ACTE 1, SCENE III
Henriette, s'asseyayit prh du guéridon, et tricotant. Pourquoi?
HOUTENSJÏ.
Pour causer !
I1ENR1ETTE.
Causons... (Hortense garde un instant le silence.) Eh )ien! tu gardes le silence, à quoi penses-tu donc?
HORTENSE
Je ne pense pas, je rêve !
Henriette, se levant.
A quoi donc?
HORTENSE
Si je pouvais le dire, ce ne serait plus rêver. Ces rc- ;its, ces causeries ont éveillé mon imagination romalesque, et en écoutant Maria et toi, je me disais : Quel jonheur d'être aimée !
HENRIETTE
Par son mari.
HOHTENSJ5.
Sans doute, mais ce n'est pas à un mari que je pensais.
HENRIETTE
Tiens! à qui donc?
HORTENSE
A personne... mais n'est-ce pas charmant, dis-moi, le trouver toujours, comme cette veuve dont tu nous parlais , quelque brillant jeune homme attaché à vos pas, de savoir qu'il brave tout pour vous rencontrer un instant, de le voir vous remettre au péril de sa vie ;in billet... qu'on refuse, et cependant de trembler qu'on ne l'ait vu, qu'on ne vous accuse...
HENRIETTE
Qui !... on? le mari ?
HORTENSE
Je ne sais pas, le danger, le tyran, celui qui vous fait mourir de peur.
HENRIETTE
Mais c'est un supplice. 2
VILLE DE BRUXELLES - STAD BRUSSEL Archives - Archief
hortense.
Délicieux.
HENRIETTE
En théorie.
En ré.-ilité. Te l'avouerai- je? oui, je le puis, à loi, ma meilleure amie. Il a passé la plus folle idée dans ma folle tête... que veux-tu? je m'ennuie tant! Eli bien! ce M. d'Aranda si exalté, si chevaleresque, si imprudent... je sens...
HENRIETTE
Que tu l'aimes !
HOHTENSE.
Oh! non, non... mais j'aurais hien peur d'aimer quelqu'un qui lui ressemblerai!.
HENRIETTE
Y compris l'incendie.
HORTENSE, riant.
A cause de l'incendie. Traverser les flammes en pressant celle qu'il aime sur son cœur.
Air : Vaudeville de Oui et Non.
Au milieu du feu, je le voi Avec elle... c'est admirable !
HENB1ETTE.
C'est très- mal l... et j'aurais dit, moi, A ce monsieur trop inflammable :
« Chacun son goûl, monsieur, le mien « Ne .■-aurait ressembler aux vôtres 1 « Ou peut se brûler... c'est très- bien, « Mais on ne brûle pas les autres! »
HORTENSE
Ah ! lu ne peux pas me comprendre ! lu ne comprendras jamais ce qu'il y a d'enivrant dans cette vie d'émotions et d'agitations!
Celte vie là me ferait mourir de peur... et puis, il y a toujours là-dessous quelqu'un qui est trompé : ce