CHAPITRE V
Le voyage de d'Entrccasteaux à la recherche de Lapérouse : séjour au Cap; découvertes au sud de la Terre de Van Diemen; reconnaissance de la côte occidentale de la Nouvelle-Calédonie; travaux hydrographiques de Beautemps-Beaupré; route de la Recherche et de VEspérance jusqu'à Amboine. — Belèvement de la côte sud-ouest de la Nouvelle-Hollande; deuxième exploration de la Terre de Van Diemen et de la Nouvelle-Calédonie ; mort du chevalier Huon de Kermadec. — Itinéraire de l'expédition jusqu'au groupe des Anachorètes; mort de d'Entrecasteaux.
A la fin de septembre 1791, le commandant de l'Espérance avait terminé l'armement des deux navires.
Les derniers jours de ce mois furent employés à faire des observations astronomiques pour vérifier les instruments mis à la disposition de l'expédition.
Le 29, par un beau temps, avec des vents d'est « jolis frais », d'Entrecasteaux sortit de la rade de Brest1.
1. Comme nous l'indiquions en commençant cette étude, les deux dernières années de la vie de d'Entrecasteaux sont aussi connues que les premières le sont peu. Jusqu'ici nous avons eu recours presque uniquement aux documents ensevelis dans les archives des différents ministères ou dans les papiers conservés par les descendants de la famille du navigateur. A partir de 1791, les publications abondent. A côté des deux ouvrages in-4° de M. de Bossel et du citoyen Labillardière (ci-devant de La Billardière), il faut citer les livres que firent paraître le chevalier de Fré min ville en 1 838 et, plus récemment, l'amiral Jurien de la Gravière. Ils ont tous trait à l'expédition de la Recherche et de V Espérance. N'ayant pas la prétention d'égaler ces maîtres, nous nous contenterons de résumer leurs impressions et tic rectifier certaines inexactitudes, notamment en ce qui concerne le titre de vice-amiral qui fut accordé à d'Entrecasteaux un an avant sa mort et dont personne n'a fait encore mention.
Le lendemain, quand on eut perdu les côtes de vue, il décacheta les dépêches de la cour qui lui annonçaient sa nomination de contre-amiral et celle de M. Huon de Kermadec comme major de vaisseau.
Après avoir relâché, du 18 au 24 octobre, à Sainte-Croix de Ténériffe £, pour y compléter sa provision de vin, il se dirigea sur le cap de Bonne-Espérance, passa la Ligne entre le 25° et le 20e degré de longitude ouest et atteignit la baie de la Table le 17 janvier 1792. Jusque-là, la traversée n'offrit d'autres particularités que des observations sur la phosphorescence de l'eau et sur la direction des courants qui longent la côte occidentale d'Afrique.
Au Cap, d'Entrecasteaux fut reçu avec tous les honneurs militaires2. Il comptait se rendre de cette place aux îles Tonga, en Nouvelle-Calédonie, aux Nouvelles-Hébrides, conformément à l'itinéraire que Lapérouse s'était proposé de suivre. Mais des renseignements que lui fit parvenir de l'île Bourbon le commandant de la station navale de l'Inde, M. de Saint-Félix, l'avertirent que la Boussole et V Astrolabe avaient dû sombrer auprès des îles de l'Amirauté :t.
« Vous verrez, dans les rapports que je vous adresse, lui écrivait M. de Saint-Félix, par quelle circonstance un bâtiment hollandais ayant à son bord le commodore Hunter, commandant la frégate anglaise le Syrius, a vu près