‹ D'Alger à TangerChapitre 37 sur 37 · TANGER : GRANDE RIE · texte numérisé non relu

TANGER : GRANDE RIE

merce et à une chaloupe à vapeur qu'il loue à des particuliers. Montons vers la ville... Pas si vite ! Majestueux comme des Suisses, plusieurs fonctionnaires tle la douane, — de Vaouid-elgoumroiul ^ — veillent à l'entrée de Tanger. Tout ce qui pénètre et tout ce qui en sort doit leur payer le dix pour cent de sa valeur.

Bab-el-bahar, — la porte de la mer, — s'ouvre, enfin, devant nous et, entre la batterie Iladjouïn et la balt(>rie Topana armées de gros canons Armstrong, nous gravissons une ruelle (|ui liil pavée jadis...

Nous voilà à l'hôtel, dans le bien-être confortable de noire civi-

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lisation ! Plus rien, autour de nous, ne nous rappelle le Maghreb et, bercé dans notre rocking-cliaii\ par la fenêtre ouverte, nous regardons là-bas, comme un pays rêvé, la mer que nous avons parcourue, les collines que nous avons franchies. Nous sommes encore au Maroc, cependant; sortons.

Les habitants indigènes de Tanger sont au nomlDre de quatorze mille : si.x mille musulmans et huit mille Israélites, la plupart de ces derniers consauT, — protégés, — de quelque consulat.

Dans les paj's mahométans qui, sur les rives de la Méditerranée, ont su conserver leur autonomie, il existe, en elTet, une institution toute particulière, — les cajiitulations, — en vertu de laquelle les agents diplomati([ues possèdent, entre autres droits très étendus, celui de prendre sous leur égide un nombre plus ou moins grand d'indigènes. Et, soi-disant emploj'cs par l'Etat qui les couvre ainsi de son pavillon, ceux-ci échappent aux lois de leur pays pour ne plus relever que de la juridiction de tel ou de tel consul. Inutile de dire qu'une pareille faculté n'est pas sans donner lieu à quelques abus et que les Juifs sont les plus nombreux à en user. Cela les soustrait aux vexations dont les accablent leurs compatriotes musulmans; cola leur facilite les tripotages pour lesquels, il faut bien l'avouer, ils manifestent un goùl héréditaire.

A ces éléments ne se réduit pas la po|iulation tingitanc. Le cfierif ne veut pas de nos représentants à Fe/. et il les arrête à la porte de son empire, ce qui, — force essentielle de son gouvernement, — lui permet de traîner en longueur les nioindrc^s diflicultés internationales. Nos diplomates, d'ailleurs, ne demandcnl pas mieux que de demeurer ici, en vue des côtes espagnoles, à la portée de ces navires dont, en cas de soulèvements fanatiques, les planches seraient pour eux des planches de salul. Et, autour d'eux, se groupent six ou sept mille clirétiens de France, d'Espagne et d'Angleterre, les véritables maîtres de la Medinat-el-kelba, • — la ville chienne, — méprisée par les vrais Marocains cpii l'ont comme abandonnée aux Roumis. Ceux-ci y sont chez eux ; ils y bâtissent à bnir manière; ils y vivent comme il leur plaît, et cette liberté donne à Tanger un caciiet tout spécial.

Avec leurs voùles sombres, leurs portes aux grands clous, leurs Arabes en blanc et leurs Hébreux en noir, leurs Mauresques timides et leurs soldats présomptueux, leurs sauvages du Riff et leurs Juives qui, sans contrainte, font éclater les chamarrures d'or de leur toilette polychrome, certaines de ses parties ne sont guère, il est vrai, que des labyrinthes de ruelles barbaresques. Mais il en est d'autres qui, avec leurs épiceries britanniques et leurs maisons aux patios espagnols, ont un aspect quasi européen. La rue qui coupe la ville et dont le pavé glissant grimpe jusqu'aux remparts n'est, en particulier, qu'une variation sur quelque rue panachée de la côte algérienne. Les vestes et les chapeaux s'y mêlent aux burnous et aux turbans; les mantilles et les jupons y frôlent les haïks et les voiles.

Au bas de cette rue, la grande mosquée ouvre, sous son auvent massif, sa porte historiée d'arabesques et plaque de faïence verte les faces de son minaret.

Au milieu s'élargit, en une place exiguë et irrégulière, le carrefour du sokko-chico, — du petit souk. C'est le centre chrétien de la ville; c'est là que se trouvent la poste, les agences de paquebots, les boutiques françaises, anglaises ou espagnoles; c'est là que des cireurs de bottes s'agenouillent à la porte de quelques buvettes; là que, le soir, on se rassemble, qu'on rit et qu'on bavarde autour des confiseurs ambulants, à la clarté joyeuse de leurs lanternes fichées dans le pavé.

Un peu plus haut, dans une petite église, — la seule du Maroc, — des missionnaires espagnols célèbrent la messe, — la seule qui soit dite, en public, sur cette terre mécréante.

Au bout de cette rue, enfin, à travers le double rempart qui entoure Tanger, s'ouvre la double porte de Fez, — Bab-el-Faz, — précédée d'une sorte de place que, du matin au soir, encombrent des baudets, des cavaliers, des paysans pleins de majesté, des Européens tapageurs, des vieillards à l'allure noble et des gredins que, rien que sur leur mine, on enverrait à la potence. Des niches, des soupentes, des taudis enfumés se creusent dans les murs et des savetiers y raccommodent des babouches, des van-

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niers y tressent des corbeilles, des samajis, — des maréchaux, — y allument leurs petites forges, des brocanteurs s'y pelotonnent au milieu de leurs vieux fusils, de leurs outils rouilles, de leur bric-à-brac et de leur ferraille. Près de la grande cour crénelée qui forme le fondouk del trigo, — le marché au froment, — des vétérinaires savonnent, goudronnent, saignent au palais ou cautérisent avec des fers rouges les malheureuses bêtes livrées à leur science brutale ; des Négresses disent la bonne aventure et sacrifient les poulets dont l'agonie les aide à prédire l'avenir... La barbarie reprend ses droits.

Entre les deux remparts s'installe, à ciel ouvert, une sorte de halle où, leur peau luisante maculée de sang, des bouchers nègres dépècent, à tour de bras, des viandes pantelantes ; où, sous des tentes éplorées, des fruits et des légumes verts s'étalent dans la boue; où des poules en pa([uets s'abandonnent, résignées et muettes, près des corbeilles de chardons vendus en guise d'artichauts.

Au delà de la porte extérieure s'étend le so/iAo de Barra où se tient le grand marché du jeudi... Le marché arabe? On l'a déjà vu partout, toujours le môme, et, pourtant, c'est toujours étonné qu'on s'arrête devant cette mer de burnous, devant cette foule compacte de marchands, de curieux et d'acheteurs qui, debout, serrés les uns contre les autres, ondident, avec des mouvements de houles. C'est toujours en hésitant qu'on s'égare à travers ces monticules de légumes pareils à des tas de balayures, à travers ces bottes d'herbes vendiu's ]iar des pauvresses, à travers ces troupeaux de moutons, ces paniers d'oeufs, ces pots de lait et ces ballots de laine.

Elus fiers que des hérauts d'armes, des paysans passent, la lance sur la cuisse, et lentement, dans cette cohue mouvante, leur monture se fraie du poitrail un chemin aussitôt refermé.

— Zit! Zit! fait un ànier ([ui pousse dans la uuilliliide une vieille bourrique galeuse.

— Tsn! Tsa! répète sans relâche un pronnuicui- ([ui veut rpi'ou fasse place à sa mule.

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— Ogod ! Saïaaa iallah! Chaaahl Chaaah! crient les chameliers qui bàtonnent leurs bêtes.

Et, avec des baguettes courbes, des musiciens Ijattent , à coups redoublés, les deux peaux du tambour qu'ils portent au travers du ventre.

A deux pas du marché, — sans qu'on puisse savoir où finit la lerre des vivants ni oii commence celle des morts, — un cimetière ensoleillé élève, comme des flaiiiboaux fiuièbres, les longues hampes de ses agaves. Et, leurs afl'aires finies, les Arabes s'en vont, par groupes, prier devant la kouhha de Sidi-Mohammed-el- Iladj, le patron de la ville.

Plus loin, se cachent dans la verdure touiTue de leurs jardins, les maisons de plaisance qui appailiennent à des consuls ou à des ministres... D'après le traité que, en 1880, fit accepter au maghrzen la conférence internationale de Madrid, les Européens peuvent, en effet, posséder partout au Maroc, mais, clause dérisoire et moqueuse, à la condition que le sultan les y autorise ! Et il ne le permet qu'ici. L'astuce mahométane avait une fois de plus leurré la bonhomie des plénipotentiaires qui croyaient avoir obtenu quelque chose.

Au-dessus de Tanger, — au nord, — jaunissent les murs de la Kasbah^ défendue, du coté de la mer, par ce bordj-en-iiaam que les Anglais construisirent et armèrent pour le sultan, en attendant que ce soit pour eux. Quant à la Kashali elle-même, ce n'est pas ^rand'chose de loin, c'est presque une ruine de près. C'est une citadelle croulante, infestée de chiens faméliques, envahie par la poussière et par l'ordure. Et sur ses remparts délabrés, la lumière bouchée par la rouille, ne bâillent, tombés de leurs affûts et gisants dans les mauves, dans les belladones arborescentes, que quelques vieux canons qui, cependant, font mine encore de menacer la ville.

Un factionnaire a, comme un chandelier, posé près de la porte son fusil qui, debout sur sa large crosse, monte tout seul la garde et, blotti, loin de là, dans un coin d'ombre bleue, il presse sur son cœur le ventre d'une guitare. Des yatagans à la cein-

ture, quelques militaires se vautrent sur les nattes d'un poste et ils jouent aux cartes, ils font du thé ou, assis comme des poussahs, ils regardent devant eux, les mains sur les genoux, les yeux perdus dans le vide...

Entrons, personne ne nous arrête; ces gens-là sont trop occupés.

La figure ravagée par la petite vérole, un oi'ficier qui a jeté un burnous rouge sur un costume rouge fait faire l'exercice à des soldats en robe blanche, aux cheveux longs et au bonnet pointu. Et, à grands cris, il agite son sabre comme s'il avait déclaré la guerre aux mouches qui le harcèlent. Des chevaux harnachés piaffent dans la cour boueuse, qu'il remplit de ses gesticulations; des femmes s'y glissent qui viennent voir quelque captif ; sérieux et grotesque, un inalwul, triboulet du pacha, y fait rire des sentinelles... Véritables sujets de tableaux, éludes arrangées comme à plaisir, scènes de genre que revêtent de leur magie les ravonnements de cette grande lumière africaine dont la pureté triomphante pénètre, embellit, ennoblit toute chose!

La Knsbah est en même temps pour Tanger, le siège du gouvernement, — dar-el-maghrzen , — la maison de justice, la trésorerie, le palais qu'habitent Vamel et les principaux fonctionnaires, la prison et la caserne.

Encaissée entre deux maisons sans étages, une petite montée aux pavés glissants aboutit à la porte mauresque du palais invisible, et ce recoin est, dans sa simplicité, l'un des mieux agencés pour la plus grande joie des peintres; c'est, — grâce aussi à la facilité de son accès, — celui que le pinceau a le plus souvent reproduit.

A droite de cette sorte de couloir, c'est le trésor, — le bit-ulmel^ — moins rébarbatif que celui de Mékinez; à gauche, c'est le ti'ibunal, précédé du petit portique sous lequel le cadi rend des arrêts aussi expéditifs que ceux de ses confrères de Fez.

Le ])alais lui-même est, — autour d'une cour centrale ornée de colonnettes aux chapiteaux corinthiens et provenant de quelque temple antique, ^ un assemblage de chambrettes aux mui-ailles lilanchies, de corridors étroits, de petites portes en ogive, de fenêtres grillées, de salles dans lesquelles, étendu sur le sol, le

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gouverneur reçoit les étrangers, tous ses papiers d'allaires épars autour de lui. Le harem qu'il enferme et qu'on peut parcourir en l'absence des femmes est un dédale de pièces plafonnées avec du bois du Riff, de terrasses portées sur des colonnes de marbre, de jardins minuscules, de chambres peintes d'arabesques, d'alcôves faïencées, jonchées de tapis, de coussins et de tentures.

TiNCEn : UN COIN DE H hVSDAll.

À côté du lu/.-u/-mef, une grande porte ogivale, aux lourds battants ferrés de clous, donne dans une sorte d'écurie voûtée, pavée de galets ronds, entourée de bancs en maçonnerie. C'est la salle des pas-perdus du habs, — de la prison. Un vieux garde édenlé, le capuchon sur les sourcils, la pipe dans sa barbe blanche, s'y accrou|)il à (-ôté d'une espèce de jjouche de four que ferme une porte aux veri'ous énormes. \Jn trou en cœur perce celte boiserie et des bras maigres et nus en sortent pour nous offrir des

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paniers tressés avec des palmes. Les prisonniers ont deviné un visiteur peut-être charitable. Regardons par cette lucarne.

Éclairée par le jour qui y tombe d'en haut, comme dans une fosse, c'est une petite cour humide au pavé gras, aux murailles moisies. De gros piliers carrés l'entourent d'une double galerie sur laquelle donnent des cellules voûtées, ténébreuses comme des sépulcres. Une odeur nauséabonde, une puanteur de ménagerie s'exhalent de cette géhenne infecte... Et, dans son ombre verdàtre, ils sont une centaine, couchés en tas de haillons sordides, assis contre les murs, adossés aux colonnes, marchant à petits pas ou sautillant à la manière des pies. Ils ont, en effet, une boucle à chaque pied et ces deux anneaux sont réunis l'un à l'autre par une courte tige de fer ou par quelques maillons de chaîne. Impossible de cheminer autrement que comme des bêtes à l'entrave !

Il y a de tout dans cette société hideuse, des soldats réfractaires et des voleurs de grande campagne, des contribuables en retard et des assassins nocturnes, des hommes noircis de tous les crimes et d'autres dont la conscience est blanche comme les murs des mosquées, malheureux arrêtés par erreur ou par caprice... Les chevilles ulcérées par le frottement des manilles, la face hâve et décharnée, les membres d'une maigreur spectrale, tous regardent notre lucarne avec des yeux que fait luire la faim. Va-t-on leur donner à manger? La nourriture ne leur est, en efl'et, fournie que par leur famille ou par quelques pieux musulmans désireux de gagner le ciel en pratiquant l'aumône. Les jours où chôme la charité, ils vivent de privations, quand ils n'en meurent pas. Le gouvernement les loge, mais rien de plus! Et ceux qui ont fini leur peine ne peuvent quitter ces cachots qu'en en payant la so/ikra, — le loyer!

Sortons par Bab-el-^Iarchan, — la porte occidentale de la Kasbah... Le cimetière juif aligne par là ses cubes de bâtisse que ne surmonte aucun emblème; à l'ouest, ei Monte, — la colline par excellence, — se couvre de jardins; au sud, s'arrondissent d'autres monticules; à l'est, au delà du golfe, bleuissent les mon-

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tagnes qui nous cachent Ceuta et Tétuan; au nord, c'est le détroit de Gibraltar.

Gagnons la roule qui longe la mer vers l'ouest, la seule route véritable qui existe au Maroc. Une joyeuse cavalcade à âne, — une analcade^ comme on dit au carnaval de Nice, — galope sous les branches; un mulet nous attend nous-même. Enfourchons-le et suivons ces gens-là jusque sur la crête de cette falaise dont la muraille à pic surplombe le détroit. Ils disparaissent dans ce vallon où se tordent les arbres, où chantent les oiseaux, où se cachent des jardins; ce sont des Maures, les gens les plus idylliques de la terre, sous le masque trompeur de leur gravité dédaigneuse.

Marchons encore! Un coteau de buissons et de palmiers-nains nous hisse sur le plateau de ^larchan, prolongement du mamelon qui porte la Kashah. Encore des arbres, des maisons à toit rouge, des massifs de verdiu-e!... Il pleut à Tanger durant trois mois d'hiver, l'atmosphère y est relativement humide pendant le reste du temps, et son territoire privilégié doit à ces conditions climatériques cet aspect presque européen.

Une pente rapide qui, sous les tamaris, les oliviers et les chênes, descend jusqu'au rivage; des bas-fonds marécageux; un vieux cimetière arabe; des villas de consuls; des gou/bis près des ruines d'un aqueduc romain ; une chapelle franciscaine, non loin d'un marabout... Et nous nous arrêtons, un instant, entre les deux cVchour, — les deux bourgades, — de Bahar-Knein, — les Deux- Mers, — sur une éminence d'où, à l'occident comme à l'orient, le regard ravi se perd, en eflct, sur les flots. Là-bas, sur la plage, c'est la côte d'Agla où, au fond des creux, dans les rochers et les broussailles, gisent, informes, les ruines de GoUa.

Allons plus loin. Dans un ravin profond, voici la rivière des Juifs, — Oued-el-Iaoudi. Pourquoi ce nom? En souvenir, sans doute, de quehpu' mauvais tour (|ue, ici encore, ou aura joué aux Hébreux, de (luehpu! saut très périlleux qu'on leur aura fait laire. Voilà les cavernes dites d'Hercule, simples carrières d'oti, il y a des siècles, on tirait des pi("rres à meules... 11 en soit des Anglais, des Cook's tourists /

Courons bien vite! Des montées, des descentes entre des collines vertes, le long de la côte rocailleuse, à travers des forêts où, lors de son périple, Hannon le Carthaginois trouva encore des éléphants... Et, devant nous, s'élève un promontoire que bordent des récifs! C'est le cap Spartel.

Au milieu des joncs, des caclus, des cham;Tcrops, des figuiers raljougris et des vignes sauvages, — peut-être des rejetons de celles qui avaient valu à la contrée le nom à' Ampelusiuiii , — un phare, créé et entretenu par les puissances européennes, s'élève sur ce promontoire, à trois cents mètres au-dessus des vagues dont les profondeurs glauques se creusent à ses pieds.

Montons jusqu'à sa galerie, jusqu'à cette lanterne qui indique et éclaire la grande porte de notre mer, jusqu'à ce balcon aérien qui plane dans le bleu...

Tableau émouvant et superbe! Spectacle grandiose et dont jamais le souvenir ne s'efface! Panorama sublime. Deux continents, deux mers! L'Europe et l'Afrique, l'Atlantique et la Méditerranée ! A l'est, ce sont les montagnes farouches qu'habitent les Berbères. Au nord, c'est le détroit, la route triomphale où volent les goélands, où voguent les navires; c'est, vaporeuse au grand soleil, la côte d'Espagne avec des villages d'albâtre, avec le roc de Gibraltar ; ce sont les crêtes des Sierras. A l'ouest, c'est l'immensité insondable de l'Océan qui, jusqu'à l'horizon indécis, déroule ses flots lumineux. Au sud, c'est un troupeau de collines sauvages, repaire des sangliers...

Des sangliers? Oui. C'était en l'an... Celait hier, peut-être. La vie passe si vite !

Une mission officielle nous avait envoyés à Tanger et, sous le commandement du ministre d'Angleterre, grand chasseur devant l'Eternel, une battue avait été organisée dans celte région lointaine. C'était hier, disions-nous? Mais non, c'est aujourd'hui! Voyez... Le soleil se lève; debout dans leur burnous que dorent ses rayons, les Arabes qui prient se tournent vers la Mecque et les muezzins chantent. Des montures, des Juifs ù pied, des nuisul-

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mans à cheval nous attendent au rendez-vous, devant l'ambassade-de France. Et il y a, avec eux, des piqueurs armés de la lance; des Nègres dont les mulets portent des provisions; des Bédouins qui, tout le jour, vont nous suivre au pas gymnastique, l'arme sur l'épaule, la chemise serrée à la taille et tellement déchirée par le bas que, sur leurs cuisses de bronze, elle ne met plus que comme une sorte de pagne fait de bandelettes flottantes... En selle ! En route!

Fourmilière agitée et criarde, déjà la foule grouille sur la place et les chaouchs qui nous escortent font pleuvoir autour d'eux les coups de leur matraque. Voilà Bab-el-Faz! Le fer de nos bêtes résonne sous ses voûtes et, au grand trot, nous sortons de Tanger. Les cavaliers arabes font tournoyer leurs fusils; sans trop savoir pourquoi, d'autres mettent le sabre au clair et le brandissent sur leur tête... Et on rit, on s'appelle, on pousse des cris joyeux.

Quel est cet escadron, là-ljas, dans la campagne? Des soldats du pacha. Ils nous attendent et, au grand galop, comme pour un lab-el-baroud, — une fête de la poudre, — ventre à terre et le burnous au vent, ils fondent sur nous en tourbillon. Flanqué de son lieutenant, le caïd-alef\ — le colonel de la garnison, — est avec eux ; il prend latête de la file, tandis que ses hommes forment une haie bruyante sur les flancs de notre colonne, et que, de temps à autre, ils réveillent la solitude du roulement de leurs détonations. Les coups de fusil leur échappent.

Tanger a disparu dans les poudroiements du soleil et, par les sentiers brûlés que bordent les cactus, par les monticules arides où dorment les marabouts des Trois-Saints, par les espaces nus où les pierres sonores roulent sous les sabots, nous trottons vers le sud-ouest. Des gourbis fument çà (>t là; amoureuses, comme toute mouklirère^ des chevaux, des fusils et du Ijruit, des femmes en sortent qui, longtemps, du regard, suivent notre chevauchée. Au loin s'inclinent les premières pentes de l'Atlas; le terrain ondule; nous escaladons des rej^lis, nous descendons dans des creux et, selon les caprices de la route, tantôt l'Océan nous apparaît à l'ouest, tantôt, vers le nord, le détroit brille comme une rivière de saphirs et de diamants.

DALGER A TANGER.

Halte! Nous sommes au Tchai-el-Aka, — au repaire du vautour... Cent chiens et cent cinquante rabatteurs nous y attendent. Vrais bandits de maquis que ces hommes dont les jambes sont protégées contre la morsure des buissons par des fanons de paille ou par des feuilles d'agaves qui leur font comme des janibards d'armure! Vrais brigands des montagnes avec ces fusils démesurés, avec ces couteaux et ces sabres suspendus à leur col comme des hochets d'enfants ! Le lieu choisi pour la première battue est un large cercle qu'entourent de petites collines, que, en

TANGER : POnXE DU SOKKO.

un fouillis serré, couvrent des palmiers-nains et des fenouils géants, des chênes en buissons et des fleurs d'asphodèle.

— Il y en a, sicii, il y en a beaucoup, dit un Arabe à notre chef. Ils étaient là quand nous sommes arrivés, mais celui qui faisait sentinelle leur a donné l'alarme et ils sont rentrés sous le taillis.

Les cavaliers se déploient autour de ce cirque, nous placent avec eux, mettent pied à terre et, à un coup de sifllct du caïd, chiens et ral)atteurs se lancent dans le fourré.

.Xous avons un poste charmani, sur une éminence d'où notre vue embrasse tout le théâtre de la chasse. Dans le vert des arbustes, blanchissent, rayées de brun, les djellalxis de nos compa-

DE FEZ A TANGER

gnons indigènes; sur le feuillage pointent, comme des piments monstrueux, les cônes de leurs bonnets rouges; silencieux comme des panthères à l'aflùt, deux d'entre eux se tapissent tout près de nous et nous observent du coin de l'œil.

Des vociférations gutturales, des cris de forcenés s'élèvent de là-bas ; des aboiements féroces sortent de tous les buissons qu'on bat à coups de tricjues: à travers les clairières passent,

T A ^ G E n : i\ o u t i: du cap s p i ii t p i

comme des éclairs, des chiens jaunes, des Arabes blan<'s et des perdrix éj)ouvantées.

— Hnlluuf! llallouf ! — Le cochon ! Le cochon !

En voilà un, en (>(fi'I, un cochon de combat, un cochon militaire, comme les Marocains appellent le sanglier. C'est un ragot, séparé de la ban<le; il apparaît dans un espace vide et des soldats courent sur lui. Il se met en garde; les cavaliers font volte-face, et, au galop, ils l'edleurent du fusil ou de la lance. Affolée par le tumulte qui tourbillonne autour d'elle, la bêle va de droite et de

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gauche, elle secoue, elle découd les chiens qui veideiit la coifler, puis deux détonations retentissent et, blessée, elle fuit, elle saute, elle reprend les bois, elle gagne les fonds.

Chacun revient à sa place et tout à coup, léo|iardéc de noir et de jaune, une chose qui roule sur des pattes invisibles passe à côté de nous, lancée comme un boulet.

— Hallouf! Halloiif!

On tire, nous tirons, un ouragan de chiens et d'hommes bondit sur ses traces, passe, sort du cercle d'affût et, hallali courant, s'évanouit au loin.

Avec un tapage pareil, il ne doit plus y avoir un seul cochon, si militaire fût-il, dans la région entière... Voyons, cette ligne sinueuse, c'est la crête de ces collines roses ; ceci est un chasseur, roulé dans son manteau ; ce trait marquera son fusil...

— Clio u ia ! Clio II ia !

Et, à deux pas, des rabatteurs surgissent, des coups de feu éclatent et un sanglier dégringole, avec des cailloux, dans les buissons qui craquent... Le moment était mal clioisi pour croquer le paysage.

La première battue est faite. On se rassemble et, les éperons sonnant contre les étriers, tout repart au galop... Effrayées, de pauvres femmes qui reviennent du bois, courbées sous leur fagot, se blottissent dans les broussailles et nous laissent passer; des bûclierons en tablier de cuir lâchent leur cognée et se cachent derrière les chênes, dans les hautes bruyères. Les branches cassent; les pierres roulent; un piqueur dont l'épieu s'enfonce dans un arbre tombe, désarçonné, se ramasse et remonte en selle ; un cheval fait panache, culbute et se relève sans que son cavalier ait vidé les étriers... Et au galop, toujours!

Un autre cirque s'ouvre. En place ! Et la battue recommence... De larges galets plats s'étalent sur le sol, autour de notre poste. (hi'y a-t-il dessous? Tiens, il y a de gros scorpions noirs, des scorpions d'Aïssaoua, qui se sauvent, la queue levée et les pinces ouvertes. ÎNlais ils fourmillent! Ce n'est pas étonnant; cette trnc humide est si chaude! Et ils pullident dans ces conditions.

DE FEZ A TA.MiElî. 371

Nous vîmes, une fois, arriver en P'rance un chargement d'avoine qu'avaienr'mouillée les coups de mer. On la mit en grenier ; c'était au mois d'août et, le leniUMiiain, les nuirs qui l'abritaient étaient mouchetés, sablés, barjjouillés de noir. C'étaient des scorpions en enfance ! Les grains en renfermaient les œufs et ils étaient nés dans la nuit... iMais que ceux-là sont beaux! Si nous en poussions un au suicide ? Il suffirait, pour cela, de l'enfermer dans un petit cercle de feu et, de désespoir, il se piquerait luimême. Nous essaierons cela à bord, dans la machine. Nous avons justement, dans la poche, une petite boite de fer-blanc et deux d'entre eux vont y rejoindre les araignées velues que nous |)rimes ailleurs...

— Choitia ! C/ioiiia ! Uni loiil !

Encore? Et deux marcassins s'arrêtent devant nous. . Un coup de feu et l'un tombe, l'autre disparait.

— Khinr! Khinr! — Bien ! Bien ! — nous dit notre voisin.

Khinr?M?i\s ce n'est pas nous qui avons tiré; c'est ce Marocain-là... C'est égal, croquis ni entomologie, rien n'est pos.sible aujourd'hui que la chasse!

Des cris s'élèvent, plus aigus (Mu-ore. Qu'est-il arrivé? l'n Arabe poursuivait un (juartanior ; celui-ci a fait tête à l'attaque et, pendant qu'il tenait au ferme, un autre animal, sorti de la bauge, a pris le chasseur de flanc, a donné du boutoir et lui a embroché la cuisse de ses dagues. On vole au secours du pauvre diable et, servis au fusil, les fauves sont foudroyés par vingt balles. Le blessé est pansé, tant bien que mal, et lentement une mule le ramène à Tanger.

Faut-il songer au rappel? Nous n'avons encore au tableau (juc trois grands sangliers 7ioirsct quelques marcassins, sans compter les chacals et les hyènes qu'on ne rapportera pas... (^'est peu pour un déploiement de forces cynégétiques aussi imposantes f|ue les nôtres! Recommençons...

Et la fusillade crépite si vive on un point du l'ourré, les clameurs atteignent un tel diapason (pic cliaciiii abando^jne son poste et remonte à cheval, (hi'y a-t-il encore? Qu'a-t-on levé?... Le vautrait a débuché une panthère !

Il ALr.EB A TANCiElî.

Et. ail galop, on suit ses traces; on cerne les Jniissons où elle a disparu... Rien! On s'est trompé, peut-être. ^lais, plus loin, avec de nouveaux hurlements, de nouvelles détonations retentissent. On a bien vu, cette fois! On a vu une bête énorme, chevelue et fauve, jaillir d'un massif de lentisques et se replonger dans un autre, mais ce n'est pas une panthère... C'est un lion!

— Un lion? Dans cette partie du Maroc ? Pareille rencontre est cependant bien rare.

— C'est vrai, mais c'est quelque bcirani. — quelque étranger, — (|ue la faim aura chassé de l'Atlas.

l'HARE Dl' CAP Sl'ARTEL.

Le doute est, d'ailleurs, impossible. Des Arabes se prosternent et étudient sur le sol les empreintes de ses pattes. Tenez, elles sont plus larges que la main ouverte... Et, sourd comme l'écho du tonnerre, un long rugissement fait frémirla campagne... A cheval ! La cavalcade repart... Le voilà ! Le voilà!

Les chevaux s'arrêtent, pointent les oreilles, se cabrent et, grand comme un bœuf, un animal bondit, retombe plus loin, Jjondit encore et se dérobe. (Chacun la aperçu, et, au juger, on tire dans les arbres. Les cavaliers donnent de l'éperon et, le fusil levé, au triple galop, comme dans les enivrements de la fantasia, ils i'ranchissent lochers et broussailles. Et, derrière

DE FEZ A TA.NCEli. 37:î

eux, assis dans nos selles arabes comme dans des fauteuils à bascule, nous escaladons les côtes abruptes, nous roulons sur les pentes, nous nous engouffrons dans des forêts de fenouils, d'arbousiers, d'oliviers et de lauriers-roses... Mais les arbres grandissent et se rapprochent; les rênes s'accrochent aux branches ; les épines lacèrent les burnous et en arrachent des lambeaux; la course se ralentit; elle devient impossible... Plus de lion!

Et, consternée, notre troupe regagne la lande où nous avons laissé nos sangliers. Les Arabes, qui, cependant, ne touchent à leur chair impure qu'avec une répugnance profonde, les ont éventrés, vidés, bourrés de thym et, faute d'eau, ils se lavent les mains avec de la terre.

Il est déjà deux heures. Des tapis sont jetés sur un bout de prairie, au pied de la falaise qui surplombe une vallée charmante et on déjeune enfin. Près de nous, le cnul et les principaux indigènes mangent au même plat; plus loin, — sur les roches grises que les selles tachent de rouge, que les fusils argentés piquent de points brillants, — se dispersent, par groupes, les rabatteurs, les soldats et les Nègres.

— Journée délicieuse, mais, hélas! incomplète! soupire l'un de nous en remplissant les verres. Pourquoi donc ce lion nous a-t-il échappé'.'

— Parce que nous étions trop, répond un oflicier qui a chassé, en Algérie, le seigneur à la grosse tête. Nous l'avons affolé. 11 n'en eût pas été ainsi s'il n'avait eu que deux ou trois chasseurs contre lui.

- — Parce que, alors, il se serait cru le plus fort, ajoute un autre. Et encore... Le lion, voyez-vous, a aussi peur de riiomme que l'homme a |)eur de lui. J'ai vu des rabatteurs le relancer avec, pour toute arme offensive et défensive, une chemise (;t un bonnet, un bâton et un sac de pierres.

— On raconte pourtant (|u'il marche sur ses ennemis, quel qu'en soit le nombre.

— -Oui, quand il est cerné et (juil ne peul fuir au(remenl. • — On (lit (pi'il s(\ bat contre eux comuKV .. un lion {pi'ii est.

D'AKGEB A TAACjlili.

— Oui encore, mais lorsqu'il est blessé et que la rage et la douleur l'aveuglent.

— Que faites-vous donc de cette noble fierté, de ce courage généreux dont la réputation lui a valu le titre de roi des animaux?

— • Vue légende... Le lion est très beau, je vous l'accorde; il est très fort, chacun le sait; mais, au demeurant, c'est une brute comme les autres.

GIBIEH D AFRIQOE.

Quatre heures; le soleil baisse. Achevai encore!

— Haou! Haou!

Et le galop recommence, à travers les taillis, par-dessus les buissons, dans les flots de lentisques...

Les champs se cultivent; des gourbis sorleni de terre; des caravanes passent; des remparts apparaissent... Voici Bab-el-Faz.

— ^'ous savez, nous dit en nous quittant un lieutenant anglais venu de Gibraltar pour suivre notre chasse, je l'aurai, ce lion, dussé-je, pendant quinze nuits, aller là-bas, me mettre à l'affût, au clair de lune.

Le même soir nous levions l'ancre et nous ne revîmes le Maroc que bien des années |)lus taril. L'officier de ,Sa Majesté IJritannique avait-il tenu sa |)ai'ole.' .Nul ne put nous le dire.

DE FEZ A TANGER. 375

Laissons ces souvenirs déjà bien éloignés et revenons en ville.

Le lendemain, le Joachim Pielago nous balance sur les longues houles qui viennent de l'Atlantique; il nous emporte, au delà du détroit, vers un monde nouveau, vers d'autres terres où nous attendons d'autres paysages, où d'autres hommes nous dévoileront d'autres mœurs. Les collines bleues du Maghreb s'évaporent dans le brasier de son soleil ; la fumée de notre machine s'étend comme un grand voile sombre sur les rivages qui s'eflacent; ce point blanc qui s'éloigne, qui diminue, qui va se fondre à l'horizon nous marque, seul encore, la place où est Tanger.

INDEX ALPHABETIQUE

Abd-el-Kader

AfTreville

Ahmed-ben-Yousef.

Aïdias

Aïn-el-Hadjar

— Fezza

— Scfra

— ïemouchcnl . . .

Aïssaoïia . .

— à Mekiuez.

Alboran

Alcazar-Kebir

Alfa

— (Commerce de

— (Merd')

Alfatier

Alger

— (Bombardement d)

— : Boulevard de la République

— (Boutiques à)

— : Cathédrale

— : Fêtes

— : Jardin d'Essai

— : Jardin Marengo

— : Mosquées

— : Mosquée de la Pêcherie...

— : Musée

— (Nuit à)

— (Origine d')

Pêcherie

Place du Gouvernement.. .

Port

— (Prise d')

Alger : Rue de la Kasbah 46

— — delà Marine 30

— — Soggemah 20

— : Vieilles rues 36

Algériens 8

Alkantara 252

Amulettes 99

Andjerra 246

Arabes à Alger 10

Arabesques 200

Arganicrs 347

Armée marocaine 328

Artillerie marocaine 333

Arzeu 162

Arzilla 353

Ateliers des presidios 229

Autruches 119

Hab-Azouu (Fort) 13

— (Rue) 14

Bains de la reine 192

— Maures 47

Bastonnade 285

Battue aux sangliers 369

Becliara (La) 112

Bellombras 190

Beni-Deur 2'i8

— Mered 103

— Saf 19'i

Berrian' 1-1

Berrouaghia 111

Biar (El) 70

Bir-Kadem 71

l.NDEX ALPHABÉTIQUE.

Bir-Mandreis '0

Blessés marocains 3'-o

Blidah '0'»

— : Bois sacré 10>

— (Marocains à) 186

— (Orangers à) 107

— (Prise de) 104

Boghari (de) à Laghouat 118

Bouffarik 102

Bou-Zareah 96

Bugcaud (Le maréchal) 167

Cadi {Chez le) 33

Cafés maures 42

Caïd (Un) 142

Calebasses 231

Camp marocain 328

Capitulations 35/

Captifs chrétiens 28

Caravane (Notre i 244

Cascades d"el-Ouril 207

Cavalerie marocaine 333

Caxine (Cap) 93

Ceuta 222

— (De) à Tetuan 234

— : Monuments 223

— : Murs 221

— : Quartiers 222

Chacals 180

Chambres mauresques 45

Chanteuses marocaines 342

Charles-Quint à Hussein-Dey.... 76

— (Défaite de) 80

— (Flotte de) '. . 77

Charmeur de vipères 241

Chasse au faucon 179

— sanglier 367

— (Départ pour la) 366

Chasses en Algérie 119

Chélif. 116

Chcmiu de fer du Sud 112

Cherchell 132

Chiffa 108

Chrétienne (Légende de la) 130

Cimetière mozabite 122

— musulman 75

Coleah 126

Collation (Une) à Fez 306

Commerce algérien 4

Condamnés espagnols 224

Cortège nuptial 299

Côtes marocaines 213

Coup (Un) d'éventail 14

Cours mauresques 42

Couscous 128

Crime (Un) arabe 115

Criquets 157

— (Description des) 159

Czanats 56

Dahra 147

— (Berbères du) 148

Danse et musique 50

Danseuses 48

Dayats (Dans les! 120

Débarquement 90

Déjeuner (Un) marocain 339

Dekr{Le) 153

Dely-Brahim 83

Dey {Départ du) 66

— (Dilléreuds avec le.) 63

Diffa 127

Djebel-Sarrar 266

Djelep (Le) 54

Djelfa 118

Djenoun 98

Dolmens de Beni-Messour 93

Douaniers marocains 352

Douar (Au) 249

Douera 83

Duperré (L'amiral) 87

Ëmigrants marocains 255

Enterrement au Maroc 334

Entrée des Français à Alger 64

Escadre de 1830 87

Esclaves (Vente d') 297

Espagnols et Arabes 173

Expéditions contre Alger 80

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