‹ D'Entrecasteaux, 1737-1793Chapitre 5 sur 45 · I. Citation de M. do Rosso] (Biographie universelle · texte numérisé non relu

I. Citation de M. do Rosso] (Biographie universelle

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par l'annexion du Canada, devinrent aussi plus ombrageuses. Conscientes de leurs forces, elles protestèrent d'abord contre l'imposition de droits onéreux sur le timbre, le papier, le thé, etc.

Boston donna le signal de la révolte (1773), et les Anglais défaits à Bunker's-Hill (1775) ne purent empêcher le congrès de Philadelphie de se réunir, ni treize colonies de S. M. Britannique de se déclarer indépendantes et libres (4- juillet 1776). On sait que, deux ans plus tard, ces « Etats- Unis » firent un traité d'alliance avec la France, qui les aida puissamment, tant sur terre que sur mer, à combatlre leur métropole. Si La Fayette et Rochambeau ont été les héros de ces luttes, il est juste de rappeler que notre marine, bien qu'occupée dans l'Inde, contribua d'une façon efficace, sinon brillante, au succès de l'expédition.

Chevalier de Saint-Louis depuis le 28 juin 1775, d'Entrecasteaux avait navigué en 177G sous les ordres du capitaine de vaisseau Suffren. Appelé au commandement d'un navire en 1778, il convoya avec la frégate la Mignonne plusieurs bâtiments marchands de Marseille dans les Échelles du Levant et il réussit à repousser les attaques qu'à deux reprises les corsaires ennemis dirigèrent contre la flottille. — Nommé capitaine de pavillon, le 13 mars 1779, il commanda pendant trois ans le Majestueux, vaisseau de 110 canons placé sous les ordres de M. de Hochechouart, puis il passa sur le Puissant, dont il conserva le commandement jusqu'à la fin de l'année 1783. Le sang-froid et les talents qu'il déploya dans ces diverses situations le rangèrent dès lors parmi les officiers les plus distingués. Son lieutenant, M. de Rossel, dit à cette occasion : « Les services de d'Entrecasteaux n'eurent pas moins d'utilité pendant la paix que pendant la guerre. Son esprit, soutenu par une application continuelle, avait embrassé toutes les parties de la théorie du marin, et il les possédait toutes, d

L'étendue de son savoir, la droiture de son jugement et

l'intégrité de son caractère le désignèrent à l'attention du maréchal de Castries, ministre de la Marine, qui lui confia le poste de directeur adjoint des ports et arsenaux. Il eut alors pour chef direct M. de Fleurieu, qui avait arrêté le plan des opérations navales delà guerre de l'Indépendance, et qui traç lit. à cette époque, l'itinéraire de l'expédition de la Boussole et V Astrolabe. A ce savant devait être confié le soin d'organiser le voyage à la recherche de Lapérouse, qu'entreprit en 1701 l'ancien directeur adjoint.

« C'est pendant que d'Entrecasteaux exerçait les fonctions de cette place, où il sut relever ses talents et ses vertus de l'éclat d'une considération méritée, qu'il fut frappé du coup le plus terrible et en même temps le plus sensible pour une homme de bien. Un malheur inouï, arrivé dans sa famille, faillit priver la marine du secours de ses lumières. »

Cette allusion, que M. de Rossel n'a pas voulu préciser, se rapporte à un crime qui fit grand bruit en son temps. M. Roux-Alphérand, dans son ouvrage les Rues d'Aix, reprend en détail cette lamentable affaire, qui figure également dans les Causes célèbres de la Provence1. Le nom de d'Entrecasteaux n'étant plus porté par personne, on a pensé qu'à un siècle de distance la vérité historique devait être rétablie. D'ailleurs, l'exposé des faits, loin de ternir la réputation du vice-amiral, ne peut que mettre en relief la délicatesse de ses sentiments.

Il s'agit d'un meurtre commis par un neveu de notre héros, à l'âge où la fureur de la passion étouffe parfois jusqu'au cri de la conscience.

La douleur et la désolation profondes qui déchirèrent le cœur du chevalier d'Entrecasteaux, à la nouvelle de cet attentat, déterminèrent ce soldat plein d'honneur à demander sa mise à la retraite immédiate. Le maréchal deCastries s'y refusa. Il avait apprécié ses mérites et il ne voulait pas que

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