sa forme par les réactifs fixateurs employés en histologie, on ne doit pas oublier que cet état

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