‹ D'Anvers à Léopoldville par le chemin des écoliersChapitre 26 sur 71 · LE MARCHE DE MATADI · texte numérisé non relu

LE MARCHE DE MATADI

cette ville commerciale ou, si vous le voulez, la venue du chemin de fer — l'un ayant enfanté l'autre — avait modifié la manière de vivre du noir. En d'autres termes, l'indigène avait-il mordu à la civilisation ?

Le nègre à Matadi se construit des chimbèques avec de vieilles tôles de zinc, des caisses d'emballage, des morceaux de carton bitumé, avec ce que j'appellerai les déchets de notre civilisation. Certes, ce sont là des habitations peu confortables et les règles de l'hygiène ne sont nullement observées dans ces taudis ; mais ces habitations

D ANVERS A LEOPOLD VILLE

ont été improvisées, elles n'ont qu'un caractère provisoire, elles servent aux ouvriers noirs de la ligne, à des nègres de passage. A Matadi et tout le long de la voie ferrée, de vrais villages indigènes, bien conditionnés, se créeront, plusieurs déjà sont amorcés, et l'on peut croire, sans trop de présomption, que le noir ne tardera pas à apprécier la différence qui existe — il verra, il comparera

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