‹ D'Anvers à Léopoldville par le chemin des écoliersChapitre 55 sur 71 · PEUREUSE · texte numérisé non relu

PEUREUSE

emportés par la lame, contre les écueils dont les têtes couvertes d'écume se dressent menaçantes au-dessus des flots, non loin de la plage. Notre navire mouille à une distance respectueuse de la rive et c'est en canot que nous débarquons au pier. De là une route taillée dans le roc qui la domine de vingt mètres à droite — à gauche s'étendent en contre-bas des champs assez bien cultivés — monte péniblement vers la ville. Celle-ci a un aspect très

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pittoresque ; le marché surtout nous donne l'occasion de faire des observations piquantes. La population, fort bruyante, est un mélange des races noire et blanche, formée de nègres, de métis et de portugais, nullement désagréable à voir. La couleur de la peau est souvent claire, les hommes comme les femmes ont les proportions bien prises, la stature haute, la démarche non dénuée de noblesse et de grâce.

Santo-Thiago est la plus grande et la plus peuplée des îles de l'archipel capoverdien. Celui-ci se développe en demi-cercle dont la convexité est tournée vers le continent africain, à environ 465 kilomètres du Cap Vert qui lui a donné son nom. L'île "Saô-Thiago, formée de roches volcaniques comme les îles Canaries, comme Madère, comme les Aç.ores, comme Sainte-Hélène, mais avec du granit, du gneiss qui lui donnent une origine plus ancienne, est bien cultivée, surtout sur les pentes des montagnes que le pic d'Antonio domine de ses 1,800 mètres de hauteur. Les roches volcaniques, menuisées par les eaux fluviales, donnent une terre riche en sels de potasse et de soude très favorables à la végétation. Seulement il faut qu'il pleuve. La pluie est aussi nécessaire aux îles du Cap Vert que les inondations du Nil à l'Egypte. Or, il se fait souvent que, durant la saison des pluies — celle qui va de juin à septembre — les nuages qu'apportent les courants atmosphériques du nord ou bien ne se résolvent pas au contact des montagnes de l'île, ou bien changent de direction, passent sur le continent et envoient de là leur souffle embrasé ravager les plantations de l'île. Les récoltes sont alors manquées et la famine sévit. C'est ce qui est arrivé à maintes reprises

DANVERS A LEOPOLDVILLE.

à Santo-Thiago et à ses habitants ; c'est la cause qui vient périodiquement décimer la population. Ainsi, à Porto- Praya, il y a trois ans que pas une goutte d'eau n'est tombée. Heureusement que les sources de la montagne suffisent aux besoins de la ville.

La flore de Santo-Thiago est la flore africaine sans mélange, ce qui la distingue nettement des Açores, des Canaries et de Madère où do nombreuses plantes euro-

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