‹ D.-G. Rossetti et les Préraphaélites anglaisChapitre 7 sur 8 · L'INFLUENCE DU PRÉRAPHAÉLITISME. HO · texte numérisé non relu

L'INFLUENCE DU PRÉRAPHAÉLITISME. HO

Qu'un artiste, s'étant formé de l'art en général et de sa mission personnelle une pareille conception, se trouve quelquefois impuissant à la réaliser, il ne faut pas en être surpris. L'écart est souvent immense, chez Watts, entre l'idée et l'exécution; la main, comme indécise, ne parvient pas à exprimer ce qu'a rêvé et pensé le cerveau; on la sent fatiguée par une lutte où il semble qu'elle ait eu conscience, dès le début, de sa défaite. Défaite qui, pour un homme et un artiste de l'envergure de celui-ci, équivaut à une victoire, défaite aussi glorieuse qu'un triomphe et devant laquelle on éprouve une émotion plus forte... peut-être. Mais que de belles et complètes pages, d'autre part, il a signées, que d'admirables et magnifiques poèmes il a achevés, où son idéal sublime se trouve entièrement atteint, où sa pensée s'exprime intégrale, dans toute sa force et dans toute sa subtilité, où s'épanouit en formes radieuses, en fulgurantes harmonies de couleurs, son étrange génie qui reflète si intensément, dans le plus curieux amalgame d'hellénisme et de mysticisme septentrional, à travers un tourbillon de flammes apocalyptiques, toute la sensibihté et aussi toute l'intellectualité de l'Angleterre durant l'ère victorienne, de Shelley à Swinburne, de Keats à Tennyson, de Browning à Carlyle et à Ruskin.

VIIL — L'influence du Préraphaélitisme.

Il me reste bien peu de place pour parler de l'mHuence exercée par le Préraphaélitisme, influence extraordinaire-

120 LKS PRÉRAPHAÉLITES ANGLAIS.

iiM'iit généreuse et féconde, qui durant la seconde moili»' du xix' siècle est visible dans toute la production artistique do l'Anj^leterre. confirme parlout son caraclère de rénovation, pour ne pas dire de nouveauté, et de traditionalisme, de modernisme et d'archaïsme.

Parmi les peintres qui avec plus ou moins de docilité ont accepté les principes généraux de l'esthétique préraphaélite et s'en sont faits dans leurs œuvres les propagateurs, je ne ferai que citer : James Collinson, Walter Howell Deverell, Frédéric Sandys, Arthur Hughes, George Wilson, Sir Noél Paton, Siméon Solomon, Charles Collins, W. S. Burton, Robert Martineau, John Brett., G. D. Leslie, William Bell Scott, Fairfax Murray, Archie Mac Gregor, W. Graham Robertson, Henry Hyland, T. G. Gotch, Cayley Robinson, Walter Crâne, Gerald Moira, R. Anning Bell, Byam Shaw, etc., etc. Et en vérité, quel est l'artiste anglais qui, de près ou de loin, n'a cédé aux séductions, n'a subi l'emprise de ces doctrines artistiques si bieti appropriées aux fa(;ons anglo-saxonnes de penser, de rêver, de vivre.

Enfin, n'est-ce pas aux préraphaélites que l'Angleterre doit la renaissance de ses arts industriels ?

En janvier 1861, Rossetti écrivait à William Allingham : « Chacun de nous — (ce qui veut dire Madox Brown, Burne-Jones, Tarchitecte Philip W^ebb et William Morris) — chacun de nous est en train de produire, à ses frais, un objet ou deux d'art mobilier. Oh ! rassurez-vous, nous n'a^'ons nullement l'intention de faire concurrence à la coûteuse camelote qui a tant de succès, mais simplement

Cliché Hollyer.

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