RÉSUMÉ
Il faut donc, pour l’époque classique, faire sentir la consonne double, tout en reconnaissant l'ancienneté de la prononciation usitée en grec moderne.
$ 8. — Résumé.
En résumé, le dialecte attique, aux environs du ve siècle avant notre ère, possédait le système phonétique que voici.
La série des voyelles était ὦ, 6, 1, o, ou, u. À l'exception de ou, toujours long, ces voyelles pouvaient être brèves ou longues. Les voyelles e et o étaient les seules dont on marquât, par des lettres distinctes, la durée et les variations de timbre.
a, avec deux variétés : 15 ὦ bref, écrit À et qui peut-être avait gardé quelque chose de son ancien timbre ouvert; 2° α long, écrit A et gardant peutêtre quelque chose de sa nuance ordinairement fermée.
e, avec trois variétés : 1° e bref fermé ou ὕ, écrit E (p. 119); 25 ὁ long très fermé ou δ, écrit ΕἸ (pp. 121 et 144); 3° e long moyen ou ὃ, écrit H (p. 123).
ë, avec deux variétés : 1°2 bref, écrit 1; 2° ὦ long, écrit 1 (p. 131).
o, avec deux variétés : 1° o bref moyen ou 6,
> = πῆς 3 3 pe
écrit O (p.133); 2° ὁ long ouvert où à, écrit Q (p. 134).
ou, voyelle longue, écrite OY (p. 136).
u, avec deux variétés : 15 w bref, écrit Y'; 2° u long, écrit Y (p. 138).
IT. Diphtongues.
aé = AI (p. 149), δὶ — HI (p. 132), σά = OI
(p.145), ui TE ΓΝ
aou, sinon ao — AY (p. 148), eou, Sinon 60 — E \'(p. 151) » POU, ; sinon 60 — HY° (p. p. 152
IIT. Consonnes.
Trois momentanées sourdes : = K, p — II, = IT ΡΣ 59}
Trois momentanées sonores : 9 = l, b —B, = ΔΗ 58}:
Trois aspirées sourdes ἀλλ — Χ, ΠῚ ᾿Ξ τ:
th — 0 (p. 161).
Une continue sourde : ὁ. — Σ (p. 169).
Six continues sonores; dont une sifllante :
Z (p. 167); deux liquides : { — À,'r dental"? à 169); trois nasales : n — Ν᾿ ἥ) Ma"
“hs peut ajouter à cette liste ps = Wet x — 5ὶ
dout 1] ἃ été question, p. 153. à
Remarque. En grec moderne on ne nasalise pas, comme
en francais, une voyelle suivie d’une nasale. Dans πέντε e
rw PME Te : ‘ ον
« Cinq », πάντοτε « toujours », l’e et l’4« n’ont pas le son de notre i dans pin£e et de notre αὶ. dans {ante. Ce sont, à notre oreille, des voyelles non nasales. A plus forte raison était-ce le cas en grec ancien.
τ 9. — Comment devons-nous prononcer?
On s’est efforcé, dans ce chapitre, de déterminer ce qu'était la prononciation athénienne à l’époque classique, et on a aussi indiqué sommairement l’évolution générale de la prononciation grecque, de l'antiquité à nos jours. Passons maintenant de la théorie à la pratique : comment fautil prononcer le grec ancien dans nos classes?
Cette question ne comporte que l’une des quatre solutions suivantes : réintroduire chez nous la prononciation néo-hellénique, que nous avons employée jusqu’à la fin du xvi° siècle, — adopter au contraire la prononciation des Anciens, — garder intacte celle dont nous nous servons actuellement, — ou enfin combiner d’une facon ou de l’autre ces différents systèmes.
La prononciation néo-hellénique présente, il est vrai, l'avantage d’un ensemble parfaitement délimité, vivant, et même susceptible d’une utilisation pratique pour les voyageurs en Orient. Mais elle a le très grave inconvénient de recouvrir d'un voile épais toute la phonétique ancienne et d'exercer la mémoire des élèves, au préjudice de leur raisonnement. Des faits aussi élémentaires que la contraction de :4 en x ou que la corres-
pondance οἰχῶ, ᾧχησα, sont, avec elle, incompréhensibles, et le son ὦ répondant aux graphies τ, nv, εἰς 1, soulève des difficultés de tout genre. Les jeunes Hellènes, qui consacrent à l'étude du grec ancien infiniment plus d'heures que nos lycéens, sont souvent embarrassés par cette mulüplicité de lettres pour un son unique. On se figure aisément ce qu'il adviendrait, à plus forte raison, chez nous, quand un professeur dicterait à ses élèves, non pas seulement des vers excep- UNE comme πείθοι ἀν, εἰ πείθοι ἀπειθοίης ©’ isws!, ρέ θ᾽ an, ὦ pi'oi, αρίθέ΄ 15 δ᾽ 1505, mais des groupes aussi simples que εἰ ὃ τ
Φ δὲ τ΄ δὲ teleftan, ou ἐπειδὴ τοίνυν ἐποιήσατο τὴν εἰρήνην ὃ, epidt lé nin epit sato tin tri nin. Cette méthode irait immédiatement à l'encontre de son but : on prononcerait le moins possible, et l’enseignement du grec tendrait à devenir de plus en plus visuel. A l’égard du grec moderne luimême, le gain serait douteux : celui qui a fait un peu de grec ancien peut se familiariser en quelques heures avec la prononciation néo-hellénique et, s’il ἃ auparavant distingué par l'oreille ε et αἱ, cet w, 1 et", vw, εἰ, x, l'orthographe moderne devient pour lui beaucoup plus facile. On peut souhaiter que nos élèves connaissent la prononciation des Grecs modernes. En faire une