I. Düininici. Pulgnucléaires et Macroiilia(jes,\>. t.l
kili'vokiiicsc. Les kai'yokinèscs donnent naissance a des cellules filles plus petites qui, ou bien grandissent et deviennent semblables à la cellule mère, ou bien contractent leur noyau et deviennent des lymphocytes qui pourront émiger et évoluer des manières les plus diverses.
La signilicalion de ces cellules est donc bien nette. Ce sont des organes producteurs de cellules indifférenciées capables de s’adapter au.v incitations fonctionnelles auxquelles elles seront soumises.
Normalement elles sont cantonnées dans les ganglions lymphatiques et dans la rate qui sont les organes formateurs des cellules lymphatiques indifférenciées. De là les mononucléaires sont répandus par le torrent circulatoire dans tous les points de l’économie. Dans les états inflammatoires, les centres de ravitaillement en jeunes unités de combat se trouvent soit insuffisants, soit trop éloignés du champ de bataille et il faut, de toute nécessité, que ces unités puissent se constituer là même où elles doivent entrer en action.
.Vussi ce ne sont pas seulement quelques cellules germinatives qui apparaissent, mais de véritables centres lymphopoïétiques qui se constituent. Mon maître M. Dominici en avait eu la conception théorique, .le me suis mis à chercher à vérifier son hypothèse et j’ai été assez heureux pour lui en fournir la démonstration. .le puis affirmer maintenant qu’au cours des inflammations chroniques de la peau, il se produit et même assez fréquemment (l) des néoformations cellulaires (pii s’organisent à la manière des follicules des ganglions lymphatiques.
Uappelons la structure de ceux-ci. Le follicule lymphatique, d'après Dominici, présente à considérer une partie centrale formée de macrophages et de cellules germinatives dont rensemhlc SC colore faiblement et a reçu par suite le nom de centre clair, cl d une partie périphérique concentrique à la première, formée d’un tissu réticulé bourré de lymphocytes.
Le centre clair, ou mieux, centre germinatif, est constitué,
1. .l’ai rencontré ces nodules lymphoïdes à centre germinatil au
disons-nous, de maci'oiihages et de cellules germinatives de Fleuiniing. Voici comment s’ordonnent ces cléments, un syncytium à larges anastomoses constitue eu quelcjue sorte le squelette de cette formation. Ce syncytium ou plasmode fonôlré est formé par un protoplasme transparent (hyaloplasine) semé de noyaux allongés ou lobés, pauvres en chromatine. Il est nourri par des capillaires sanguins, à parois embryonnaires qui se terminent en se fusionnant avec le syncytium ccntrofollicnlaire. Ce syncytium reste à l’état de repos ou entre partiellement en activité phagocytaire. Dans les mailles du syncytium se trouvent deux sortes d’éléments ; des macrophages et des cellules germinatives de Flemming. Nous disons des macrophages, car ces cellules sont remplies de débris cellulaires constituant les « tingible Korper w des auteurs allemands. Ce sont des cellules conjonctives libres, de conformation arrondie et ayant les dimensions et tous les caractères des grands mononucléaires du sang et de la lymphe ; mais ils se présentent ici en pleine activité phagocytaire et non au stade de repos.
Les cellules germinatives de Flemming sont les éléments à grand noyau clair et à protoplasme péu développé, orthobasophile que nous venons de décrire. On les y observe en multiplication active et à toutes les phases de la karyokinèse.
Dans cet espace centrofolliculaire les fonctions de macrophagie et de reproduction sont les seules manifestées ; il n’y a élabora-
cours de la tuberculose, de la syphilis tertiaire et de la réaction inllammatoire déterminée dans un cas par un cysticerque et dans d’autres par des cancers épithéliaux. Ils peuvent donc apparaître dans un grand nombre d'innammations chroniques. C’est d’ailleurs dans les inllammalions chroniques et non dans les inflammations aiguës que de tels nodules lymphoïdes peuvent apparaître. Il leur faut en effet un certain temps pour se constituer.
Les exemples que nous venons de donner concernent la peau, mais il s’agit là d’un processus général et nous avons rencontré des nodules lymphoïdes complets, à centre germinatif, dans la jieritonile chionique périappendiculaire et périsalpingienne, la jiaroi d une vieille cholcc\stitc calculeuse, l’épithélioma du sein, etc...
loi
lion ni de faisceaux collagènes, ni de fibres élastiques. Le centre germinatif ainsi constitué est entouré d une gaine lymphoïde disposée en assises concentriques. La charpente de cette gaine lymphoïde est formée de tissu conjonctif réticulé dont les mailles s’ordonnent suivant des cercles concentriques au centre foL liculaire. Les mailles sont occupées par des lymphocytes typiques.
Les nodules lymphoïdes de néoformation que 1 on observe au niveau de la peau chroniquement enflammée, sont en tous points comparahles au follicule élémentaire du ganglion lymphatique dont nous venons de rappeler la structure. Ils en ont le centre germinatif formé dhin syncytium hyaloplasmique dont les mailles sont occupées par de grandes cellules conjonctives, de conformation arrondie, en activité macrophagique et remplies de tingihle korper, et par des cellules germinatives de Memming dont beaucoup présentent des formes de kanyokinèse. Ils en ont la périphérie formés d'un stroma conjonctif réticulé logeant des lymphocytes et disposée en cercles concentriques au centre germinatif.
Cette description du follicule lymphatique est un peu schématique. En réalité ce n’est là que Tun des types qu’il peut alfectcr. Dominici admet plusieurs variétés de follicules lymphatiques et de. centres germinatifs. Nous ne voulons pas empiéter sur le travail de notre maître, nous signalerons simplement que nous avons constaté avec lui, que les follicules lymphoïdes apparus au cours des inflammations chroniques sont susceptibles d’ofirir toutes les variétés de type qu’il a distingués dans les organes lymphoïdes.
La seule difiërence qui existe entre le follicule lymphatique cutané de néoformation et les follicules des ganglions lymphatiques réside en ce qu’il n’est entouré ni d’un sinus lymjihatique périfolliculaire, ni d’une capsule d’enveloppe. Le tissu réticulé de la zône lymphoïde se continue insensiblement avec les tissus voisins. U est donc très comparable aux follicules clos de l'intestin. Comme ces derniers il peut être soit isolé, c’est-à-dire réduit à un centre germinatif entouré d’une gaine lymphoïde ; soit
agmiiié c’est-à-dire composé de plusieurs centres germinatifs disposés dans une nappe lymphoïde commune.
Un exemple remarquable de ce fait nous est fourni par une de nos préparations qui concerne un ganglion tuberculeux du cou adhérent au tégument de la région cervicale. Le tissu inflammatoire, qui entoure ce ganglion et intéresse la peau, est rempli de nodules lymphoïdes les uns pourvus d’un centre clair, les aulics dépourvus de centre germinatif apparent, les uns isolés, les autres agminés et qui ne diffèrent des follicules et des masses folliculaires du ganglion proprement dit qu’en ce qu’ils ne sont pas entourés d’un sinus lymphatique ni d’une capsule d’enveloppe et qu’ils se continuent insensiblement avec le tissu conjonctif voisin,
Bien que cette disposition en follicules clos typiques des néoformations lymphoïdes soit relativement assez fréquente, elle l’est cependant beaucoup moins que les amas lymphoïdes diffus uniquement constitués par une accumulation de lymphocytes dans un tissu conjonctif plus ou moins nettement remanié suivant le type réticulé.
Tous les intermédiaires existent d’ailleurs entre les nodules lymphoïdes à centre germinatif clair et volumineux et ceux qui en paraissent ou en sont dépourvus. Nous avons vu un centre germinatif réduit à deux cellules germinatives (1). Tous les intermédiaires existent de même entre les nodules lymphoïdes ordonnés en assises concentriques superposées et les nappes lymphoïdes diffuses.
Il V a toutefois une dillérence fondamentale à établir entre les amas lymphoïdes diffus, constitués par une accumulation de lymphocytes dans les mailles d’un tissu conjonctif plus ou moins remanié elles follicules clos proprement dits à centre germinatif
I . Il faut éviter de prendre pour un follicule clos de néoforination un vaisseau olditéréet entouré d'une gaine lymphoïde nécessairement concentrique à ccIui-ci. Il n’est pas impossible d’ailleurs que l’endothélium fusionné en plasmode diffus ne puisse donner par métamorphoses un centre germinatif complétai! manchon lymphoïde périvasculaire.
et à tissu lymphoïde vrai formé de lymphocytes emprisonnés dans les mailles d’un tissu conjonctif de type réticulé. Les premiers représentent de simples réserves cellulaires, importées des organes lymphopoïétiques et emmagasinées au niveau de la peau ; les seconds sont de véritables foyers de production d’éléments lymphatiques ; ce sont des organes lymphopoïétiques proprement dits, annexés au territoire cutané enflammé.
g) Myélocytes granuleux. — Les myélocytes granuleux sont les éléments producteurs des polynucléaires granuleux de la série myélogène, de même que les cellules germinatives de Flemming sont les éléments producteurs des mononucléaires de la série lymphogène.
Nous venons de voir que, au cours des inflammations cutanées, les cellules germinatives de Flemming pouvaient non seulement apparaître çà et là, mais encore s'agencer en groupements analogues à ceux qui représentent leur disposition normale dans les organes lymphopoïétiques.
L’apparition de myélocytes granuleux dans la peau enflammée est une éventualité exceptionnelle sans doute en raison de ce fait que, lorsque l’apport par les voies sanguines de leucocytes granuleux devient insuffisant, ceux-ci peuvent se former localement par transformation des lymphocytes. Cette métamorphose directe du lymphocyte en polynucléaire granuleux représente même une évolution particulièrement rapide et abrégée. L’apparition de myélocytes granuleux n'est donc pas à beaucoup près, pour la défense de l’organisme, d’une utilité aussi grande que la dillérenciation de cellules germinatives de Flemming.
Elle existe cependant quelquefois (1). Dans une dermatose
1. L’apparition de myélocytes dans des organes qui sont normalement dépourvus même de cellules germinatives de flemming montre combien la réaction myéloïde de Dominici est un fait d’ordre général.
Aussi pouvons-nous rapprocher de la réaction myéloïde de la peau une transformation myéloïde du rein que nous avons obtenue, tout récemment en collaboration avec M. Monier-Vinard, par 1 inoculation, chez le lapin, du sporotrichum par voie rénale. Le rein sporotrichosique du lapin, mort à la suite de cette expérience, montrait un grand nom- Hubens Duval J3
exotique — voisine ou identique l'i la framboesia — et dont les coupes nous ont été obligeamment communiquées par notre maître M. Dominici, on trouvait disséminés çà et là des myélocytes éosinophiles. Ils se présentaient avec leurs caractères typiques : grand noyau clair et vésiculeux occupant presque tout le corps cellulaire, protoplasme peu développé, formant une mince sertissure au noyau et masqué en grande partie parles granulations acidophiles et cjui s y étaient formées. (Juelques-uns de ces myélocytes étaient en karyokinèse.
Dans un cas de pempbigus foliacé Brousse et Bruc (1) ont constaté dans la peau la formation de myélocytes neutrophiles et éosinophiles (2).
h) Productions osseuses et cartilagineuses. — Parmi les modifications cellulaires provoquées parles états inflammatoires on a signalé des productions osseuses et cartilagineuses, notamment au niveau du foie, de la plèvre et du poumon. Nous mêmes nous avons observé avec M. Menctrier une production osseuse au niveau d’un rein atteint de néphrite chronique.
Les facultés évolutives des cellules conjonctives sont extrêmement étendues et la transformation en cellules cartilagineuses ou osseuses fait partie de leurs adaptations éventuelles. Leur <
bre de foyers de réaction myéloïde. Les myélocytes se trouvaient par amas de 30 et plus. C’étaient des myélocytes orlhobasophiles et surtout ampbophiles. Les conditions expérimentales démontrent dans ce cas que l’apparition des myélocytes était liée à l'irritation inflammatoire.
1. Brousse et Bruc. Un cas de pempbigus foliacé primitif. Annales de dermatologie cl de syphiligraphie, 1903, p. 833.
2. Grâce à l’amabilité de notre collègue Lian nous avons pu examiner des coupes, concernant des nodules cutanés apparus au cours d'une leucémie myélogène. Dans ces nodules, dus sans doute à des hémorragies interstitielles, des myélocytes de fous les types et des hématies nucléées s’étaient répandus dans le derme et l'hypoderme et s'y multipliaient par karyokinèse de sorte que la peau était transformée à ce niveau en un véritable tissu myéloïde. La transformation myéloïde résultait dans ce cas d’un double processus : apport de myélocytes et d’hématies nucléées par les voiis ciieulatoires et multiplication de ces éléments dans les inteslices du tissu conjonctif.
métamorphose en l'un ou l’autre de ces types représente donc une éventualité possible, mais, il n’en a pas encore été signalé, à notre connaissance, d’exemple au niveau de la peau.
o) Dystrophies. — Les cellules conjonctives indifférenciées peuvent être altérées plus ou moins gravement dans leur nutrition, au cours de leur lutte contre les agents pathogènes. Elles présentent alors des modifications morphologiques et structurales corrélatives de leur altérations.
Lorsque, malgré sa souffrance, la cellule continue de vivre tout en restant vicieusement conformée, on peut dire qu’il s’agit d’une dystrophie et réserver le terme de dégénérescence au cas où l’altération subie entraîne la mort de l’élément à plus ou moins brève échéance. En réalité les dystrophies ne représentent que le premier degré des dégénérescences qui elles-mêmes conduisent à la nécrose et à la mort de la cellule. Cette terminaison n’est cependant point fatale et il est possible que des cellules dystrophiques ou dégénérées, c'est-à-dire malades, puissent guérir et recouvrer des caractères normaux (1).
La distinction des dystrophies et des dégénérescences est donc un peu arbitraire et nous ne l’utilisons que pour la commodité de l’exposition.
Parmi les dystrophies nous classerons les cellules épithélioïdes, les cellules géantes et certaines petites cellules acidophiles qui n’ont pas reçu de nom particulier.
Les dégénérescences sont : la dégénérescence acidophile (de Dominici), la dégénérescence albuminoïde, la dégénérescence granuleuse trouble, la dégénérescence graisseuse, la dégénérescence vitreuse, la dégénérescence colloïde. Nous dirons quelques mots de l’infiltration calcaire qui se fait, parfois, dans certains foyers de dégénérescence.
f. Dominici et Barcal ont montré au dernier Congrès de médecine (Paris, octobre 1907) qu’en soumettant à l’action du radium des tuberculoses cutanées, on taisait perdre aux cellules frappées par les poisons tulierculeux leurs caractères dystrophiques et que celles-ci après s’étre translormées en cellules conjonctives embryonnaires évoluaient ensuite en fibroblastes.
a) Cellules épithélioïdes. — Les cellules épithélioïdes des auteurs classiques ne ressemblent guère à des cellules épithéliales. Le terme doit être néanmoins conservé car tous les histologistes s’entendent sur sa signification.
On comprend sous ce nom une modification des cellules conjonctives, qui s’observe toujours dans les tuberculoses franches. Aussi peut-on prendre le lupus tuberculeux comme objet d’étude.
Les cellules épithélioïdes sont des cellules conjonctives de la taille d’un moyen mononucléaire ou d’un clasmatocyte, généralement allongées. Elles sont fusiformes, polyédriques ou irrégulièrement découpées. Leurs bords manquent souvent de netteté ét sont plus ou moins confondus avec ceux des cellules épitbé- . lioïdes voisines avec lesquelles elles s’anastomosent par des travées protoplasmiques irrégulièrement épaissies et présentant elles mêmes un aspect assez flou.
Le protoplasme est abondant, hypertrophié. La perturbation qu’il a subie s’accuse, en ce qu’au lieu de présenter la structure finement réticulée des spongioplasmes, il est devenu homogène et vaguement grenu, mais, surtout, il ne présente plus trace (en règle générale) de la substance basophile qui imprègne au moins partiellement toute cellule conjonctive saine en activité. Aussi ce protoplasme homogène, trouble, grumeleux, entièrement acidophile se teinte-t-il e.vclusivement de rouge après coloration par l’éosine orange et le bleu de toluidine.
Le noyau (ou (juclquefois les noyaux) participent aussi du double processus d'hypertrophie et de dystrophie. Corrélativement à 1 hypertrophie du protoplasme ils se sont découpés en lobes allongés ; mais en raison de la souffrance générale de la cellule, leur chromatine ne s’est pas renforcée. Lien plus, elle s’est plutôt appauvrie. Aussi, ces noyaux sont-ils, en règle générale, extrêmement pèles et d’aspect vésiculeux. En raison du peu d’abondance de la chromatine les nucléoles sont habituellement bien visibles quoiqu’ils demeurent petits.
L’hypertrophie du protoplasme et la lobulation du noyau témoignent d’un commencement de réaction active de l’élé-
ment. L’hoinogéinisation du protoplasme, son état grenu, son acidophilie e.Kclusive, la pauvreté du noyau en chromatine, contrastant avec sa lobulation, décèlent un trouble de la nutrition de l’élément. Les cellules épithélioïdes doivent donc être considérées comme des cellules arrêtées au cours d une réaction qu’elles n’ont eu que le temps d’ébaucher.
La réaction et la dystrophie sont sans doute les effets d’une même cause. En ce qui concerne la tuberculose il est démontré qu’elles sont liées à l'irritation provoquée par les divers poisons tuberculeux. Mais les cellules épithélioïdes ne se voient pas seulement dans la tuberculose ; on les rencontre encore dans une foule d’aflections (syphilis, acné, sporotrichose, etc.), et là encore elles paraissent être sous la dépendance d’actions exercées par des toxines.
Anastomosées entre elles, les cellules épithélioïdes forment des amas plus ou moins volumineux qui constituent des ébauches de tubercules ou se disposent en couronne autour du groupe de cellules géantes qui forme fréquemment le centre des tubercules.
L’origine de ces cellules a donné lieu à de nombreuses controverses. D’après certains auteurs, elles dériveraient des cellules lymphatiques ; d’après d’autres, elles proviendraient des cellules conjonctives. Dans un travail récent, fait en collaboration avec M. Dominici, nous avons montré que cette discussion ne reposait que sur un malentendu et qu’en réalité toutes les cellules dugroupe lympho-conjonctif, sont susceptibles de revêtir cette forme de souffrance (1 ).
Parmi les élémenfs qui se transforment en cellules épithélioïdes, se trouvent des fîbroblastes. Ceux-ci réagissent d’abord, hypertrophient leur protoplasme, régressent et, par suite, résorbent le collagène qu’ils avaient élaboré. Simultanément frappé de dystrophie leur protoplasme devient homogène et acidophilc.
f. n. Dominici et H. Rubens Duval. Histogénèse du tubercule et réactions delà rate du cobaye tuberculeux. Archiües de Médecine expérimentale et d'anatomie pathologique, loc. cit,
Cette tpaiisformatioii des fil)i’oblastes eu cellules épithélioïdes s’accompagne donc de leur régression et de la résorption du collagène. Ceci e.vplicfue que le collagène a toujours plus ou moins complètement disparu au niveau des cellules épithélioïdes.
Les cellules épithélioïdes sont des cellules hypertrophiées et anastomosées entre elles. En s’hypertrophiant davantage et en multipliant leurs noyaux, elles se transforment en cellules géantes ; si plusieurs cellules anastomosées fusionnent plus largement entre elles, elles parviennent encore à cette transformation.
b) Cellules géantes. — Les cellules géantes sont des malformations cellulaires très voisines des cellules épithélioïdes et si fréquentes, elles aussi, dans la tuberculose, que l’on en a fait, à un moment donné, la caractéristique de cette affection. Puis ayant constaté que de simples corps étrangers (poudre de vermillon, de charbon, de lycopode) pouvaient provoquer la formation de cellules géantes on s’est attaché t\ distinguer les cellules des corps étrangers, des cellules de la tuberculose.
En réalité, il s’agit du même type cellulaire mais avec quelques variantes.
Choisissant de préférence nos exemples parmi les inflammations cutanées humaines, au lieu de décrire les cellules géantes que l’on obtient expérimentalement, en introduisant dans le tissu hypodermique des animaux des poudres inertes, nous prendrons comme type de cellules géantes des corps étrangers, les cellules géantes de la blastoinycose qui présentent avec celles-ci de grandes analogies (1).
I. Il faut remarquer que les corps étrangers inertes, stériles et dépourvus de toxine ne réalisent qu’une irritation toute mécanique; dans la blastomycose, les levures pathogènes agissent à la fois, mécaniquement par leur volume et chimiquement par leurs to.xines. Leur action est donc plus comple.xe. Nous prenons néanmoins cet exemple car tout en nous fournissant des types cellulaires identiques à ceu.x que l’on provoque expérimentalement sur l’animal par 1 inoculation de poudres inertes (Buschke) il a l’avantage d être emprunté à la pathologie cutanée humaine.
Les cellules géantes de la tuberculose représentent un état plus accentué de la uiéiTie modification cellulaire. Des cellules géantes et des cellules épithélioïdes de la tuberculose nous rapprocherons les cellules, géantes ou non, de la lèpre qui constituent un type assez voisin. Les cellules épithélioïdes et les cellules géantes se rencontrent encore dans un nombre considérable d’affections; nous nous bornerons à ces exemples.
Dans la blastomycose (1) nous trouvons deux types de cellules géantes, les unes contiennent des levures pathogènes, les autres n’en contiennent pas. Les premières sont essentiellement des phagocytes qui réagissent à l’irritation causée par la présence des éléments pathogènes et qui tendent à les englober et à les détruire, les autres sont plus spécialement des modifications cellulaires provoquées à distance parles toxines solubles.
Les cellules géantes qui contiennent des parasites sont de volumineuses masses protoplasmiques de conformation générale arrondie ou ovalaire, munies d’un grand nombre de noyaux ; ce sont donc des plasmodes. Le protoplasme de certains de ces plasmodes est un spongioplasme chromophile à travées relativement épaisses et à vacuoles nombreuses et de dimensions variées. Les plus petites de ces vacuoles sont vides, les plus grandes contiennent une ou plusieurs levures. Les noyaux ont tendance à se ranger en bordure à la phériphérie de la masse plasmodiale, mais souvent ils sont disséminés çà et là, dans les intervalles des grandes vacuoles bourrées de parasites.
Le spongioplasme chromophile est surtout acidophile, mais il possède cependant une quantité fort appréciable de substance basophile. Les noyaux sont allongés, parfois lobés ou échancrés, leur chromatine est abondante et disposée en un riche réseau. A tous ces caractères, on reconnaît un élément en pleine activité macrophagique et n’ayant subi encore aucune dystrophie.
Parmi les vacuoles qui englobent des parasites, les unes
I. Lf. H. Rubens Diival et L. Laedericli. Note sur les lésions histologiques (le la blastomycose humaine. 36® Session de l’Association française pour l’avancement des Sciences. Reims, 2 août 1907.
CYTOLOGIK DES INFLAMMATIONS CUTANI^ES
sont juste de la dimension des levures qui ont été captées. Elles les enserrent étroitement et les digèrent, ce que l’on reconnaît aux altérations que présentent les levures. La réaction cellulaire est efficace. Les autres sont énormément distendues par une grande quantité de liquide où flottent des levures en prolifération active par bourgeonnement ; ici le plasmode est impuissant à détruire les parasites qu’il a saisis ; il secrète en vain une quantité considérable de sucs digestifs. Les blastomycètes continuent de se multiplier, déforment de plus en plus le plasmode dont ils déchirent la substance et rompent les vacuoles pour s’échapper au dehors. Le corps protoplasmique dilacéré est plus ou moins détruit par cette distension mécanique.
Mais ces altérations mécaniques ne sont pas les seules. D’autres plasmodes accusent des signes manifestes de dystrophie, due sans doute à l’intoxication cellulaire déterminée par les produits solubles des levures. Considérons en effet un des grands plasmodes arrondis à noyaux disposés à, la périphérie de l’élément. Toute la zone périphérique occupée par les noyaux présente son spongioplasme chromophile réticulé et vacuolaire pourvu d’une notable quantité de substance basophile, mais le centre du plasmode est devenu homogène et grenu, la substance basophile en a disparu ou n’est plus représentée après coloration par éosine bleu que par un faible pointillé bleuâtre. En règle générale, dans la blastomycose, le centre seul de l’élément est frappé de dystrophie légère; tout l’élément peut cependant être atteint fortement ; il ne forme plus alors qu’une masse acidophile, homogène et grenue où les noyaux pâlissent, s’atrophient, ou bien au contraire, se contractent et se transforment en un amas compact de chromatine, c’est la pyenose.
Les cellules géantes que l’on observe à la périphérie de la lésion blastomycétique et qui ne renferment pas de levures proviennent de plasmodes qui deviennent globuleux, les noyaux assez pâles et pauvres en chromatine se rangent à la périphérie de l’élément. Le protoplasme est homogène. Au centre de l’élément il est grenu, presque uniquement acidophile A la périphérie, il conserve encore une certaine quantité de substance baso-
phile. En raison de leur absence de rapports immédiats avec les levures pathogènes il est évident que ees cellules géantes doivent leur dystrophie i\ l’intoxication exercée à distance par les poisons solubles (1).
Ainsi donc, la hlastomycose humaine nous fait assister à la réviviscence de vastes plasmodes qui d’abord accomplissent leurs fonctions macrophagiques et qui, ensuite, lésés à leur tour par les actions pathogènes, se laissent déchirer mécaniquement ou s’altèrent, plus ou moins atteints de dystrophie.
Ce n’est pas seulement la réviviscence des plasmodes indifférenciés que l’on constate mais le retour à l’état plasmodial de tous les éléments conjonctifs. Les fibroblastes résorbent le collagène et les fibres élastiques dont on trouve les débris inclus dans les plasmodes de néoformation ; les cellules fixes anastomotiques fusionnent plus étroitement. Aux syncytiums et aux plasmodes ainsi formés parles éléments fixes de la peau s'incorporent les mononucléaires apportés par les vaisseaux et qui se transforment à leur tour en cellules et en plasmodes vacuolaires.
b) Dans la tuberculose l’origine des cellules géantes procède du même retour des éléments conjonctifs à l'état plasmodial, mais ici la dystrophie est beaucoup plus marquée et par son intensité singularise le plasmode tuberculeux. C’est une énorme niasse protoplasmique globuleuse ; le protoplasme en est entièrement homogène et grenu, acidophile, 11 persiste cependant parfois à la périphérie de la cellule géante une petite zône étroite où la substance basophile n’a pas encore complètement disparu.
Plus exceptionnellement quelques traînées basophiles existent dans l’épaisseur de la masse plasmodiale. Les noyaux sont toujours situés dans les parties qui possèdent encore un peu de substance basophile, sans doute parce que les noyaux contribuent à l’élaboration de cette substance ; aussi se rencontrent-ils sur-
t. Dans un travail encore inédit, fait en collaboration avec Laederich, nous avons du reste pu extraire des toxines solubles des cultures' de blas’ tomycètes.
tout à la périphérie. Tant qu’il persiste un peu de substance basophile, c’est-ti-dire, tant que la dystrophie n’est pas devenue extrême, les noyaux arrondis ou allongés, étirés et lobés possèdent un réticulum chromatinien assez riche, mais dès que la substance basophile fait défaut, tes noyaux polissent, leur chromatine s’appauvrit et leur réticulum n’est plus formé que de quelques travées grêles (1).
En bordure aussi, tant qu’il reste un peu de chroinoplasme basophile une faible activité maci’opbagique peut se manifester et l’on voit çà et là un polynucléaire ou un mononucléaire englobé dans une vacuole et présentant des altérations atlribuables à la phagocytose-. Quelquefois aussi on rencontre des \acu0le5 vides de dimensions variables dans les cellules géantes. Exceptionnelles sur la plupart des coupes de tuberculose, ces cellules géantes vacuolaires se rencontrent au contraire assez fréquemment sur d’autres pièces de tuberculose cutanée humaine. Nous ignorons la signification de cette particularité.
La plupart des auteurs admettent que les noyaux des cellules géantes se multiplient par division. C’est sans doute en efi'et le mode de multiplication le plus habituel car les karyokinèses sont si rares que,- sur un grand nombre de pièces de tuberculose, je n’ai rencontré qu’une seule fois un noyau en division mitotique dans une cellule géante et encore s’agissait-il d’une cellule qui avait exceptionnellement conservé une notable quantité de chromoplasme basophile (2).
Les cellules géantes sont toujours plus ou moins en continuité
1. Lorsque la dégénérescence s’accentue le protoplasme et les noyaux se résolvent en une substance amorphe, c’est la caséïfication.
2. On sait que la lobulation du noyau est souvent exercée par le centrosome. Itouin a montré que celui-ci entouré de la sphère presse sur le noyau et provoque sa lobulation ( V . Prenant. Traité d’ Hislologie^ 1904, tome I, p. 117). Nous avons remarqué que lorsqu'une cellule prend le type cellule géante, la sphère, généralement plus facile à mettre en évidence dans ce cas, occupe la concavité soit du noyau incurvé qui tend à se diviser soit de l’arc de cercle formé par les noyaux rangés à la périphérie de la cellule géante.
de substance soit entcc elles soit avec les cellules épithélioïdes qui les entourent par riiitermédiaire d’anastomoses de protoplasme également homogène et acidophile.
y) Les cellules que l’on observe dans la lèpre et qui ont reçu de quelques auteurs le nom de cellules lépreuses sont les unes des cellules géanles assez analogues iï celles de la tuberculose pour que nous n’ayons pas h les décrire, les autres beaucoup plus nombreuses sont des cellules munies de un ou plusieurs noyaux, généralement allongées, fusiformes ou irrégulièrement confoimées et qui ressemblent plutôt aux cellules épithélioïdes. Mais elles sont plus volumineuses et plus renflées. Llles se particularisent surtout en ce qu’elles sont creusees de nombreuses vacuoles à contours souvent indécis déterminées par la présence d’innombrables bacilles. La transformation homogène et grenue acidophile atteint tout le corps cellulaire ; la substance basophile se raréfie sans disparaître complètement et reste dilïusément répandue dans le protoplasme qui prend par l’éosine orange et le bleu de toluidine une teinte rouge violacé sale, vineuse, faiblement lavée de bleu. La dystrophie des cellules conjonctives provoquée par la lèpre est donc analogue à celle que réalise la tuberculose mais elle est moins accentuée.
c) Pelilps cellules acidophiles. — Nous désignons sous le nom de petites cellules acidophiles des cellules que l’on rencontre dans un grand nombre de processus inflammatoires chroniques tels que le lichen, les lichénifications, le purigo, etc.
Au cours de ces affections, il se développe, notamment autour des vaisseaux, des nodules inflammatoires qui sont constitués essentiellement par un stroma de tissu conjonctif réticulé dans les mailles duquel se disposent des cellules libres de diverses sortes. Ce sont plus spécialement les cellules conjonctives fixes, du stroma réticulé, qui sont atteintes de cette dystrophie acidophile. Elles se présentent alors comme.de très petites cellules conjonctives dont le protoplasme peu développé est configuré en une mince lamelle à bords nettement découpés. Celte lame proto[)lasmique est homogène, elle se colore uniformément et vivement en rouge par l’éosine. Elle n’a pas l’aspect grenu des pro-
CYTOLOGIE DES INELAM.VI ATIO.NS CUTANÉES
loplasines touchés par le processus tuberculeux, la coloration rouge est uniforme, d’une seule teinte plate. 11 n’y a pas trace d’hyaloplasme ni de chromoplasme basophile, il n’y a pas de structure réticulée ou alvéolaire ; c’est une pellicule homogène teintée de rouge par l’éosine. Le noyau est fort petit, il est contracté et revenu sur lui-même aussi parait-il très dense et prend-il très vivement les colorants nucléaires. Parfois même il ne forme qu’une boule de chromatine compacte, il en est pycnose.
Cet aspect est surtout celui que prennent les cellules fixes (cellules fixes anastomotiques et fibroblastes presqu’entièrement protoplasmiques et n’ayant élaboré qu’un grêle tronçon conjonctif), mais des cellules libres (clasmatocytes, mononucléaires) peuvent aussi le revêtir.
Il nous parait correspondre à une dystrophie qui aurait frappé des cellules conjonctives jeunes peu de temps après leur multiplication et aurait ainsi déterminé l’arrêt de leur croissance.
La dystrophie qui atteint les cellules conformées suivant le type épithélioïde n’entrave pas l’hypertrophie de ces cellules ou ne lésa atteintes que lorsqu’elles étaient déjà hypertrophiées. La dystrophie spéciale que nous envisageons ici porte sur des éléments qui sont petits parce qu’ils viennent de se multiplier et qui demeurent tels parce qu’ils sont arrêtés dans leur croissance et leur développement.
t) Dégénét'escp/ices. — Les dégénérescences, résultent comme les dystrophies, d’un trouble morbide survenu dans la nutrition de la cellule. Elles sont la conséquence d’une perturbation beaucoup plus grave et entraînent le plus souvent la mort de la cellule.
Les types de dégénérescence sont peut-être assez nombreux mais ils le sont sans doute beaucoup moins cpie les qualificatifs que l’on a proposés pour les désigner.
La multiplicité de ces qualificatifs d’une part, 1 imprécision de la détermination de la plupart de ces dégénérescences d’autre part, enfin l’attribution à des dégénérescences d’altérations cadavériques observées sur des pièces d’autopsie ou d artifices de
préparations dues à des techniques insuffisantes rendent ce sujet particuliérement complexe.
Mieux que la morphologie riiistochimie nous renseignerait à l’égard de ces dégénérescences, mais elle est demeurée encore bien rudimentaire. Ce n’est donc pas sans hésitations que nous abordons la description de ces dégénéi-escences.
Chantemesse et Podwissotzki (1) reconnaissent « quatre grou- « pes de dégénérescences : albuminoïde, graisseuse, hydrocar- « bonée, ei pigmentaire. Le nom donné aux trois derniers groupes « est tiré de ce fait, qu'il se forme dans le protoplasraa, paria « décomposition de ralbumine, des molécules de graisse, « d'hydrate de carbone et de pigment. La désignation de dégéné- (( rescence albîoninoïde indique que le protoplasme conserve les « propriétés chimiques essentielles de la matière albumineuse, « indépendamment des modifications qualitatives subies. Ces « modifications ne touchent en effet que les propriétés physiques « des molécules albuminoïdes ; la composition chimique reste la « même, sauf quelques variations peu importantes dans les rap- « ports réciproques des éléments C. IL Az. O. S.
« Les diverses variétés de la dégénérescence albuminoïde « ont reçu des noms fondés sur les apparences physiques du « protoplasma, que ces apparences lui soient propres et spécia- « les ou qu’elles rappellent l’image d’une substance connue. De « là sont venues les appellations : tuméfaction trouble, dégé- « nérescence granuleuse, cireuse, hyaline ou vitrée, amyloïde, « colloïde, muqueuse, vésiculeuse, aqueuse, etc... »
a) Dégénérescences albuminoïdes. — Nous commencerons par l’étude des dégénérescences du groupe albuminoïde. Parmi celles-ci nous décrirons en premier lieu la dégénérescence érythrophile de Dominici qui est de celles dont les caractères morphologiques sont les mieux établis.
Dégénérescence érythrophile'de Dominici. — Le type de cette dégénérescence est celle que présentent, d’une manière vraiment fréquente, les plasmazellen.
1. Chantemesse et Podwissotzki./ho(;m«<s yénùruux. Tome I, p. 121.
CYTOLOGIE DES IN ELAMMATIONS CUTANÉES
Dans le protoplasme basophile de ces éléments apparaissent de petites masses acidophiles qui se teignent vivement de rouge parleosine. Ces petites masses s’arrondissent et s’isolent du reste du protoplasme sous forme de petites boules. A ce moment la plasmazelle distendue par l’apparition de ces boules érythrophiles présente un aspect nuiriforme. Le noyau peu ou pas encore altéré est refoulé tout à fait la périphérie ; le protoplasme basophile découpé et fenêtré ne forme plus (après coloration par éosine bleu) qu’un treillis teinté de bleu qui emprisonne dans ses mailles les sphérules rouges. Bientôt, les boules érythrophiles se multiplient et augmentent de volume, déchirent le corps cellulaire de la plasmazelle et se répandent dans les interstices conjonctifs. Quelquefois les sphérules érythrophiles au lieu de rester isolées se fusionnent entre elles et il en résulte une ou plusieurs boules volumineuses qui encombrent d’abord le protoplasme de la plasmazelle puis sont mises en liberté par suite de la destruction delà cellule. Le reste du protoplasme dilacéré de la plasmazelle ne tarde pas è se dissoudre et à disparaître. 11 en est de même du noyau qui à ce stade est devenu pyenotique.
Les sphérules érythrophiles ainsi mises en liberté ont beaucoup étonné les anatomopathologistes. Comme cette dégénérescence des plasmazellen se voit notamment dans la réaction conjonctive que détei minent les épithéliomas, certains partisans de la théorie parasitaire du cancer en ont fait des parasites. Dans l’histoire de la théorie parasitaire du cancer, ces sphérules érythrophiles reviennent souvent sous le nom de corps de Russel.
Quelle est la nature .exacte de cette dégénérescence? Nous l’ignorons absolument. 11 est probable qu’elle correspond au moins en partie à ce que l’on a décrit comme dégénérescence colloïde.
Ce sont les plasmazellen qui présentent de la manière la plus fréquente et la plus typique cette dégénérescence érytrophile. En étudiant les modifications inflammatoires des cellules épithéliales nous avons vu une dégénérescence érythiophile analogue au niveau de certaines cellules malpighiennos de la[)ustule variolique et de la perle épidermique du molluscum contagiosum.
Parmi les cellules conjonctives nous pouvons signaler encore d’autres aspects de cette dégénérescence érythrophile, mais elle est assez rare.
Chez un lapin, inoculé avec le liquide des vésicules d’une pustule maligne et mort en trois ou quatre jours de charbon généralisé, les fibroblastes, les cellules fixes anastomotiques et la plupart des cellules conjonctives du tissu cellulaire hypodermique œdématié étaient très hypertrophiées. Leur protoplasme formait, après coloration par éosine bleu, un réticulum mal coloré en bleu violacé à larges mailles. Dans ces mailles se trouvaient de très nombreuses petites masses arrondies ou irrégulières nettement teintées de rouge. Il s’agissait là d'une dégénérescence érythrophile particulièrement intense des cellules conjonctives. Les masses n’étaient pas aussi nettement arrondies en sphérules que dans la dégénérescence des plasmazelles que nous avons prise pour type, le reste du protoplasme était assez flou. Celte dégénérescence pourrait donc être aussi considérée comme se raccordant àla dégénérescence granuleuse trouble des classiques.
Dans une affection singulière intéressant les petites lèvres de la vulve d’une femme de 30 ans et qui était sans doute un cas de dermatolysie génitale, nous avons observé une dégénérescence très curieuse des cellules géantes que nous avons fait figurer (planche I, fig. 3 et 4). Dans cette lésion cutanéomuqueuse, un grand nombre de cellules géantes sont disséminées çà et là. Parmi ces cellules géantes certaines présentent l’aspect habituel : masse protoplasmique homogène et grenue devenant acidophile au centre et pourvue de noyaux disséminés ù la périphérie de l’élément, là où persiste eneore une notable quantité de substance basophile. Les autres cellules géantes, sont en outre le siège d'une dégénérescence érytrophile surajoutée. Toute la bordure de l’élément comprise entre la zùnc nucléée et l’extrême bord de la masse protoplasmique accrue d’une manière considérable forme une collerette au reste de la cellule géante. Le protoplasme qui constitue cette collerette se résout en amas qui se teintent intensément de rouge par l'éosine, puis se déchire et les grains érythrophiles essaiment dans les intervalles con-
jonctifs. Cette dégénérescence érythrophile peut être localisée à la périphérie de la cellule géante (fig. 3), ou envahir celle-ci en entier. Cn certains points des mononucléaires pénètrent dans la zône en désintégration et résorbent les produits de dégénérescence (fig. 4).
Cette lésion est intéressante car elle montre qu’une même cellule géante peut présenter en son centre la dystrophie caractérisée par l’état homogène acidophile et grenu du protoplasme et cl sa périphérie la dégénérescence en boules érytrophiles (ou acidopliiles). Cette dernière peut même envahir les portions antérieurement atteintes de dystrophie simple.
La dégénérescence érythrophile est donc bien voisine de la dystrophie du type tuberculeux et n'en représente qu’un stade plus accusé et plus grave. La dystrophie du type tubcrculeu.x n’est d’ailleurs elle aussi qu’une accentuation morbide de l’évolution acidophile qui caractérise le vieillissement des protoplasmes.
Si nous récapitulons toutes ces données nous voyons que d’une manière générale le protoplasme qui veillil perd son affinité basophile pour ne plus conserver que son affinité acidophile. S’il est atteint de dystrophie tout en accentuant son acidophilie il perd sa structure réticulée et devient homogène — soit homogène et grenu comme dans le cas des cellules épithélioïdes de la tuberculose — soit homogène et uniformément compact comme dans le cas des petites cellules érythrophiles des lichens. S’il vient à dégénérer à proprement parler ce protoplasme acidophile se condense soit en sphérules régulières (comme dans la dégénérescence érythrophile des plasmazellen de Dominici) soit en amas plus ou moins irréguliers (comme dans l’œdème nialin expérimental du lapin infecté par la bactéridie charbonneuse, et comme dans les cellules géantes de la dermatolysie génitale) puis les produits de sa désintégration s’échappent de la cellule et se répandent dans les interstices conjonctifs.
Ainsi tous les intermédiaires e.xistent entre la sénilité physiolo-
CYtOLOGlE DES INFLAMMATIONS CUTANÉES
S'ique des protoplasmes, la dystrophie érythrophile et la dégénérescence érythrophile.
Nous serons bref sur les autres variétés de dégénérescences albuminoïdes.
La tuméfaclion trouble s’identifie à la dystrophie érythrophile.
La dégénérescence granuleuse n’est autre que la dégénérescence érythrophile ou lorsqu’elle est peu accusée un état intermédiaire à la dystrophie et à la dégénérescence.
La dégénérescence vitreuse ou hgaline est assez mal caractérisée. D’après ChAnteniesse et Podwissotzki (1) « la dégénéres- « cence vitreuse ou hyaline est une transformation vitale du « protoplasme en une masse plus ou moins homogène sembla- « ble à la substance fondamentale du cartilage hyalin ».
La substance hyaline se teinte faiblement par l’éosine. Cette dégénérescence porterait surtout sur les vaisseaux et les faisceaux conjonctifs.
Il semble qu’elle constitue le premier stade de la dégénérescence amyloïde. Mais à la peau elle ne dépasse pas ce premier stade.
Parfois on appelle aussi dégénérescence hyaline la formation d’un tissu de sclérose très dense et peu colorable. Cette confusion est regrettable.
Sous le nom de « sphères hyalines » on désigne quelquefois les corpuscules de Russel qui ne sont autres, comme nous l’avons vu, que le résultat de la fragmentation de plasmazellen en dégénérescence érythrophile.
La dégénérescence amyloïde est une des mieux connues, mais nous n’avons pas à la décrire ici. En effet « certains tissus,
« comme l’épiderme, la peau ne sont pas atteints par l’in-
« filtration amyloïde » (Cornil) (2).
La dégénérescence muqueuse, caractérisée parla formation de mucine analogue à celle du mucus intestinal ne s’observe guère non plus à la peau.