ACTE I. SCÈNE X
HORTENSE
Tu as raison... mais c'est incompréhensible!... {Parcourant la lettre des yeux.) Gomment, surtout, ce portrait se trouve-t-il entre ses mains ?... {Montrant la lettre.) Ah! il me l'explique... {Lisant.) « A Madrid, dans une réunion de jeunes gens, chacun vantait la beauté de nos dames espagnoles, hors un seul de nos convives, un jeune officier français, qui murmura en souriant : Je connais mieux!... Et comme on le déliait d'en donner la preuve, j'ai là, répondit-il, une miniature... une copie bien imparfaite... car elle a été esquissée par moi... et seulement de souvenir... Il nous fit voir alors une figure divine... enchanteresse... en nous disant : C'est ma femme, messieurs ! » Henriette, poussant un cri.
M. de Volberg!
HORTENSE
Mon mari !...
HENRIETTE
Comme c'est lui qui, de souvenir... avait...
hortense, continuant à tire plus rapidement. « Dès ce moment, j'étais devenu amoureux de cette image ou plutôt de vous. »
Henriette, effrayée.
Ah ! mon Dieu !
hortense, continuant de lire.
« D'abord, il me fallait ce portrait que M. de Volberg portait toujours sur son cœur. Je gagnai à prix d'or d'adroits picaros qui, au risque de se faire pendre, dérobèrent ce trésor... »
HENRIETTE
Ah! c'est bien mal !... bien vilain!... et cela prouve...
HORTENSE
Qu'il est capable de tout... {Achevant de lire.) « Il y o quelques jours, apprenant que M. de Volberg, votre mari, allait retourner en France, je n'ai plus écoule que ma jalousie. Je l'ai devancé, j'accours près de vous,
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5G d'aranda.
je demande à vous voir, on me refuse votre porte, cl de l'appartement où l'on me faisait attendre... »>
Hein!
HORTEN-i:.
« J'entends une voix, ee devait être 11 \otre... i prononçait mon nom. Vous le voyez, madame, il y a des destinées qui sont écrites dans le ciel... je \ aime... vous m'aimez! » Mais pas du tout. ■ Il faut que je vous voie ou que j'expire... »
HENRIETTE
Il ne fait que eela.
HoiiTENSE, achevant </< Kn
« Je serai toute la journée, toute la nuit sou^ rein iialeon. si votre fenêtre s'ouvre... c'est que vous consentez à me recevoir.
HENRIETTE
Par exemple'
HORTENSE
« C'est que je puis sans danger aller mourir de joie... à vos pieds. »
HENRIETTE
Encore ! voilà qui est trop fort !
HORTENSE
Une audace pareille! heureusement la ère lie-
ra fermée.
Henriette, allant s'assurer que la fenêtre est fermée. Plutôt la faire condamner.
Et si dans son dépit... dans sa fureur... il va trouver M. de Volbcrg...
HENRIETTE
Tant mieux!... il trouvera à qui parler... ah' M. de Volbcrg ne le craint pas.
HORTENSE
Mais, moi!... je crains un duel... un éclat...
IIFNRIETTE.
C'csl vrai!.,, eh bien' qu'est-ce que je te di-