ACTE II. SCÈNE V
IU.MUETTE, à dt'ltli-voix.
Où donc ?
VOLBERG.
Ici au-dessous, chei M. Daubanton, le notaire de mon
pore... et puis, de là... chez moi, rue de Provence.
HENRIETTE
Rue de Provence... c'est bien loin de l'Abbavc-aux- Bois... et il me semble que quand on est marié... voiberg, souriant.
Oui, mais comme je vous l'ai dit, je ne le suis pas, je ne suis qu'un prétendu.
Il remonte prendre son chapeau sur un fauteuil, au fond. Henriette, bas à Hortmse et d'un air suppliant.
Comment, il sYn ira... même sans l'embrasser... {Ilaulà Hortense.) Ah! tu as beau hocher la tète, ce sont mes principes. Un mari et une femme qui s'embrassent c'est de la morale en action... (A Voiberg.) Votre bellemère vous l'ordonne !
ENSEMBLE
Air des Diamans de la Couronne. (Si j'osais, allons, du courage et du cœur.) Ah ! si j'osais!
Déjà, comme je lui dirais, Restez, monsieur, reslez, je le permets! J'aurais voulu leur dire dès longtemps, Soyez unis, par moi, mes chers enfans !
VOLBERG.
Ah ! si j'osais !
Près d'elle encor je resterais!
Oui, tant d'attraits, Redoublent mes regrets 1 Mais son époux n'est ici qu'un amant.
Oui, j'obéis, je m'éloigne à l'instant !
HORTENSE
Ah ! si j'osais !
C'est moi, c'est moi, qui leur dirais, Kl ma frayeur i hélas', et mes regrets! Délivra moi, mon Dieu, de cet amant ^ui m inl'Ic rxprèa erés pour mon tourment !
Motif nouveau de M. Couder.
VOLHERG.
Je vois qu'il faut encore attendre Pour mériter tant de bonheur!
HENRIETTE
Eh! quoi! ce qu'elle vient d'entendre Ne saurait fléchir sa rigueur!
VOLBERG.
A cette loi, juste, quoique sévère, Vous le voulez, je dois nie conformer ; H faut du temps, bien du temps pour vous plaire : Il n'en faut pas pour vous aimer.
(Reprise Ensemble de l'air précédent.) (Volberg salue respectueusement et sort par la porle du
fond.)