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D. — INFLAMMATIONS CHRONIQUES

Les leucocytoses infectieuses du sang circulant, déterminées par les afl’ections chroniques, sont, en règle générale, à type de mononucléose. Les inflammations chroniques représentent une succession de poussées inflammatoires aiguës dont le stade de mononucléose se prolonge et devient la formule habituelle et dominante de la leucocytose. Par h'i, la formule générale des

leucocytoses infectieuses chroniques rentre dans la loi générale de Dominici.

Les inllamniations cutanées chroniques ont une formule cytologique superposable. I.fi aussi^ le stade de mononucléose se prolonge et devient le caractère habituel. Les mononucléaires du sang cl de la lymphe ont valeur de cellules conjonctives. A la mononucléose sanguine correspond donc, non seulement l’apport en mononucléaires, mais aussi la réaction des cellules conjonctives proprement dites.

Le stade de jiolynucléose initiale existe : nous avons pu constater la prépondérance des polynucléaii'es neutrophiles dans le tissu du chancre syphilitique tout à fait au début et, avec Broden, tous les auteurs, qui se sont occupés de I histogénèse du tubercule, ont pu voir l’afflux des polynucléaires précéder la réaction dos cellules conjonctives au poison tuberculeux.

Le stade d’éosinophilie se retrouve également et, à la périphérie des foyers inflammatoires en résolution, la constatation d’une éosinophilie locale souvent très accentuée est fréquente.

Tous les stades peuvent donc être représentés au cours de l’évolution d’une inflammation chronique mais celui qui correspond à la plus grande partie de celte évolution est la réaction lymphoconjonctive.

Cette réaction lymphoconjonctive peut se faire suivant différents types qui peuvent êfre purs ou associés. Toutes les combinaisons les plus variées peuvent s’observer, signalons simplement les principaux types.

Inflammations à type de sclérose (exemple : ulcère vari- (jueux). — La plupart des cellules conjonctives évoluent en fibroblastes et élaborent des lames fibreuses compactes qui se superposent. L’inflammation tend indéfiniment à la cicatrisation d’où la production de tissu fibreux cicatriciel, mais indéfiniment aussi l'irritation inflammatoire persiste d’où l’apport incessant de mononucléaires qui se transformant ù leur tour en fibroblastes vont augmenter la scléi’ose cicatricielle.

Inflammations à type de néoformation lymphoïde (exemple : certaine!) tuberculoses verruqueuses). — Il est certaines

tuberculoses vcrruqucusos culniiccs où cjucrqiu'S Vi'i’cs tubercules sont disséminés dans une épaisse nappe de tissu lymphoïde de ncoformation. L’apport des mononucléaires est ici le phénomène dominant. Il y a souvent peu de tendance la guérison et par suite peu de sclérose ^ le tissu conjonctif est mcine appauvri en collagène et remanié suivant le type réticule. Les mononucléaires qui sc trouvent compris dans les mailles du réticulum, sont, dans le cas pris comme exemple, des lymphocytes. Ce peuvent être, dans d’autres atfcctions, des moyens mononucléaires ou des plasmazcllen (1). Ces dernières sont parfois en dégénérescence. La ncoformation lymphoïde est parfois entretenue par l’activité de centres germinatifs qui s individualisent dans la nappe lymphoïde.

Ces formations lymphoïdes accompagnent tous les états inflammatoires chroniques en activité ; ainsi que la sclérose cicatricielle elles peuvent donc se trouver éventuellement mêlées ii toutes les modalites des réactions inflammatoires chroniques.

Inflammations à type de macrophagie {binstomijeose). — Ainsique nous l’avons montre avec Laedcrich la caractéristique histologique des lésions de la hlastomycosc est la réaction macrophagique. La majorité des cellules conjonctives s'adapte aux fonctions phagocytaires; et les couches conjonctivovasculuircs de la peau sc trouvent transformées en un tissu de cellules géantes anastomosées en syncytium. Chacune de ces cellules, bourrée de Icvùres englobées, est un gigantophagocyte multinucléé.

Inflammations à type de vascularite (exemple : sijphilia). — Dans la syphilis la réaction conjonctive porte surtout sur les vaisseaux dont les cellules endothéliales sont hypertrophiées et proliférées. A l’eudovascularite s'ajoute la périvascularile et la

1. Nous avons observé, dans une inflammation de l’hypoderme provoquée par un cysticerque, un tissu lymphoïde, abondamment pourvu de centres germinatifs et dont les lymphocytes se transformaient en grand nombre, par évolution directe, en éosinophiles. Celte inflammation, caractérisée par une réaction massive en éosinophiles, est à rapprocher des éosinophilies sanguines communément déterminées par les helminthiases.

pai“oi des vaisseaux* réticulée par l'immigration de mononuclcraires, devient une véritable gaine lymphoïde.

Inflammations à type de dilatations lymphatiques. — Le botryomycome en est un des plus remarquables exemples. Les cavités lymphatiques dilatées et multipliées occupent la majeure partie de la coupe à laquelle elles communiquent un aspect lacunaire.

Inflammations à type dystrophique —

La plupart des cellules conjonctives sont atteintes de dystrophie. Dans la tuberculose elles affectent le type de cellules géantes et de cellules épithélioïdes. Les cellules géantes forment souvent autant de centres autour desquels se groupent les cellules épithélioïdes, de sorte que le tissu inflammatoire se décompose en nodules, souvent nettement dessinés par une sertissure lymphoïde.

Dans la lèpre, les cellules dystrophiées et vacuolaires.se disposent côte à côte, sans ordination précise en un tissu plus homogène.

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