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132 DE l'histoire

juste et doux, mais, pourquoi ne pas le dire? un peu froid, comme tout ce qui est doux. C'est le seul reproche que nous lui adresserons. — L'image, qu'il reproduit dans son livre, de l'argentier de Charles VII, ressemble à ce beau portrait gravé de Grignon qui en forme le frontispice. On y reconnaît la même physionomie attentive, pénétrante, volontaire, aux yeux soucieux et tristes. Seulement, l'effroyable siècle qui tourne autour de cette figure sereine et fatale méritait, non pour être moins vrai, mais pour l'être davantage, plus de passion et plus de flamme qu'il n'y en a dans la peinture que l'auteur de Jacques Cœur et Charles VII nous en fait.

Ce siècle, en effet, fut horrible, et, pendant un moment du moins, le plus horrible que la monarchie française eût peut-être vu se lever sur elle. Quand la France aura un Shakespeare, nous saurons alors les affres de ce temps... On sortait des guerres civiles d'Armagnac contre Bourgogne, de la folie de Charles YI, des déportements d'Isabeau, mais on était entré dans une période non moins funeste : la guerre étrangère, l'invasion par les Anglais, et tous ces désastres et toutes ces incomparables misères invétérées depuis tant d'années, et qui allaient durer trente ans encore. « Quand le roi Charles YII commença la « guerre pour son droit, — nous dit un vieux historien « avec une expression tragique, — il y avait soixante- « dix ans que la France était dans le sang et dans la

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