Prenant, d’après Launoy. Technique histologique
CYTOLOGIE ÔES INFLAMMATIONS CUTANÉES
fuchsine du Van. Gieson, niais surtout il accuse nettement en rouge vif les protoplasmes, même les moins colorables (liyaloplasme).
Voici comment nous procédons : les coupes sont surcolorés à riiématéïne concentrée de Dominici (pendant plusieurs heures), moins pour avoir une très forte coloration nucléaire que pour pouvoir décolorer longtemps dans une solution d’alun de fer à 3 0/0 qui, en même temps qu’elle précise et met au point la coloration nucléaire, mordance pour les colorants acides. La décoloration étant amenée au point voulu, les coupes sont lavées à l’eau filtrée, puis placées dans l’éosine à l’alcool. L’éosine soluble à l’alcool nous parait supérieure, pour cette coloration, à la solution aqueuse d’éosine orange, que nous employons au contraire de préférence, lorsque nous devons employer ultérieurement un bleu basique.
La solution alcoolique d’éosine est. une solution saturée dans l’alcool à 90°. Les coupes y séjournent environ cinq à di.v minutes. Si on les y laissait trop peu de temps la coloration risquerait d’être trop faible et, comme elle s’affaiblit encore ultérieurement par le passage du vert lumière et des alcools, il importe qu’elle soit d’emblée intense. Cependant la coloration dans l'éosine ne doit pas être trop prolongée sinon elle absorbe toute l’action mordançante de l’alun de fer, les tissus se surchargent d’un e.vcès d’éosine et le vert lumière ne prend plus ensuite, ou ne prend qu’en prolongeant l’action du colorant. Un e.xcès de vert s’ajoute alors à l’excès de rouge, les coupes deviennent extrêmement sombres; pour les éclaircir elles mettre au point, il faut alors presque autant de travail que pour exécuter une nouvelle préparation que l’on n’aurait pas à retoucher.
Au sortir de la solution d’éosine, les coupes sont largement lavées à l’eau (et non à l’alcool qui les décolorerait) et elles y sont laissées jusqu’à ce que tout l’alcool en ayant été chassé elles soient parfaitement imbibées d’eau. A ce moment, on fait tomber sur elles quelques gouttes d’une solution aqueuse de vert lumière à 1 0/0. Le vert lumière est laissé d’autant plus longtemps que la coloration par l’éosine- a été plus prolongée, soi
CYTOLOGIE DES INELAMMATIONS CUTANEES
environ 30 secondes si l’on a colore dix minutes à réosine.
Aussitôt on lave et on déshydrate à l’alcool absolu, puis xylol et huile de cèdre. Si la préparation est réunie, et elle doit l’être, la chromatine des noyaux est franchement noire, les nucléoles et les protoplasmes, les filaments d'union de l’épiderme sont intensément teintés de rouge vif éclatant, le collagène nettement accusé en fert foncé. S’il y a un excès de vert, reconnaissable à la teinte grise que prennent les protoplasmes par suite de la superposition du vert et du rouge, enlever l’huile de cèdre par le xylol, celui-ci par l’alcool absolu et faire tomber alors sur la préparation, quelques gouttes de tannin orange de Unna, qui enlève le vert tout en respectant assez bien l’éosine. On voit des nuages verts se dégager de la préparation. Arrêter l’action du tannin au bout de 15 à 20 secondes, de nouveau alcool absolu, xylol, huile de cèdre. Pendant les passages inévitables à l’alcool absolu procéder rapidement car celui-ci enlève toujours une quantité notable d’éosine. S’il y a un excès d’éosine masquant les détails nucléaires ou empâtant les protoplasmes, la retouche est aisée, il suffit de laver le temps voulu à l’alcool absolu ou même de passer très vite un peu d’alcool à 90®.
On ne peut remédier au défaut d’éosine qu’en recommençant toute la série des manipulations, le défaut de vert lumière se répare plus aisément il n’y a qu’à revenir à ce colorant mais il le faut faire avec prudence. En effet au cours de la première coloration au vert et des lavages ultérieurs à l’alcool absolu la surcharge en éosine a été enlevée, le vert va donc prendre beaucoup plus énergiquement que la première fois et l’écueil à éviter cette fois c’est de trop affaiblir la teinte rouge obtenue.
Lorsque l’on est obligé d’enlever l’excès de vert lumière par le tannin orange, il arrive parfois que la préparation contient encore des traces d’alun de fer, dans ce cas il se forme un tannate de fer noir qui rend la préparation extrêmement sombre et dont on ne peut se débarrasser.
Pour éviter cet inconvénient éventuel nous avons remplacé le mordançage à l’aluu de fer par un mordançage au bichromate
CYTOLOGIE DES I NKLAMMATIONS CUTANÉES
de potasse en solution aqueuse à 10/0. Le bichromate de potasse, comme l’alun de fer, fait virer l’hématéïne au noir, mais ne la décolore pas. Il faut donc colorer beaucoup moins à l’hématéïne ou, si l’on a surcoloré, utiliser les précieuses propriétés décolorantes que présente la teinture d’iode à l’égard de cette substance tinctoriale (1).
5® Colorations à l’orcéïne. — On peut employer l’orcéïne soit seule soit combinée au bleu polychrome et au tannin orange de Unna. Ce sont là des colorations connues et sur lesquelles nous n’avons pas à insister, mais on peut aussi, et très avantageusement, combiner la coloration à l’orcéïne à celle de Dominici (éosine orange et bleu de toluidine).
Les formules de liquides à base d’orcéïne sont très nombreuses et beaucoup ne donnent que des résultats très médiocres. Nous utilisons deux solutions différentes, toutes deux excellentes. Nous regrettons vivement de ne pas savoir quels sont les histologistes qui les ont établies.
La première colore les fibres élastiques en 10 à lo minutes. Sa formule est :
11 ne faut pas prolonger son action au-delà du temps indiqué, car en raison de sa forte teneur en acide chlorhydrique, elle risquerait de décoller les coupes fixées sur la lame de verre à l’aide de l’albumine de Mayer. Il y a toujours légère surcoloration, aussi faut-il différencier rapidement à l’alcool absolu ou à l’alcool à 90° avant de mettre les préparations dans l’éosine orange. Elle est à employer surtout lorsque l’on veut avoir un renseignement rapide.
1. C’est à Dominici que nous devons la connaissance de ces propriétés de la teinture d’iode nous renvoyons à son ouvrage.
Rubens Duval
Coloration en
XX gouttes
0 gr. 30 40 00
.Si
La deuxième agit plus lentement et il faut prolonger son action de 12 à 2i heures. Sa formule est :
iOrcéinc Ogr.lO
AzO^ll ...... 2 00
Alcool à 70“ .... 100 00
Les coupes ne risquent pas de se décoller, il n’y a pas de surcoloration et il suffit d’un simple lavage à l’eau avant le bain d’éosine orange. Quand on peut attendre au lendemain, il vaut mieux user de cette dernière solution.
L’orcéïne mordance pour l’éosine orange et pour le bleu basique (Pappenheim), les temps de coloration peuvent donc être diminués. Mais, Porcéïne étant soluble dans l’alcool on ne doit pas décolorer le bleu au moyen de l’alcool absolu, mais au moyen du glycerinaethermischung ou à son défaut à l’aide d’une solution aqueuse de tannin ii 10 0/0. Après le tannin comme après le glycerinaethermischung, il importe de laver soigneusement à l’eau avant de déshydrater à l’alcool absolu.
6° Fuchséline de Weigert (1). — Ce dernier colorant, récemment entré dans la pratique histologique colore les fibres élastiques avec peut-être plus de précision encore que l’orcéïue. On peut le combiner à la coloration à l’hématéïne et au Van Gieson. On peut aussi l’employer avant la coloration à l’cosine orange et au bleu de méthylène. Nous recommandons même beaucoup cette combinaison, mais il est à remarquer que si la fuchséline de Weigert mordance énergiquement pour l’éosine orange elle entrave considérablement l’action ultérieure du bleu basique. 11 faut donc, après coloration par l’éosine orange, laisser les préparations dans l’eau filtrée faiblement éosinée, afin que leur acidité soit neutralisée par l’alcalinité de l’eau filtrée. La coloration par le bleu basique peut alors s’elfectuer. La fuchséline résiste à l’alcool beaucoup plus que l’orcéïne. La décoloration peut donc être faite soit à l’alcool absolu soit au glycerinaethermischung.
1. La préparation (le la fuchséline de Weigert et son mode d’emploi .se trouvent e.xj)Osés en détail dans : .losué et .\lexandrescu,^lrr/um'(^/e Médecine expérimenlate, janvier I!)Ü7.
7“ Autres colorations. — Nous avons employé aussi les colorations suivantes : Bleu polychrome pur. Picrocarmin de Ranvier. Coloration de Ramon y Cajal et de Borrel au rouge Magenta et au picrocarmin d’indigo. Eosine hématoxyline. Hématoxyline au fer de Hcidenhain. Hématoxyline au vanadium- Kcrnschwarz. Safranine. Bleu de Benda. Triacide. Vert de méthyle. Picrobleu d’aniline. Dahlia, etc..., mais nous n’avons aucune remarque particulière à faire au sujet de ces colorations.
CllAlTrUE 11