‹ D'Aranda, ou Les grandes passions, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 42 sur 58 · VOI.BERG · texte numérisé non relu

VOI.BERG

Ah! é*est qu'il y avait toujours foule autour de celle personne-là et quoique sans espoir... carsa fortune nous séparait, je me dirais cependant : je n'aimerai jamais d'autre femme. Jugez de mon ivresse, quand ma mère, ma mère qui l'avait vue et à qui j'avais tout confié , m'écrivit : l'empereur le donne la main de MI,e de Courville! Aussi, ni blessure, ni danger ne m'arrêtèrent; presque mourant, je voulus qu'on me transportât à Paris, près d'elle, afin d'expirer du moins la main dans sa main. Je n'eus pas de chance, madame, ce coup de sabre... qui m'avait défiguré. ..ces bandages sanglans (iui m'entouraient, lui inspirèrent moins d'intérêt que de répulsion... j'arrivais pour mourir et je ne parvins qu'à me faire détester.

HORTENSE, CIVCC émotion.

Ah ! monsieur...

volberg, gaiement.

C'était ma faute!... il y a des gens malheureux ou

Sfi DARANDA.

plutôt maladroits à qui rien ne réussit... j'étais de ccuxlà... obligé de partir «le nouveau avec notre empereur (la fortune l'abandonnait, ce n'était pas le moment de le quitter) , j'eus encore la gaucherie de rester pour mort sur le champ de bataille et de tomber prisonnier entre les mains de nos ennemis.

hortense, avec intérêt. En vérité!

volrerg, gaiement.

Ce sont deux années bien mal employées, n'est-ce pas? et je vous avoue... qu'à mon retour j'espérais réparer le temps perdu, et je me voyais déjà si heureux au sein de mon ménage î... mon ménage !... ce mot seul taisait bondir mon cœur de joie.

.le le crois bien !

VOLBERG.

Car pour moi il voulait dire : Amour et sécurité ! confiance et bonheur î il me montrait en perspective une compagne, une amie de tous les instans: volontiers un bon militaire est un bon mari, et je me disais : Mon unique soin sera de complaire à ma femme et de lui être lidèle, je la suivrai comme jesuivais mon drapeau, je l'aimerai... comme j'aimais mon empereur... tels étaient mes rêves dans ma prison !... (Souriant.) Je me rappelle même avoir composé alors un nouveau code de mariage...

HENRIETTE

Vraiment!

VOLBERG.

Malheureusement, il n'y a qu'un article de rédigé.

HENRIETTE

Voyons toujours?

VOLBERG.

Charte de ménage : Article premier. La femme ne doit pas obéissance à son mari.

HEISRIETTE.

Très-bien. J'approuve le législateur.

hortense, avec un demi-sourire .

Mais il n'yaura donc pasde maître dans votre maison .'

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