‹ Cytologie des inflammations cutanéesChapitre 3 sur 46 · Brocq, Prati(/iie de.nnalolof/it/iie, t. 1, p · texte numérisé non relu

Brocq, Prati(/iie de.nnalolof/it/iie, t. 1, p

2. Etude des lésions intlaiiiniaLoires de la peau non comprises les altérations des annexes de l'épiderine et des nerfs de la peau.

INTRODUCTION

niorpliulogiiiiie correspond à un stade de l’évolution de cette cellule.

En eltct, eoinme le ditSabouraud (1), « toute lésion patliolo- (( gique parasitaire est un mélange d’ollense et de défense, « d’action et de réaction, toute lésion microbienne en un mot, « n’est qu’un tableau de bataille. C’est Ui ce qu’il faut compren- « dre et ne jamais oublier, car cette notion est le fondement « même de l’iiistologie pathologique. Et quand on a méconnu « cette notion, l’histologie pathologique devient à la fois fasti- (( dieuse et inutile, parce que tout en elle demeure inintelligible. « Dans riiistologie cutanée celui qui n’a pas acquis cette notion « première ne peut comprendre aucune lésion parasitaire ».

Puisque l'étude des lésions inflammatoires de la peau se ramène à l’analyse d'actions offensives et de réactions défensives, après avoir indiqué notre technique (Chapitre I), nous envisagerons d’abord comment la peau résiste normalement aux agents extérieurs (Chapitre II) et par suite de quel dispositif anatomique (Chapitre III).

Nous aborderons ensuite l’exposé des modifications cellulaires provoquées par les agents pathogènes, au cours des états inflammatoires (Chapitre IV) et nous étudierons la cytologie normale et pathologique des cellules de l’épiderme (Chapitre V) et des éléments des couches conjonctivo-vasculaires de la peau (Chapitre VI). Les formes cellulaires, que l’on rencontre dans les états inflammatoires, sont identiques aux formes cellulaires nor • males ; les autres en dérivent par suite de modifications et de transformations diverses. L’étude de cytologie pathologique sera donc précédée de la description des formes cellulaires normales. Les aspects morphologiques correspondent à des modalités fonctionnelles. Lien que ceux-là soient mieux connus que celles-ci, nous indiquerons leur correspondance, toutes les fois que cela nous sera possible.

Des deux termes du processus inflammatoire : action ofl'en-

I. Saboiiraud, La défense delà peau contre les microdes. Amaden de l)crnialola;iie, 3" série, t.

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siv'e et réaction défensive, nous n’éludions que le second. En effet, comme le dit Sabouraud (1), « à des causes nocives infini- « ment variées l’organisme ne peut répondre que par un noni- « bre très restreint de modifications réactionnelles ». Ees modifications inflammatoires sont ainsi limitées à un petit nombre de modalités réactionnelles ou dégénératives, fondamentalement les mêmes qu’elles soient provoquées par un agent ebimique, |>bysique ou biologique. On peut les étudier en elles-mêmes en faisant abstraction de l'affection causale.

La réaction ou la dégénérescence d’une cellule dépend moins do la nature de l’irritation qui l’atteint que de l’intensité forte ou faible avec laquelle celle-ci exerce son action soudaine ou progressive, prolongée ou instantanée, perturbatrice ou excitatrice. Ainsi toute cellule de même ordre soumise à une irritation de même intensité et de même durée présentera des caractères morphologiques analogues quelle que soit la nature de cette irritation. Un corps étranger incite, un bacille de Koch, un staphylocoque ou uu spirochète, par exemple, irritant une cellule conjonctive incliflérenciée, peuvent également déterminer la formation d’une cellule géante. Les divers irritants provoquent néanmoins des réactions cellulaires difïércntes, car l’intensité de l’irritation ne dépend pas seulement de l’agent causal dont elle émane, elle dépend encore de la sensibilité propre de la cellule atteinte. Or les diverses cellules ne sont pas également sensibles aux diverses irritations. La cellule conjonctive est extrêmement sensible au poison tuberculeux, la cellule épidermique l’est à peine. Inversement la cause inconnue du molluscum contagiosum irrite exclusivement la cellule épidermique.

La modalité de l’inflammation cutanée dépend encore du mode de pénétration, de la distribution et du rayon d’action des agents pathogènes.

Distribution topographique d’une part, état quantitalif et qualitatif d’autre part des modifications cellulaires, voilà ce qui fait l’infinie variété des tableaux histologiques, malgré le petit nombre des lésions élémentaires qui les constituent.

I. Sabouraud, La défense de la peau contre les microbes, loc. cit.

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Ces luodilications cytologiijues élémeiitiiii'es, banales en apparence, communes aux inflammations les plus diverses sont les symptômes de l’histologie pathologique. Ils forment par leur réunion de véritables syndrômes.

De ces symptômes et de ces syndrômes résultent les tableaux histologiques des diverses atfeclions cutanées. La description de ces tableaux histologiques, c'est-fi-dire l'histologie spéciale des inflammations cutanées et leur diagnostic diflerentiel nécessiterait plusieurs volumes ; nous ne pouvons en donner ici qu'un très rapide aperçu (Chapitre Vil). Nous ne reculons pas devant l’étendue du labeur à accomplir ot nous espérons, comme l’indique le sous-titre de ce travail, qu’il sera une Introduction à l’histologie des maladies de la peau.

Nous avons donc essentiellement limité notre lâche à une étude de cytologie générale des inflammations cutanées. De notre travail ainsi conçu, nous avons éliminé ce qui a trait à la cytologie normale et pathologique des annexes de l’épiderme (glandes sébacées et sudoripares, pbanères cornées) et des formations nerveuses. Les modifications inflammatoires de ces dernières nécessiteraient d’ailleurs à elles seules un travail spécial.

Peut-être pourrait-on reprocher è ce travail que le hut auquel il tend — contribuer au diagnostic des affections cutanées par l’examen histologique — suppose légitime la pratique des biopsies. Nous ne saurions mieux faire que citer l’opinion que professe à son sujet un maître tel que Darier (1) :

« La plupart du temps, les inconvénients légers qu’elle pré- « sente et qu'il serait puéril de nier, sont amplement rachetés « par la valeur probante des renseignements qu’elle fournit ; « bien plus, il y a des cas, véritablement nombreux en pralicpie, « où la biopsie s'impose comme vn devoir du médecin vis-à-vis « de son malade.

I. Darier, Pratirpie dcrmatnlofjique. .Articte biopsie, t. I. p. 472.

INTRODUCTION

«... MaLs le véritable obstacle à la généralisation de la biopsie « réside e.xchisivcment dans le temps et compétence histologi- « que qu’elle exige de la part de celui qui s’en charge...

«... En tous cas le médecin insuffisamment outillé ou trop « occupé pour faire lui-mème l’examen histologique jugé néces- « saire peut toujours pratiquer la biopsie et adresser la pièce à « un histologiste ».

Ce travail a été fait entièrement dans le laboratoire de notre maître M. le Docteur Sabouraud. Nous profitons avec joie de l’occasion qui nous est fournie de lui adresser l’expression de notre vive reconnaissance. C’est à sa libéralité que nous devons d’avoir pu travailler, déjà depuis plusieurs années dans son laboratoire, et d’avoir pu examiner ses nombreuses préparations microscopiques concernant la dermatologie.

Non moins vif est le sentiment de reconnaissance que nous éprouvons à l’égard de notre maître M. le Docteur Dominici. Nous lui devons notre éducation histologique. Il nous a initié à ses hautes conceptions d’histologie générale ; et c’est en employant ses techniques si précises que nous avons pu mener à bien notre travail.

Nous sommes heureux d’adresser tous nos remerciements aux médecins, aux chirurgiens et aux internes de l’hôpital Saint- Louis, auxquels nous sommes redevables de tout notre matériel de travail, biopsies et pièces opératoires. La plupart de nos biopsies ont été pratiquées dans le service de M. le Docteur de Beurmann et nous lui sommes particulièrement reconnaissant de nous avoir si largement ouvert son service.

Notre excellent compagnon d'études, M. le Docteur Edouard Oppert,avec son habituel dévouement, a mis à notre disposition sa connaissance étendue des langues étrangères et a assumé la tâche fastidieuse des traductions. Il sait trop mes sentiments à son égard pour que j’insiste davantage dans rexjiression de ma gratitude. Celle-ci s’adresse aussi, particulièrement émue, à mon bon camarade, M. le Docteur Léon Tixier dont j’ai mis si souvent à contribution l’obligeante amitié.

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Nous devons à la complaisance inépuisable de notre excellent ami M. le Docteur François Moutier de nombreuses indications bibliographiques et nous sommes heureux de lui adresser nos remerciements les plus sincères.

Nos planches sont dues au remarquable talent de notre dessinateur et ami M. Dessin. Nous serions suspect de partialité si nous lui décernions tous les éloges qu’il mérite. Nous nous contenterons de lui adresser tous nos remercirncnts pourFobligeance et le soin qu’il a apportés dans l’exécution du travail que nous lui avions confié.

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