‹ D'Anvers à Léopoldville par le chemin des écoliersChapitre 1 sur 71 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Les hommes de notre génération se souviennent quil y a un quart de siècle à peine, les Belges passaient ajuste titre pour être atteints d\m incurable sédentajHsme . A cette époque, le goût des voyages passait en Belgique pour une maladie, dont de bons et estimables esprits se pi^oclamaienf heureux de nêtre pas affligés. Pour eux le monde entier était dans nos étroites frontières, la ligne équatoriale au Boidevard, le tropique du Cancer à la Bourse et le tropique du Capricorne au Palais de justice. N est-ce pas à cette époque que M. le Comte Goblet d'Alviella pouvait écrire dans la Patria Belgica qu'il était assez humiliant, dans un travail sur les découvertes géographiques des voyageurs belges, d'être réduit à démontrer qu'ils n'en ont jamais fait aucune ?

Pour Vhon7Wur de notre pays, cette assertion a cessé d'être vraie. Mais il n'a fallu rien moins que le génie et la persévé7-ance d'un roi pour la faire mentir et pour faire sortir les Belges de la mollesse qui avait envahi peu à peu l'éducation d'un peuple habitué à se compjlaire dans les douceurs de la paix. Cet heureux résidtat est dû à l'œuvre du Congo, qui a fait surgir en Belgique des légions de héros, pio7iniers, exjjloratews, soldats, missionnaires, qui y a suscité celte belle et noble j^assion de l'Afrique, inspiratrice des actes les plus admirables de courage, des plus belles découvertes géographiques, des plus difficiles travaux de colonisation.

VI PREFAOK.

Telle a été V émulation, que déjà l'ère des découvertes est close. Et voici que, vingt ans après qiiun illustre explorateur révélait le Congo, des steamers sillonnent les eaux du fleuve géant. Il y a vingt ans, Stanley descendit le Congo en pirogue, au milieu de peuplades hostiles et belliqueuses ; aujourd'hui, le bourgmestre qui reçut Stanley à V hôtel-de-ville au retour de sa prodigieuse épopée, a pu 7'emonter le fleuve jusqu'aux Falls, salué par des popidations apprivoisées .

Le touriste substitué à l'explorateur, au cœur du Dark Continent de Stanley, voilà le témoignage le plus saisissant des progrès de l'œuvre accomplie en vingt ans, voilà ce qu'admirent les peuples les plus experts en matière coloniale.

Cette impressio7i capitale est celle qui se dégage du voyage " d'Anvers à Léopoldville par le chemin des écoliers r. que M. le capitaine commandant Monthaye a accompli il y a. quelqiœs mois, à l'occasion de l'inauguration du chemin de fer de Matadi au Stanley-Pool, à laquelle il eut la bonne fortune d'assister en qualité de membre de la mission belge. Il y représentait un peu aussi la géog7^aphie, qu'il professe à l'École de guerre.

L'inauguration du chemiti de fer, ce merveilleux instrument de pénétration, marque dans la conquête du continent noir une si décisive ctajje, que l'événement demeuj^ei'a comme un fait historique dans les annales coloniales. L'(>uteur raconte l'émouvard épisode avec la simplicité qui convient au témoin oculaire d'un fait assez éloquent par lui-même p)Our n'avoir pas besoin d'être rehaussé par la recherche des mots. Son livre, écrit sous la forme aimable et familière du journal de bord, est infiniment agréable à lire ; le style en est vivant, toujours empreint de bonne humeur et de cette bonhomie flamande qui est une des

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